Catégorie : Rues Remarquables
Arrondissement : 6ème

La rue Grignan doit son nom au lieutenant général en Provence, François Adhémar de Monteil, comte de Grignan, surtout connu pour avoir épousé Françoise de Sévigné, fille de la marquise de Sévigné. Le comte de Grignan avait fait construire un hôtel particulier qui occupait un vaste quadrilatère compris entre la rue Grignan, la rue Saint-Ferréol et la rue Montgrand.

Cette résidence appartiendra par la suite à un riche négociant, Jean Payan, qui mourra sur l’échafaud le 21 janvier 1794. L’ensemble sera loti en 1820 et sur une de ses parcelles sera construit au N° 15, le temple protestant.

La rue Grignan est à cheval sur le 1er et le 6ème arrondissement et va de la rue de Rome à la place de la Corderie Henri Bergasse. Elle prolonge la rue Estelle.


Monuments remarquables

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n°15 et 17 de le rue Grignan

> Au N° 15 se situe le plus ancien temple protestant de Marseille, construit en 1825. Il a été rénové en 2011.

> Au N° 17 s’élevait l’hôtel de Foresta-Collongue qui deviendra l’hôtel d’Orient où séjourneront Alphonse de Lamartine en août 1844, Honoré de Balzac en octobre 1845 et François-René de Chateaubriand en juin 1845.

> Au N° 19 se trouve le Musée Cantini. Cet hôtel est construit en 1694 par la famille Montgrand et abrite la Compagnie du Cap Nègre qui exploitait notamment le corail sur les cotes algériennes. Cet hôtel est ensuite acheté par le marbrier Jules Cantini qui en fait don en 1815 à la ville de Marseille pour y faire un musée. (voir fiche)

> Au N°39 se trouve un hôtel particulier portant encore le nom de son premier propriétaire, le riche négociant d’origine vénitienne Joachim de Surian qui avait fait sa fortune à Constantinople. Baptisé en 1697 dans la paroisse Notre Dame des Accoules, il a été le premier échevin (maire) de Marseille en 1756, député du Commerce, anobli en 1777 par Louis XVI.

> Au N° 53, hôtel Guillaume de Paul où logera Masséna en 1815.

> Au N° 66, Église Saint-Charles.

Entre la rue Breteuil et la place de la Corderie Henri Bergasse, la rue Grignan longe le Palais de Justice.


François Adhémar de Monteil de Grignan

François Adhémar de Monteil de Grignan, duc de Termoli, comte de Grignan et de Campobasso, baron d’Entrecasteaux (1632-1714)

C’est un aristocrate français principalement connu pour être lieutenant-général de Provence et le beau-fils de madame de Sévigné. D’origine méridionale, la famille de Grignan est une très vieille famille aristocratique française.

Elle occupe depuis longtemps en Provence les postes les plus élevés. Ses premières traces remontent à la première croisade, à laquelle des chevaliers portant le nom de Grignan ont participé. Vers le xie siècle, le seigneur de Monteil Aimar ou Adhémar, un des ancêtres des Grignan, possède plus de vingt lieues de terres (soit l’équivalent de plus de 700 hectares) sur la rive gauche du Rhône.

Il donne d’ailleurs son nom à la ville de Montélimar. Un de ses descendants, Guilhem Adhémar, marque sa place au premier rang des troubadours provençaux. Sous François Ier, un comte Adhémar de Grignan est pendant quelques années gouverneur de Provence.

C’est à cette époque que la famille de Grignan s’allie à la maison de Castellane, une ancienne et illustre famille de Provence. Au xviie siècle, temps de François Adhémar de Monteil de Grignan, la famille a déjà perdu beaucoup de son importance, de sa splendeur et de ses richesses, mais elle jouit encore d’un grand crédit.

François de Castellane-Ornano-Adhémar de Monteil de Grignan est né dans le village provençal de Grignan le 15 septembre 1632. Il est le fils du comte Louis Gaucher de Grignan et de Marguerite d’Ornano. Il est l’aîné d’une fratrie de onze enfants issues d’une très vieille famille aristocratique. Il héritera du titre de comte à 36 ans, à la mort de son père le 4 août 1668. Dès sa jeunesse, il embrasse la carrière militaire. En 1654, il devient colonel du régiment de Champagne. Deux ans plus tard, il est promu lieutenant-capitaine des chevau-légers de la reine-mère Anne d’Autriche.

Il se marie trois fois. Il épouse en premières noces en 1658 Angélique-Claire d’Angennes, fille du marquis de Rambouillet, avec qui il a deux filles et qui meurt en 1664. Il se remarie une année plus tard à Marie-Angélique du Puy-du-Fou. Elle décède suite à l’accouchement de leur fils, qui mourra peu après d’une maladie infantile.

Alors qu’il a 37 ans, il rencontre Françoise-Marguerite de Sévigné.

Françoise de Sévigné

À cette époque, il a besoin d’argent et l’énorme dot que peut lui apporter Françoise de Sévigné lui permettrait d’amortir une partie de ses dettes. Ce mariage qui s’apparente plus à une mésalliance (la famille de Sévigné ne jouit pas d’un rang égal à celle de Grignan) est néanmoins conclu le 27 janvier 1669 à l’hôtel de La Rochefoucauld à Paris et célébré deux jours plus tard à l’église Saint-Nicolas-des-Champs.

La marquise de Sévigné, mère de la mariée, écrit à son cousin Roger de Bussy-Rabutin à propos de ce mariage : « La plus jolie fille de France1 épouse, non pas le plus joli garçon, mais un des plus honnêtes hommes du royaume ; c’est M. de Grignan »

Le 29 novembre de la même année, Louis XIV nomme le comte de Grignan lieutenant-général du Roi en Provence. Il part retrouver ses terres natales le 19 avril 1670. Il fera son entrée à Aix le 19 mai et sera reçu au Parlement deux jours après. La nouvelle comtesse de Grignan le rejoint une année plus tard. Le couple résidera au château de Grignan pendant presque quarante ans. De leur union naîtront trois enfants, dont la future marquise de Simiane qui jouera un rôle important dans la publication de la correspondance de sa grand-mère maternelle.

En 1673, Grignan assiège la cité d’Orange, réclamant l’entrée de celle-ci dans le territoire de France. En apprenant la nouvelle de la victoire du comte, Louis XIV aurait dit « Je suis fort content de Grignan ! »

M. de Grignan meurt le 30 décembre 1714 à l’âge de 82 ans dans une auberge près du Pont de Saint-Pons, entre Lambesc et Marseille. Il est enterré dans la chapelle de Notre Dame du Mont-Carmel de l’église des Grands-Carmes de Marseille.


SOURCES Wikipédia
PHOTOS Google Street Maps & Archives

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Dominique
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