Catégorie : Musées
Arrondissement : 1er
Web : musama.fr

C’est sur 413 m² au sein des anciens locaux de « L’Espace Vieux-Port » qu’a ouvert le 12 mars 2018 le MuSaMa, un musée à vocation scientifique et culturelle. Un projet privé signé entre le propriétaire des lieux ANF Immobilier et Jean-Baptiste Jaussaud, entrepreneur et savonnier marseillais, président de la Compagnie générale des savonneries et des huileries et du Conservatoire national du savon de Marseille.

Musama le musée du savon de MarseilleAprès avoir racheté et relancé en 2013 la marque La Grande Savonnerie créée en 1881 dont l’usine Fournier-Ferrier a été détruite pour la construction de la cité Félix-Pyat, Jean-Baptiste Jaussaud a imaginé, dans un bâtiment haussmannien, un écrin à la hauteur de sa passion pour le savon marseillais avec la volonté « de défendre un patrimoine, préserver un produit autant connu, reconnu que méconnu« .

Jean-Baptiste Jaussaud et le Crédit agricole Alpes-Provence, mécène et cofondateur du Musama ont confié ce projet d’envergure au cabinet de l’architecte marseillais Richard Carta pour réaliser les 340 m² de musée et environ 60 m² de boutique. La partie muséographique a été confiée à l’historien Patrick boulanger.

Cet espace est ouvert aux autres savonniers s’ils respectent les trois critères de fabrication du vrai savon de Marseille : 72% d’huile végétale, de la soude et de l’eau.
Musama le musée du savon de Marseille

Le MuSaMa, c’est un investissement total de 600 000 euros avec 30 000 visiteurs attendus la première année et un ticket d’entrée de 12 euros pour l’exposition permanente (objets du patrimoine) ainsi que pour une des deux expositions temporaires (axées sur les nouvelles technologies avec des vidéos, des effets spéciaux, des maquettes et des casques de réalité virtuelle) et pour l’atelier où l’on se transforme en maître savonnier.

Le projet est accompagné par la société londonienne Movement Strategies spécialisée en optimisation de l’expérience visiteur et de la gestion des flux.

Le musée accueille également une petite librairie, des produits gastronomique et une oeuvre signée du designer Ora-ïto.


Musama le musée du savon de Marseille

Le savon de Marseille est un produit à la fois connu, reconnu et méconnu. Connu, le savon de Marseille est un produit régional réputé à l’international.

Reconnu car son histoire remonte au Moyen-âge et son nom est automatiquement associé à l’authenticité et à sa vertu « double éco », économique et écologique.

Enfin, méconnu car la grande majorité des consommateurs ont du mal à le différencier de ses contrefaçons très présentes sur le marché local, national et international.

A ce titre, l’absence de protection et de marques fortes défendant le produit crée une défiance des consommateurs. D’ailleurs 95% des savons vendus dans le monde avec la mention savon de Marseille sont fabriqués en Turquie ou en Chine.

Le risque est de voir cette défiance devenir un détournement du produit et de voir le savon de Marseille authentique et respectueux de ses traditions tomber en désuétude.

MuSaMa, Le Musée du Savon de Marseille, 1 rue Henri Foccia, MarseillePour répondre à cette urgence et sauvegarder ce patrimoine marseillais, provençal et français, le Conservatoire National du Savon de Marseille (CNSM) a souhaité mettre en place une expérience ludique et créative au travers de laquelle les consommateurs potentiels de savon de Marseille pourraient mieux comprendre et appréhender l’univers du savon et les éléments clés de son authenticité.

Afin de protéger le savon de Marseille véritable et authentique, de nombreuses démarches, complémentaires ont été engagées. Les associations de professionnels du savon de Marseille, se sont concentrées sur la demande d’un label de type Indication Géographique Protégée (IGP) tandis que le CNSM a décidé de miser sur la sauvegarde du patrimoine lié au savon de Marseille afin d’en faire un contenu d’information du consommateur.

Cette démarche d’information ne prend son sens qu’au sein d’un lieu à la hauteur du produit et avec la mise en œuvre de tous les moyens modernes de médiation culturelle. C’est ainsi que le projet de MuSaMa, musée du Savon de Marseille est né.


Histoire du Savon de Marseille

Histoire du savon de Marseille, Musée du savon de Marseille le MusamaL’origine du savon de Marseille provient du savon originaire d’Alep en Syrie, existant depuis des milliers d’années. Le mode de fabrication de celui-ci, à base d’huile d’olive et de laurier s’est répandu à travers le bassin méditerranéen, à la suite des Croisades, en passant par l’Italie et l’Espagne, pour atteindre Marseille.

La cité phocéenne possède des manufactures de savon à partir du xiie siècle qui utilisent comme matière première l’huile d’olive extraite en Provence la plus proche. La soude, terme qui à l’époque désigne un carbonate de sodium plus ou moins pur, provient des cendres des plantes des milieux salins, en particulier la salicorne. En 1371, le premier savonnier marseillais qui utilise la soude se nomme Crescas Davin. En 1593, Georges Prunemoyr, dépassant le stade artisanal, fonde la première fabrique marseillaise.

Au début du xviie siècle, la production des savonneries marseillaises peine à satisfaire la demande de la ville et son terroir. Le port de Marseille reçoit même des savons de Gênes et d’Alicante.

Mais la guerre rompant l’approvisionnement d’Espagne, les savonniers marseillais doivent augmenter leur production de façon à pouvoir fournir l’Europe occidentale, d’abord le nord du Grand Royaume de France, les îles britanniques, la Hollande et surtout l’Allemagne, où les acheteurs pressent leurs commandes avant le grand collapsus de la Guerre de Trente Ans.

En 1660, on compte dans la ville sept fabriques dont la production annuelle s’élève à près de 20 000 tonnes. Sous Louis XIV, la qualité des productions marseillaises est telle que « le savon de Marseille » devient un nom commun. Il s’agit alors d’un savon de couleur verte qui se vend principalement en barre de 5 kg ou en pains de 20 kg.

Histoire du savon de Marseille, Musée du savon de Marseille le MusamaLe 5 octobre 1688, un édit de Louis XIV, signé par Jean-Baptiste Colbert de Seignelay fils de Colbert, secrétaire de la Maison du Roi, réglemente la fabrication du savon. Selon l’article III de l’édit :

« On ne pourra se servir dans la fabrique de savon, avec la barrille, soude ou cendre, d’aucune graisse, beurre ni autres matières ; mais seulement des huiles d’olives pures, et sans mélange de graisse, sous peine de confiscation des marchandises ».

Les manufactures de savons doivent cesser leur activité l’été car la chaleur nuit à la qualité du savon. Le respect de cette réglementation assure la qualité du savon et fait la renommée des savonneries marseillaises.

Dans le même temps, des fabriques de savon s’installent dans la région, à Salon-de-Provence, Toulon ou Arles.

En 1786, quarante-neuf savonneries produisent à Marseille 76 000 tonnes, emploient 600 ouvriers et un volant de main d’œuvre au plus fort de la saison de fabrication, 1 500 forçats prêtés par l’arsenal des galères.

Histoire du savon de Marseille, Musée du savon de Marseille le MusamaAprès les désordres économiques causés par la Révolution française, l’industrie marseillaise continue à se développer jusqu’à compter soixante-deux savonneries en 1813. La soude est dorénavant obtenue à partir de sel de mer, d’acide sulfurique résultat de la combustion du soufre, de calcaire et de charbon de bois, par application du récent procédé chimique de Nicolas Leblanc.

À partir de 1820, de nouvelles matières grasses sont importées et transitent par le port de Marseille. Les huiles de palme, d’arachide, de coco et de sésame en provenance d’Afrique ou du Moyen-Orient sont utilisées pour la fabrication du savon.

Les savonneries marseillaises subissent la concurrence des savonneries anglaises ou parisiennes, ces dernières emploient du suif qui donne un savon moins cher.

Histoire du savon de Marseille, Musée du savon de Marseille le MusamaAu début du xxe siècle, la ville de Marseille possède quatre-vingt-dix savonneries. François Merklen fixe en 1906 la formule du savon de Marseille : 63 % d’huile de coprah ou de palme, 9 % de soude ou sel marin, 28 % d’eau.

Cette industrie est florissante jusqu’à la Première Guerre mondiale où la difficulté des transports maritimes des graines porte gravement atteinte à l’activité des savonniers. En 1913, la production représente 180 000 tonnes et n’est plus que 52 817 tonnes en 1918.

Après la guerre, la savonnerie bénéficie des progrès de la mécanisation bien que la qualité du produit reste due à l’emploi des anciens procédés et la production remonte pour atteindre 120 000 tonnes en 1938.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, Marseille assure encore la moitié de la production française mais les années qui suivent sont désastreuses. Le savon est supplanté par les détergents de synthèse et les savonneries marseillaises ferment les unes après les autres.

Dans la région marseillaise, seules cinq savonneries continuent à fabriquer du savon comme il se fabriquait il y a trois siècles et produisent encore le fameux cube de 600 grammes estampillé avec le nom de la savonnerie et la mention « 72 % d’huile ».

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SOURCES Musama Officiel Marseille & go-met.comMovement Strategies & La Provence & Wikipédia
PHOTOS  MuSama & Pixabay & Région Provence-Alpes-Côte d’Azur & Dominique Milherou Tourisme-Marseille.com
VIDÉO Musama Officiel Marseille

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