marche-aux-puces-de-marseille-3A ces débuts le Marché aux Puces de Marseille, faute d’espace assuré, s’est d’abord installé Quai de Dunkerque, puis a migré dans la Zone Industrielle de la Palud et de l’avenue du Cap Pinède. En 1987, il occupait l’ensemble de cette zone, représentant 25 km de rues pour les seuls exposants avec une tendance à s’accroître d’au moins 25 m chaque dimanche, à telle enseigne que, sur le millier d’exposants installés pèle-mêle (commerçants, forains patentés, marchands de légumes, « débarras de cave » non contrôlés), à peine 350 disposaient d’emplacements autorisés par la Mairie !

Quant aux véhicules des clients, ils se répandaient tout naturellement aux alentours, sur 5 ou 6 km de voies publiques. Les Services de l’Hygiène n’avaient que peu de possibilités de vérification sur les commerçants non déclarés, les « débarras de cave » ne pouvaient faire l’objet d’aucun contrôle, il n’y avait pas le moindre W-C mis à la disposition du public sur des kilomètres de voies et la police devait être assurée par deux ou trois cars de C.R.S sous l’autorité d’un commandant.

Devant le développement constant de ce marché anarchique, l’Association des Industriels de la Zone Arnavant, avait enregistré une cassette vidéo pour démontrer ces nuisances et menaçait de quitter la zone en raison du blocage des accès, des détritus et des vols. Pour faire face à cette situation, le Service des Emplacements de la Mairie avait proposé plusieurs solutions, dont le terre-plein des Abattoirs ou l’éclatement du Marché en 5 ou 6 emplacements dispersés à travers la Ville.

Mais l’hostilité des Forains et celle des Maires de secteur avaient fait échouer tous ces projets au demeurant peu réalistes car manquant de cohérence.


L’Installation d’un nouveau marché en 1987

marche-aux-puces-de-marseilleLorsqu’en 1987, la Société AlSTHOM annonça sa fermeture et le licenciement des 70 personnes travaillant sur le site du Cap Pinède, la Société Provençale de la Madrague se porta acquéreur des 4 ha de terrain et des 23 000 m2 de bâtiments. Le Service des Emplacements de la Mairie y vit une solution à ses problèmes avec 4 terrain clos et contrôlables avec un transfert facilité par la proximité immédiate du Marché aux Puces sauvage existant.

La Mairie de Marseille saisit cette opportunité et, à son initiative, une convention de 15 ans fut signée qui pour l’essentiel assurait l’exclusivité du Marché aux Puces à la SPM, ainsi que l’enlèvement hebdomadaire par la Mairie de 25 tonnes d’ordures ménagères correspondant au tonnage enlevé sur le marché sauvage existant. Cette Convention, approuvée par l’immense majorité du Conseil Municipal, ne fut repoussée que par le groupe communiste.

Depuis la fin de cette Convention en juillet 2003 la Ville a repris sa liberté et n’assure plus l’enlèvement des ordures ménagères. Sur ce Marché devaient être installés :
– les commerçants forains
– les débarras de caves
– les marchands de denrées alimentaires occupant les emplacements sauvages du précédent marché

marche-aux-puces-de-marseille-2Parallèlement, la Commission Départementale d’Urbanisme Commercial (C.D.U.C), accordait à la Société Provençale de la Madrague, l’autorisation d’implanter, dans les bâtiments, 16400 m2 de commerces, par une délibération votée avec une majorité de 15 voix contre 4 abstentions (celles du Parti Communiste). Le but de cette autorisation était l’installation en semaine, de commerces bon marché, qu’une utilisation, pour quelques heures par semaine, d’un site de cette taille, ne permettait en aucune façon de rentabiliser.

En créant un centre Commercial qui permettait notamment de sédentariser les commerçants vendant des produits alimentaires à la sauvette dans de très mauvaises conditions d’hygiène, et un pOle d’attraction commerciale dans un quartier au niveau de vie très bas, on satisfaisait un besoin essentiel. De plus, 150 à 200 emplois étaient prévus qui à ce jour sont estimés à 1 000 emplois.
La fixation d’une vaste population devait permettre de regrouper des commerçants installés dans l’anarchie et contribuer à une paix sociale qui s’est avérée être la plus grande réussite du Marché.

C’est dans ces conditions qu’à l’initiative de la Mairie de Marseille, et avec la collaboration étroite des services ainsi que de ceux de la Préfecture, le Marohé fut ouvert le 3 Juillet 1988.


street-art-show-festival-marseilleLe Marché aujourd’hui

Le Marché aux Puces proprement dit qui se tient le dimanche, attire une foule de 100 000 personnes par en semaine mais dans des conditions totalement différentes:
Les commerçants forains sont contrôlés et contrôlables (kbis, assurance), les« débarras de cave» sont répertoriés sur un livre de Police, le Marché clos par quatre murs, ne peut s’étendre indéfiniment comme il le faisait par le passé, les divers services municipaux et départementaux peuvent intervenir pour faire appliquer la réglementation.

Huit artistes invités à l’exposition Street-Art Show 2015 de la Galerie St Laurent ont réalisé en mai 2015 des fresques géantes sur le mur du parking du marché aux Puces. L’habillage de ce mur de plus de 1.000m2 constitue la première étape de l’habillage des 12.000m2 que totalise le site des Puces. (voir la fiche dédiée).


Le Centre Commercial Les Puces en quelques dates et chiffres-clés :

– 300 commerces et bureaux
– 300 commerçants forains
– 100 débarras de caves et brocanteurs
– 100 000 visiteurs par semaine soit plus de 3 650 000 par an
– plus de 1000 emplois
– 17 000 m2 de surface commerciale sur un site de 4 ha


TEXTES Marché aux Puces de Marseille
PHOTOS Marché aux Puces de Marseille

Dominique Milherou
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