Catégorie : Centres Culturels
Arrondissement : 2ème

Le J1 a été édifié en 1930 sur les quais de la Joliette par la société Eiffel. Ce géant d’acier et de béton avait jusqu’ici des allures de forteresse imprenable pour le grand public. Faisant office de gare maritime, il n’était accessible qu’aux voyageurs arrivant ou débarquant de Tunisie et d’Algérie. Puis il est devenu un des lieux phares de Marseille Provence 2013, Capitale de la Culture. Son emplacement stratégique a ensuite été au centre de vives négociations entre la mairie et la direction du Port…on a évoqué un Casino, un Aquarium, un accueil pour yacht de luxe. Puis la mairie devait y installer mi 2016 le MJ1, un nouveau Pavillon M, vitrine du savoir-faire et de la culture de la métropole avec la vocation d’animer le lieu portuaire jusqu’en décembre 2018…mais un nouvel appel à projet a été passé par le Port en juin 2017. En attendant le résultat quatre grandes expositions vont s’y installer dès novembre 2017 jusqu’à fin 2018.

Jusqu’à sa libération en 2021, les bateaux accostent toujours de part et d’autre du bâtiment. Le J1 a en effet conservé sa vocation portuaire : rez-de-chaussée et premier étage restent réservés au trafic de voyageurs.

Seul son second niveau, en partie inutilisé, a été réaménagé en espace culturel en 2013 pour Marseille Capitale Européenne de la Culture par le Grand Port maritime de Marseille.

Il a ainsi été ouvert au public pour la première fois et est devenu un lieu de rendez-vous pour 300 000 visiteurs au cœur de l’activité portuaire.

Au niveau supérieur du bâtiment, sur un plateau ouvert de 6 000 m2, se trouvaient pendant l’année 2013 :

un espace d’exposition de 2 500 m2 ; le convivial Atelier du large comprenant la galerie La Jetée, la galerie des Quais et celle des Chercheurs de Midi, un espace jeune public et un lieu dédié à des interventions artistiques et culturelles (conférence, lecture, théâtre, musique) ; un point d’information ; une boutique-librairie ainsi qu’un bar-restaurant signé Les Grandes Table avec une vue imprenable.


28 juin 2017, un nouvel appel d’offre

Les candidats ont jusqu’en novembre 2017 pour proposer un projet auprès de la direction du port de Marseille Fos pour la réhabilitation du J1.

Un projet multi-activité, avec un accès libre au public et des propositions culturelles ou événementielles…avec en atouts demandés, de l’imagination et une bonne connaissance du monde maritime.

Les finalistes seront désignés en mars 2018 avec une désignation du lauréat à la fin de l’année 2018. Un site internet osezlej1 a spécialement été créé.

L’élaboration de l’appel à projets qui a demandé six mois aux équipes du port concerne le bâtiment composé de trois plateaux de 8.500 mètres carrés construits sur l’eau, plus de 400 mètres de bords à quais, environ 16.500 mètres carrés de terre-pleins reliés au boulevard voisin, et un lot optionnel de 700 mètres linéaires sur la partie sud de la digue du large.

Le coût estimé du chantier serait estimé entre 100 et 200 millions d’euros.

Créée en janvier 2017, l’association MJ1 loue le lieu jusqu’à la fin décembre 2018 en attendant le résultat de cet appel d’offre.

Quatre grandes expositions sont au programme,  les Rencontres d’Arles pendant deux mois, puis une exposition événement sur JR durant deux autres mois, puis l’exposition de Korakrit Arunanondchai jusqu’à fin juillet, et « un temps fort sur la métropole » pour valoriser le territoire, jusqu’à la fin de l’année.


Du 1er novembre 2017 au 7 janvier 2018, les Rencontres d’Arles sur 4000m²

Le monde tel qu’il va

Le hangar accueille huit expositions délocalisées du festival de photographie des Rencontres d’Arles. Le monde tel qu’il va ! vous propose un voyage des rives du Bosphore aux zones frontalières subsahariennes, du territoire divisé de Chypre à la Libye déchirée entre la guerre et les réfugiés.

En apnée, vous plongerez dans le monde qui se noie de Gideon Mendel ; de la crise climatique à la crise alimentaire, vous réfléchirez avec Mathieu Asselin au cas Monsanto ; de l’utopie pavillonnaire à l’urbanisation galopante d’Ankara, l’architecture ne sera pas en reste ; du local au global, La Vuelta vous guidera au coeur de la scène colombienne, lorsque l’espoir revient après soixante ans de luttes armées.

Le monde tel qu’il va ! est une plongée radicale au cœur d’une géopolitique complexe et bouillonnante.

MATHIEU ASSELIN
MONSANTO : UNE ENQUÊTE PHOTOGRAPHIQUE
Enquête sur un géant qui, de l’agent orange au développement des OGM, façonne notre monde depuis plusieurs décennies.

GIDEON MENDEL
UN MONDE QUI SE NOIE
Des portraits submergés de victimes d’inondations à travers le monde, qui nous rappellent notre vulnérabilité commune face au réchauffement climatique.

LA VUELTA
27 PHOTOGRAPHES & ARTISTES COLOMBIENS
Traditionnels ou expérimentaux, 27 projets qui rendent compte des mutations culturelles, sociales et politiques de la Colombie, avec la violence mais aussi l’identité ou la ville en toile de fond.

PHILIPPE DUDOUIT
THE DYNAMICS OF DUST
(LES DYNAMIQUES DE LA POUSSIÈRE)
Une étude photographique à long terme sur l’évolution sociopolitique de la zone sahélo-saharienne depuis 2008.

MONIQUE DEREGIBUS
LA MAISON CHYPRE
La recherche archéologique comme paradigme de l’histoire de l’île de Chypre.

SAMUEL GRATACAP
FIFTY-FIFTY (Libye)
Fifty-fifty, la mort ou la vie : c’est ce qui attend les migrants qui embarquent en Libye. Une dissociation est-elle possible entre la guerre et le sort des migrants ?

LEVITT FRANCE
UNE UTOPIE PAVILLONNAIRE
Quand le rêve des suburbs américaines débarque en France à travers la fabrication en série de 17 000 pavillons Levitt.

NORMAN BEHRENDT
BRAVE NEW TURKEY (NOUVELLE TURQUIE)
Un projet photographique visant à documenter les mosquées récemment construites dans un style néo-ottoman dans les paysages urbains d’Ankara et d’Istanbul.

OH ¡ LATINA !
HISTOIRES COLOMBIENNES
11 projections offrent une cartographie de la Colombie en images et en musiques.


MP2018 | JR

Le J1 accueille ensuite une exposition photo, une carte blanche de JR dans le cadre de MP2018 du 8 mars à fin mai 2018 sur la thématique de l’amour porté par Marseille à la mer et aux voyages. JR avait déjà participé à MP2013 avec deux projets, Unframed à la Friche Belle de Mai et Unframed sur la corniche.

JR, né Jean René à Paris le 22 février 1983, est un artiste contemporain français. Grâce à la technique du collage photographique il expose librement sur les murs du monde entier, attirant ainsi l’attention de ceux qui ne fréquentent pas les musées habituellement. Son travail mêle à l’art, l’action, traite d’engagement, de liberté, d’identité et de limite.

« We are Arabs, We are humans » Jordanie, 2015

D’origine juive tunisienne, JR a grandi à Montfermeil et a passé beaucoup de temps sur les marchés, où ses parents avaient un stand aux puces de Clignancourt.

Il a étudié au lycée Stanislas avant de commencer sa carrière dans le graffiti à l’adolescence. Son pseudonyme représente les initiales de son nom (Jean René) et fait référence à J. R. Ewing, le personnage principal de la série américaine Dallas. Il déclare que sa religion est le zoroastrisme, ironiquement pour souligner son attachement au multiculturalisme.

JR se définit comme un « artiviste urbain »6. Après avoir été exposées dans les villes mêmes dont sont originaires les sujets de JR, les images voyagent de New York à Berlin, d’Amsterdam à Paris. Il est représenté par le galeriste Emmanuel Perrotin en France (rue de Turenne, à Paris), Hong Kong et New York, par Magda Danysz en Chine et par Simon Studer Art en Suisse. Lors de certaines expositions, il offre aux visiteurs leur portrait en poster grâce à une cabine photographique géante.

Il emploie une quinzaine de personnes et partage son temps de travail entre un studio à Paris et un autre à New York. Il est très actif sur les réseaux sociaux, notamment Facebook et Instagram


MP 2018 | Korakrit Arunanondchai

A partir du 10 juin 2018 carte blanche à l’artiste thaïlandais Korakrit Arunanondchai sur le thème de la spiritualité dans un monde globalisé et le frottement entre animisme et technologies modernes. Une installation immersive mêlant sculpture, son et vidéo.

Korakrit Arunanondchai a quitté Bangkok pour effectuer ses études à l’École de design de Rhode Island (2009) et à l’Université de Columbia (2012). Après de nombreuses participations à des expositions collectives (Sculpture Center, New York ; ICA, Londres), Korakrit Arunanondchai a conçu des expositions personnelles notamment au MoMA PS1 (New York, 2014) ou à The Mistake Room (Los Angeles, 2014).

Il est représenté par les galeries Clearing (New York, Bruxelles) et Carlos/Ishikawa (Londres).


MP2018 | Temps fort Métropole

Une dernière exposition valorisant le territoire est en cours de conception et viendra conclure cette année de programmation du MJ1.


Retour en 2016 sur le projet du MJ1 de la mairie de Marseille

Le Pavillon MJ1

mj1-j1-marseille-4Après un feuilleton de plusieurs mois entre le Grand Port Maritime et la mairie sur l’avenir du J1, la Ville de Marseille avait remporté mi 2015 l’appel d’offres lancé en février par le Grand Port Maritime, pour la réouverture du second étage du J1, pour une durée de 2 ans.

Deux candidatures avaient été retenues pour une phase de négociation. Après avoir examiné ces propositions, le directoire du GPMM avait retenu celle qui avait été formulée par la Ville de Marseille.

L’ambition était de faire du plateau du second étage du J1 le lieu de l’attractivité et de l’innovation de l’aire marseillaise, un lieu unique de rayonnement pour l’aire métropolitaine, un hub pour exposer nos ressources et valoriser l’avenir, un espace d’expression pour un territoire tout entier, la vitrine des atouts et d’un potentiel territorial.

La programmation détaillée devait mettre prioritairement l’accent sur une dimension culturelle et maritime pour le J1.

Le Grand Port Maritime de Marseille et la Ville se donnaient à l’époque comme objectif commun une réouverture au public du plateau du second étage du J1. Cette date était initialement prévue pour l’été 2016 ce qui n’aura pas été le cas.

Dans l’esprit des grandes expositions qui avaient jalonné avec succès l’année 2013 en matière culturelle, elle s’exercera simultanément à l’exploitation de la gare internationale aux étages inférieurs du hangar et à l’accueil des navires sur les plans d’eau voisins.

Ce projet transitoire (qui était prévu pour 2 ans) devait permettre de valoriser, à travers ce lieu unique, l’attractivité de Marseille, de son port et de la future métropole, aux plans maritime et culturel et de toutes les excellences du territoire.


Une programmation digne de la vocation du MJ1

La Ville de Marseille et ses partenaires associés souhaitaient proposer une programmation qui décline à la fois des thèmes, des évènements culturels et des expositions temporaires liés aux savoirs et au savoir-faire qui font l’attractivité du territoire. Ainsi, pourront être organisés :

mj1-j1-marseille-3– deux grandes expositions annuelles et une exposition intermédiaire axées sur l’innovation ;
– des expositions temporaires d’une dimension plus réduite visant à exposer des travaux d’étudiants, des concours, les projets en cours de développement sur le territoire ;
– des forums professionnels et des conférences ;
– des évènements culturels de type festival ou biennale ;
– des manifestations sur l’innovation dans les modes de pensée ;
– des masterclass thématiques ;
– des expositions « carte blanche » ouvertes à des artistes de l’innovation ;
– des ateliers pédagogiques pour les enfants, les centre-aérés ; – des soirées privatives organisées par les partenaires ;
– des soirées privatives à travers la location du site ;

mj1-j1-marseille-5Un projet qui participe au développement global du secteur et représente l’ouverture de Marseille et de son territoire vers le monde.

Le J1 s’inscrit dans un domaine portuaire chargé d’histoire et en pleine mutation, soucieux de capitaliser les acquis de 2013 et de mettre en valeur la rade marseillaise, tourné vers l’avenir et respectueux de sa culture. Le MJ1 devait contribuer au développement de Marseille et répondre notamment aux objectifs liés à sa dimension de « ville maritime ».

Ainsi, il devait être l’exemple concret et vivant d’une porosité urbaine et fonctionnelle entre la ville et le port.

Le MJ1 s’inscrire aussi dans une dynamique de création d’emplois pour tous les Marseillais. Et surtout, il contribuera à encourager le développement de l’innovation et de la recherche au bénéfice du développement de l’économie de la connaissance et de l’emploi.


Un aménagement articulé autour de trois fonctions majeures : diffuser, produire, exposer

L’ambition du MJ1 se concrétise sur les 6 700 m² du plateau, entièrement accessibles au public, à partir d’un principe fort : libérer la circulation en périphérie du bâtiment pour « donner à voir » le paysage portuaire et urbain.

Accueillir – 450 m²
La terrasse, aménagée pour accompagner la liaison entre la ville et le port, entre la rue et la mer, accueillera régulièrement des installations artistiques et ou technologiques qui créeront
l’attractivité depuis le boulevard du littoral.

Diffuser – 700 m²
Cet espace sera à la fois lieu d’échanges et de partage d’innovations, lieu de réunions au service de tous les acteurs souhaitant intensifier leur sphère d’influence, lieu d’expression de la fierté qu’inspire le dynamisme du renouveau de Marseille depuis près de deux décennies.

Produire – 760 m²
Le MJ1 proposera un lieu de travail ainsi que, des services et une animation nécessaires à l’innovation. Il s’agira de tester et montrer les nouvelles formes de travail, en open innovation, en knowledge transfer ou en creative design… Ce lieu de communauté, d’ouverture d’esprit, de collaboration, démontrera aux professionnels comme aux visiteurs que le développement et
l’innovation passent par des façons nouvelles de travailler et de croiser les disciplines.

Se détendre – 480 m²
Situé au centre du MJ1, un espace sera dédié à la détente et la convivialité. Cette place centrale, qui dispose de deux terrasses offrant une vue magnifique sur la cathédrale de la Major et le Port, regroupera un restaurant, une librairie, un espace enfants et une buvette « do it yoursef » pour les co-workers.

Exposer – 1 250 m²
L’espace d’exposition se développera dans la seconde moitié du hangar, offrant une vue exceptionnelle sur le large, que son organisation spatiale et la scénographie des expositions veilleront toujours à ne pas obturer.

Accueillir des événements – 650 m² 
En complément de cette zone d’exposition, un espace libre et offrant la vue sur la digue du large permettra l’installation de gradins pour 300 personnes environ et l’organisation de concerts, spectacles, conférences ou forums.


SOURCES MP 2013 & Télérama & Ville de Marseille & Wikipédia & Palais de Tokyo
PHOTOS Dominique Milherou tourisme-marseille.com & Ville de Marseille & Didier Duforest & marseille-port.fr & Mohamed Nanabhay & Camlacaze

FICHE A SUIVRE
Dominique
Avis
4
Moyenne 1 REVIEW
VOTRE NOTE:
  • 16 mai 2016 aà 09:24

    Bonjour. Très bon projet pour cette phase transitoire ! Comment comptez-vous associer la population à l'évaluation de ce projet et à la définition du projet "définitif" ? Quelle place le "ludique" y prendrait-il et sous quelle forme ? Merci.

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