Hospitalité Pour les Femmes 15 Rue Honnorat, 13003 Marseille
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Les bâtiments du 15 rue Honnorat abritent depuis 1885  l’Hospitalité Pour les Femmes (HPF), un foyer pour femmes en difficulté sociale. Pendant la Seconde Guerre mondiale, ils sont utilisés pour regrouper les jeunes requis pour le Service travail obligatoire (STO), instauré par les lois du 14 septembre 1942 et du 6 février 1943.

C’est en 1885 que la fondation de l’Hospitalité pour les Femmes fut créée sous l’appellation « asile de nuit, œuvre des bains gratuits et de l’écuelle de soupe ».  Quelques années après, en 1889, l’œuvre fut appelée « hospitalité Pour les Femmes » et fut reconnue d’utilité publique.  C’est à cette époque que commence la construction de l’immeuble sis 15 rue Honnorat dans le 3ème arrondissement de Marseille.


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Lors de sa transformation en centre de regroupement pour le STO en 1943-1944

En 1942, la proximité de la gare Saint-Charles facilite grandement l’organisation des convois pour l’Allemagne. Le centre de la rue Honnorat est sous la responsabilité de l’Office de placement allemand qui travaille en coordination avec les services de la Préfecture. Une fois franchis les barbelés qui entourent les bâtiments, les requis ne peuvent plus en sortir, qu’ils soient venus à la suite d’une convocation ou de rafles.

Celles-ci, effectuées par la police française ou par les troupes d’occupation, entraînent parfois des incidents. Comme par exemple, le 11 mars 1943, lorsque les SS raflent des dizaines d’apprentis policiers lors de leur entraînement au stade Bouisson. Toutes les semaines, en dépit de l’existence d’un nombre important de réfractaires, des centaines de jeunes gens sont envoyés outre-Rhin à partir de la rue Honnorat.


En 1956, l’œuvre obtient du Ministère de la Santé une convention d’agrément en tant que Centre d’Hébergement et de Réadaptation Sociale (CHRS), cette structure permettant l’accueil momentané de toutes personnes dénuées de ressources, sans logement et demandant asile (accueil de 80 femmes). En 1959, HPF met en place un atelier de réentrainement au travail qui permet aux femmes sans emploi d’avoir une occupation et de préparer leur réadaptation.

En 1966, un Centre d’Aide par le Travail (C.A.T.) est créé. Installé à la rue Gilibert puis au Bd national, il accueillait à son ouverture, une vingtaine de personnes. Implanté désormais au cœur du quartier de la Capelette, il est connu sous l’appellation Etablissement et Service d’Aide par le Travail Saint JEAN (ESAT) et bénéficie aujourd’hui d’un agrément lui permettant d’accueillir 104 personnes en situation de handicap. L’ESAT Saint JEAN propose une insertion sociale et professionnelle des personnes qu’il accueille via des ateliers de productions adaptés et des prestations médico-sociales orchestrées par une équipe pluridisciplinaire.

En 1977, la Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales des Bouches Du Rhône passe convention avec l’Association agréant 60 lits en internat et 40 familles en service de suite. Puis le centre obtient un agrément pour une chambre d’accueil d’urgence pour mères accompagnées d’enfants – agréé au titre de l’aide sociale (1982) ainsi que pour l’hébergement en urgence de couples sans enfants (1989).

En 1990, HPF créée le Service Accueil Orientation (SAO). Ce service accueille et oriente les personnes isolées, qui n’ont pas de référents sociaux. Par un accueil physique et téléphonique, les travailleurs sociaux du service reçoivent les usagers pour les informer et les orienter dans le dispositif Accueil Hébergement Insertion (AHI).

En 1993, HPF crée le service Logement avec la mise en place de mesures ASELL et la gestion d’un immeuble d’hébergement de 10 appartements en urgence sous conventionnement ALT.

Fin 2001, HPF a identifié un besoin spécifique aux demandeurs d’asile et monté un projet se traduisant par l’ouverture en 2002 d’un service d’hébergement et d’accompagnement pour les personnes en demande d’asile territorial, ce public ne relevant pas des dispositifs classiques, CHRS ou CADA (Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asile). L’enchaînement très rapide des mesures et la succession de changements législatifs ou réglementaires ont amené HPF à adapter son organisation en conséquence avec l’ouverture du CADA en 2004.

En 2004, les 20 places d’hébergement spécifique pour demandeurs d’asile sont transformées en place de CADA, en 2005 le CADA bénéficie d’une extension de 10 places. Ces 30 places sont réparties en 8 logements situés dans le centre-ville de Marseille.

Depuis 2009, la Plate Forme Asile gère quelques places d’extrême urgence en hôtel. Elle exerce une fonction d’observation et d’alerte sur la problématique de l’asile dans le département des Bouches du Rhône. Depuis janvier 2010, la régionalisation a été mise en place et la Préfecture des Bouches du Rhône délivre les premiers documents aux demandeurs d’asile primo arrivants domiciliés dans les Bouches du Rhône, le Vaucluse, les Alpes de Haute Provence et les Hautes Alpes. Le territoire d’intervention de la PFA s’est élargi à ces départements.

La longue histoire de l’Association témoigne de son engagement auprès des publics défavorisés, dans la lutte contre l’exclusion, avec des ancrages forts, tels que la reconnaissance de la dignité de la personne qui n’est pas réductible à ce qu’elle produit, de l’autonomie en tant que processus dynamique et évolutif et des moyens mis en œuvre.



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