Arrondissement : 8ème

Accroché aux grilles du Consulat Général de Russie, square Monticelli, une plaque commémorative rend hommage depuis le 12 mai 2016 au centenaire de l’arrivée à Marseille, au mois d’avril 1916, de la première brigade spéciale du corps expéditionnaire russe. Formé à Moscou et à Samara, ce corps d’armée combattit héroïquement sur le sol français lors de la première guerre mondiale. Plus de 8 000 soldats et officiers russes furent tués et blessés au champs d’honneur.

L’oeuvre représente un livre ouvert symbolisant la lutte commune des deux forces militaires, celle des soldats russes et des poilus français, qui ont combattu côte à côte pendant la Première Guerre mondiale.

Le texte qui rappelle ces événements est décliné à la fois en russe et en français.

Les éléments principaux de la plaque sont les deux drapeaux tricolores entrelacés traduisant l’amitié, l’entraide, la proximité culturelle ainsi que les destinées entremêlées des deux pays que sont la Russie et la France.

La plaque a été conçue par Dmitri et Maria Khramov, deux architectes de Samara une ville située à 860 km au sud-est de Moscou, non loin de la frontière avec le Kazakhstan.

Une ville d’autant plus symbolique que la première des deux brigades du corps expéditionnaire russe envoyées à la demande de la France pendant la Première Guerre mondiale, a été partiellement formée dans ce centre industriel et logistique de la Russie.

Dans son discours l’Ambassadeur de Russie en France Alexandre Orlov a rappelé l’héroïsme avec lequel les membres du corps expéditionnaire russe ont accompli leur devoir militaire et l’accueil chaleureux qui leur a été réservé par les Français.

Le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin a également salué le courage des soldats russes pendant la guerre, soulignant que la France et la Russie étaient en ce temps là des alliés fidèles.

Le maire de la cité phocéenne a insisté sur le fait que les deux pays ont une histoire riche, marquée par des événements et des intérêts qui unissent les deux peuples.

La brigade spéciale du corps expéditionnaire russe

Historique

À la suite d’une demande du gouvernement français qui propose à l’Empire russe du matériel de guerre contre l’envoi d’hommes en France l’état-major russe du général Alekseïev forme en janvier 1916 la 1re brigade spéciale d’infanterie, composée de deux régiments (fort chacun de trois bataillons), sous le commandement du général-major Nikolaï Alexandrovitch Lokhvitski.

Par voie ferrée les 8 942 hommes rejoignent Dalian, sur le golfe de Corée, où ils montent à bord de navires français (dont le Latouche-Tréville, L’Himalaya…) qui les emmènent à Marseille qu’ils atteignent le 16 avril 1916.

En juillet 1916 la 2e brigade spéciale d’infanterie, commandée par le général Dieterichs, est envoyée via la France sur le front de Thessalonique. La 3e brigade spéciale d’infanterie fut formée en juin 1916 et envoyée en France au mois d’août via le port d’Arkhangelsk. Elle est commandée par le général V. Marouchevski.

Enfin, la 4e brigade spéciale d’infanterie commandé par le général-major Maxime Leontiev fut envoyée en Macédoine, reliant d’abord Brest à bord du paquebot Lorraine et arrivant finalement à Salonique en octobre 1916.

Le général N. Lokhvitski inspecte les positions en compagnie d’officiers russes et français, été 1916 en Champagne

Formation

Les troupes russes arrivant ne sont pas opérationnelles, elles manquent d’équipement et de services de seconde ligne. Elles furent équipées et encadrées à la française : de casque Adrian, masques à gaz, fusils, cantines roulantes, ambulances… Ce temps fut pris en France au camp de Mailly. La coordination se met en place avec des corps de traducteurs et la formation à la coordination des Alliés. Ils se retrouveront engagés dans des régions où collaborent Anglais, Français, Italiens mais aussi Albanais, Grecs et Portugais en plus en Macédoine.

Engagements

En France : la brigade se prépare au combat au camp de Mailly, en Champagne, et est envoyée entre Suippes et Aubérive sur le front. Les unités russes maintiennent le front de Champagne tandis que les unités françaises se battent à Verdun. Les Russes occuperont le fort de la Pompelle près de Reims.

Après de lourdes pertes lors de l’offensive d’avril 1917 (la bataille du Chemin des Dames) pour la prise de Courcy et du fort de Brimont, les 1re et 3e brigades russes, toutes deux citées à l’ordre de l’armée, sont envoyées se reposer au camp de La Courtine. Elles deviennent ensemble la division spéciale sous le commandement de Lokhvitski.

En Macédoine : les troupes russes participèrent à la reprise du territoire Serbe lors des batailles de Monastir en 1916 et 1917.

Mutinerie à La Courtine

En septembre 1917 eut lieu la mutinerie des soldats russes à La Courtine, réprimée dans le sang. Neuf mutins sont tués par l’artillerie, 81 meneurs sont envoyés à Bordeaux pour être jugés, 549 sont emprisonnés à Bourg-Lastic et à l’Île-d’Aix, et 7 500, désarmés, sont retenus au camp de La Courtine. Le nombre de tués est sujet à caution.

Entre le chiffre de plusieurs centaines évoqué dans certaines sources fantaisistes et le chiffre officiel de 9, l’historien Rémi Adam en estime le nombre proche de la centaine. Ils furent enterrés « furtivement, de nuit, à l’insu de leurs camarades et de la population ».

Légion russe

Le corps expéditionnaire subit la décomposition de l’armée comme toute l’armée impériale après les révolutions de 1917.

11 000 soldats sont appelés à travailler en France comme bûcherons, cantonniers, mineurs, ouvriers agricoles, ouvriers d’usine, sous le contrôle des autorités françaises, 4 800 sont déportés en Algérie.

Enfin, quelques centaines acceptent de rejoindre l’armée française.

Ils seront intégrés soit dans la Légion étrangère française, soit dans la Légion polonaise qui combat sur le front français, ou rassemblés dans une légion russe des volontaires, aussi appelée Légion d’honneur russe et intégrée à la 1re division Marocaine du Général Daugan, qui continue le combat (notamment au cours de la seconde bataille de la Marne) et sera dissoute en 1919.

Dans les autres signes de rapprochement entre Marseille et la Russie ont peu signaler que le 18 février 2010, Sophie Boissard, Directrice de Gares & Connexions (SNCF) et Sergueï Abramov, Directeur des gares des chemins de fer russes (RZD) ont signé un accord de partenariat à Moscou, dans le cadre du programme « Gares jumelles ».

Les gares de Marseille Saint-Charles et Vladivostok sont jumelées. Vladivostok est une ville portuaire de l’est de la Russie et la capitale administrative du kraï du Primorie.


SOURCES Wikipédia & Texte de l’oeuvre & Ville de Marseille & Eugène Zagrebnov & sncf.com & Irina Doubova
PHOTOS Dominique Milherou Tourisme Marseille.com & Archives

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