Le Musée Cantini abrite des collections d’art moderne et d’art contemporain que complètent celles du Musée d’art contemporain de Marseille. Cet hôtel particulier est édifié en 1694 pour la Compagnie du Cap Nègre, spécialisée dans la pêche du corail sur les côtes nord de la Tunisie et dans le commerce des laines, de la cire et des cuirs.

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Monument aux Oiseaux / Max Ernest

À la suite de difficultés financières de cette compagnie, l’hôtel particulier est vendu le 1er juin 1709 à Dominique de Montgrand époux de Marguerite de Bionneau, arrière-grand-père de Jean-Baptiste-Jacques-Guy-Thérèse de Montgrand, futur maire de Marseille. qui le vendit par acte du 27 février 1801 à Louis Joseph Chaudoin.

Le 18 juin 1816 Dieudonné Bernadac achète ce bâtiment qui devient ensuite en 1888 la propriété de Jules Cantini. Après avoir été loué au club des Phocéens, l’immeuble est légué en 1916 à la ville de Marseille, à charge pour elle d’y créer un musée des arts décoratifs qui ne s’ouvrit au public qu’en 1936.

Le musée présentait initialement ses œuvres du XVIIe au XIXe siècle, notamment des peintres de l’école provençale du XIXe siècle, tels que Paul Guigou, Adolphe Monticelli, Émile Loubon, René Seyssaud, Félix Ziem, Maurice Bompard, Jean-Antoine Constantin, Gustave Ricard ou José Silbert.

Il s’est depuis plus particulièrement spécialisé dans l’art moderne de la première moitié du XXe siècle jusqu’aux années soixante et abrite aujourd’hui l’une des plus importantes collections publiques françaises de province couvrant la période 1900-1980, avec celles des musées de Lyon, Saint-Etienne, Grenoble ou Strasbourg.


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Tête de femme souriante / Pablo Picasso

Collection permanente
La collection du musée Cantini propose quelques belles séquences autour du fauvisme (André Derain, Charles Camoin, Emile Othon Friesz, Alfred Lombard), des premières expérimentations cubistes (Raoul Dufy, Albert Gleizes) et des différents courants post-cubistes ou puristes des années 1920-1940 (Amédée Ozenfant, Fernand Léger, Le Corbusier, Laure Garcin, Jacques Villon).­

Certaines de ces oeuvres révèlent la fascination de nombreux artistes au début du XXe siècle pour la lumière et les paysages méridionaux (Cassis par Derain en 1907, le somptueux Paysage méditerranéen réalisé par Othon Friesz la même année, et l’Estaque peinte, sur les traces de Cézanne, par Dufy en 1908).

La révolution surréaliste – dont la plupart des représentants, rassemblés autour d’André Breton et de sa femme Jacqueline Lamba, passent par Marseille sur la route de l’exil vers les Etats-Unis en 1940-1941 – constitue un autre axe majeur de la collection, articulé à l’histoire de Marseille, comme en témoignent les oeuvres de Victor Brauner, Roberto Matta, André Masson, Jacques Hérold, Max Ernst et Joan Miró.

Signalons enfin le don par Aube et Oona Elléouët-Breton du fameux « !Jeu de Marseille! » réalisé par les membres du groupe surréaliste à la Villa Air-Bel en 1940- 1941.

L’abstraction lyrique ou gestuelle est représentée par des oeuvres de Nicolas de Staël, Camille Bryen, Simon Hantaï, Philippe Hosiasson, Arpad Szenès, Maria Elena Vieira da Silva.

Le musée conserve également un ensemble exceptionnel d’oeuvres du groupe japonais Gutaï, qui fut actif dans les années 1955-1960 et tissa des liens étroits avec le mouvement informel français grâce au critique Michel Tapié.  Les décennies ultérieures sont illustrées par l’expérience « !matiériste! » de Jean Dubuffet, Antonio Saura, Antoni Tàpies, Jean-Paul Riopelle, et les paysages abstraits aux formats amples d’Olivier Debré, Raoul Ubac, Pierre Tal-Coat, Mario Prassinos, Hans Hartung, etc.

Un peu à l’écart des courants historiquement définis, la collection compte quelques grandes individualités qui marquèrent profondément le XXe siècle, comme Pablo Picasso, Henri Matisse, Jean Arp, Balthus, Alberto Giacometti et Francis Bacon.

Les collections photographiques proposent enfin un assez riche panorama de l’histoire de cet art, depuis la période la plus historique (Edouard Baldus, Charles Nègre, Gustave Le Gray, Francis Bruguière), la photographie moderniste autour du Pont transbordeur de Marseille (Lazslo Moholy-Nagy, Marcel Bovis, René Zuber, Florence Henri, Germaine Krull, Ergy Landau, André Papillon, Roger Parry) jusqu’­aux années 1960-1970 (Jean-Pierre Sudre, Jean Dieuzaide, Lucien Clergue, Linda Benedict Jones, Ralph Gibson, Martine Franck, etc.). ­


Ouvert
> du mardi au dimanche :  de 10h à 18h
> fermeture hebdomadaire le lundi exceptés les lundis de Pâques et Pentecôte
> fermeture les jours férié­s suivants : 1er janvier, 1er mai, 1er novembre, 2­5 et 26 décembre ­


Jules Cantini

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Autoportrait Francis Bacon

Né à Marseille le 2 février 1826 décédé à Marseille le 12 décembre 1916 était un sculpteur, marbrier et mécène français. Son père, Gaétan Cantini, était un maçon d’origine italienne qui réalisa la démolition de l’aqueduc de la porte d’Aix en 1823 afin de construire l’arc de triomphe.

Avec sa femme, Thérèse Farci, ils s’installèrent rue Longue des capucins et eurent de nombreux enfants dont Jules qui fut le cadet. Orphelin dès l’âge de 5 ans, Jules Cantini entre en 1837 à l’école de dessin. Le 30 septembre 1856 il épouse Rose Lemasle.

Il débute dans l’atelier de sculpture décorative que Pierre, son frère aîné, a créé rue des Beaux Arts. Il exploite des carrières de marbre rouge à Vitrolles puis achète des carrières de marbre en Italie à Carrare et en Algérie. Après le décès de son frère en 1851, Jules Cantini fait prospérer l’entreprise qu’il installe avenue du Prado.

Il possède une scierie de marbre aux quartiers du Rouet et de Bonneveine. Grâce aux indications de Monseigneur Robert, évêque de Marseille, il découvre et exploite des carrières de marbre de couleur ivoire.

Il réalise lui-même de nombreuses statuettes et des œuvres de plus grande taille en collaboration avec d’autres artistes. Il reçoit des commandes publiques et privées.

Il décore les hôtels particuliers de Cyprien Fabre, Victor Régis ou Jules Charles-Roux à Sausset. Il participe aux travaux de Notre Dame de la Garde et de la nouvelle Cathédrale de la Major. En 1886 il offre une statue de Saint Pierre de sa main pour une chapelle latérale de la basilique Notre-Dame de la Garde.

Il applique la polychromie, très appréciée à l’époque, aux statues, aux autels d’église ou aux cheminées qui doivent être nombreuses si on en juge par le grand nombre de dessins qu’il a effectués. Lors de l’exposition de Paris en 1900, l’État acquiert une statue réalisée en collaboration avec Barrias.

Sa fortune faite, il devient un grand mécène. Il fait un don de 100 000 francs à la Caisse d’Epargne pour la création des livrets. C’est un bienfaiteur de l’École des Beaux Arts où sont créés plusieurs prix portant son nom pour récompenser de jeunes sculpteurs.

En 1911, il offre à la ville de Marseille la fontaine de la place Castellane que son ami André-Joseph Allar a réalisée d’après ses dessins. Lors de son inauguration le 12 novembre 1911, le maire Bernard Cadenat compare Cantini à Crinas, ce « médecin qui avait légué sa fortune pour la remise en état des fortifications et des remparts de la cité ».

On doit à ses ateliers une réplique de la statue de David de Michel Ange placée en 1949 au Rond Point de la plage du Prado, ainsi qu’une réplique d’une statue du sculpteur Pierre Puget.

Il décède le 12 décembre 1916. Il lègue à la ville et aux hôpitaux de Marseille une trentaine d’immeubles dont l’hôtel de la rue Grignan acheté à la Compagnie du Cap Nègre. Le maire Eugène Pierre assistait à ses obsèques ainsi que de nombreuses personnalités. Par décret du 17 juillet 1908 il avait été nommé officier de la Légion d’honneur. Une clinique, ainsi qu’une avenue de Marseille partant de la place Castellane en direction de l’ancienne gare du Prado et qui longe le parc du XXVIe centenaire, portent son nom.


Dominique
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