Catégorie : Musées
Arrondissement : 2ème

Ce musée est une plongée passionnante dans l’histoire de la réparation navale, des bateaux en bois aux navires soudés, du travail des calfats à la jumboïsation des ferrys modernes… collection d’outils, de photos et de maquettes. En juillet 2015, un article de la Marseillaise indiquait que privée de subventions suffisantes, l’association culturelle de la réparation navale pourrait être contrainte de fermer son exposition permanente sur le Port de Marseille. A lire ici.

musee-de-la-reparation-navale-marseille-4Jusqu’en 1976, le Port autonome de Marseille se caractérisait par une importante activité de réparation navale qui employait quelques 6000 ouvriers. C’est à cette date, à la fermeture des ateliers Terrin, que les métiers de soudeur, riveur, chaudronnier ou chalumiste se marginalisent dans le paysage du port et que les quartiers adjacents connaissent une grave paupérisation.

Pour gérer cette crise et venir en aide aux nouveaux chômeurs, certains employés se rassemblent et créent une mutuelle de gestion des primes de licenciement.

Au sein de cette mutuelle, l’idée de conserver la mémoire des métiers de la réparation navale apparaît vite comme un impératif. En 1981, pour répondre à cette nécessité, l’association culturelle de la réparation navale marseillaise est créée.

Des documents d’archives, des outils et de nombreuses pièces de machines sont sauvés de la destruction et méthodiquement collectées, des maquettes sont réalisées et l’ensemble est présenté dans un premier temps pendant 6 mois lors d’une exposition temporaire à Saint-Nazaire.

Depuis 1982, les collections sont exposées dans des locaux prêtés par le port autonome, sur les lieux mêmes de la réparation navale.


Objectifs

musee-de-la-reparation-navale-marseille-2Depuis sa création, l’ACRN se définit non pas comme un musée, mais bien comme une association qui anime une exposition permanente, gratuite, constituant la mémoire vivante de la réparation navale à Marseille et illustrant l’évolution des métiers présentés, et qui ne cesse de s’enrichir grâce à des achats, des dons ou des collectes.

L’association poursuit l’objectif de conserver et de valoriser, de manière vivante, la mémoire liée aux activités de la réparation navale.

Elle entend mettre l’accent sur l’aspect pédagogique de ses collections et sur le côté vivant de leur valorisation. La visite de l’exposition, systématiquement guidée, est animée par les anciens ouvriers eux-mêmes qui, dans le décor qu’ils ont créé, mettent en scène leur profession.

A cet effet, elle privilégie la construction et la présentation de maquettes animées, et propose un discours riche de vécu et d’anecdotes retraçant les différentes phases de la réparation d’un navire.


Exposition permanente

musee-de-la-reparation-navale-marseille-3L’exposition de l’association culturelle de la réparation navale s’étend sur 400 m2 et s’articule autour de trois salles thématiques.

La première salle présente les outils et les techniques de la réparation navale à travers les ages, depuis le calfatage des coques en bois jusqu’à la soudure, au rivetage et à la peinture des grandes carènes métalliques.

La seconde salle, espace principal de l’exposition, met en scène des maquettes animées qui représentent plusieurs générations de moteurs, ainsi que différents types de bateaux et des opérations de maintenance ou de réparation.

La dernière salle est quant à elle consacrée à la fabrication et à la réparation des hélices.


Ressources documentaires

Fonds d’archives
L’association conserve de nombreux documents d’archives (une douzaine de mètres linéaires) qui concernent notamment l’évolution du port autonome, les bateaux et les techniques de la réparation navale, les machines utilisées par les différentes profession, la confection des hélices et enfin les luttes ouvrières pour le maintien des activités navales à Marseille.

D’autre part, elle tient à jour une revue de presse qu’elle alimente depuis sa création.

Fonds iconographiques
Pour la plupart exposés, ils rassemblent : des schémas qui présentent les outils des différentes professions tandis que d’autres illustrent les techniques des multiples travaux de la réparation navale des plans de navires et des plans utilisés pour la fabrication des hélices, des photographies :

quelque portraits illustrant la profession de soudeur ou de sableur ; de nombreuses photographies décrivent les étapes du calfatage, du rivetage, de la soudure ou encore du sablage ; d’autres, enfin, renseignent les travaux de réparation navale représentées par les maquettes.

Objets

Les collections de l’ACRN évoquent les métiers et techniques de la réparation navale.

Elles rassemblent :

Près de 150 outils à mains, classés par profession : outils des charpentiers de marine (rabots, scies égoïnes, tarières…), des calfats (becs de corbin, maillets, fers…), des chaudronniers (pinces, alésoirs…), des riveteurs (marteaux…) des sableurs (grattoirs…), des peintres (pinceaux, rouleaux…), des mécaniciens et du personnel intervenant sur la confection des hélices (fraises, tarauds, limes, râpes, appareils de mesure…)

Environ 35 outils mécaniques : une forge à rivets, des meules, perceuses et marteaux à air comprimé utilisés par les riveteurs, différentes génération de chalumeaux maniés par les soudeurs, des grattoirs à air comprimé et des pistolets à peinture.

musee-de-la-reparation-navale-marseille-5Environ 250 pièces détachées provenant de moteurs ou de carènes de bateaux. On notera la présence d’une moitié de barquette marseillaise représentant la génération des coques en bois, de quatre petits moteurs complets (dont un moteur Beaudouin à essence datant de 1918), de la cabine d’une grue Titan à commande mécanique, et d’une pièce maîtresse de l’exposition, l’imposant moteur à vapeur du ponton grue la Samsonne (désormais mû à l’air comprimé pour présenter sa mécanique en mouvement).

De multiples pièces des moteurs de bateaux sont présentés : pompes à injection, cylindres et pistons, turbocompresseurs, soupapes… (ces pièces sont astucieusement comparées à celles d’un moteur de voiture afin de permettre au visiteur d’appréhender leurs dimensions).

Des hélices neuves et des hélices corrodées et percées montrant les dégradations dues au phénomène d’électrolyse. Une quinzaine de maquettes, dont la moitié sont animées et particulièrement pédagogiques.

Les maquettes inertes représentent des bateaux traditionnels en bois (bette, barquette marseillaise), l’opération de calfatage, la poupe d’un navire et le phénomène d’électrolyse, et l’organisation compartimentée des cuves d’un pétrolier.

Les maquettes animées montrent la mise au sec d’une forme de radoub, diverses fonctions à bord d’un pétrolier, le fonctionnement d’une barre à roue hydraulique, l’allongement d’un car-ferry, le fonctionnement d’un moteur et l’entraînement de son hélice, un moteur Oxford à pistons opposés et une fonderie d’hélices.

Des tenues de travail : vestes de protection, masques de soudeurs, équipements de plongée (scaphandre pied lourd et équipement Cousteau-Gagnan).

Quelques objets rappelant les luttes ouvrières pour le maintien des activités navales (banderoles, coupures de presse…)


Le musée est il encore ouvert ? mystère ? voici les dernières infos connues :
Le musée est accessible par le bus n°35 arrêt « Bassin du Radoub », et le bus n°36 « Cap Pinède ».
Le musées est ouvert le mardi après-midi, mais il est conseillé de téléphoner avant.
Les groupes sont accueillis sur rendez-vous.


Dominique
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