Catégorie : Quartiers
Arrondissement : 16ème

Le quartier des Riaux a été créé à la fin du XIXème siècle autour de quelques usines, comme lotissement d’habitation pour les ouvriers. Son nom vient du provençal riau ou riou qui signifie « ruisseau »…en effet un filet d’eau coule dans ce quartier du 16e arrondissement parfois considéré comme un petit quartier de L’Estaque…ainsi certains l’appelle l’Estaque Riaux, alors que les Riaux est un quartier administratif à part entière de la ville, tout comme les trois autres du 16ème, St André, St Henri et l’Estaque.

Les habitats du quartier furent dans un premier temps constitués de cabanons et de villas, puis les propriétaires des usines ont fait construire des cités et des courées pour loger leurs ouvriers.

Les industries à l’origine de l’émergence du quartiers n’ont pas particulièrement organisé la construction de logements dans les interstices des cités ouvrières aujourd’hui le quartier est constitué de cités de maisons familiales et de petits immeubles tandis que les pavillons et maisons de villes y sont quasi absents.

Le quartier des Riaux est délimité par la montée Antoine-Castejon, la voie ferrée, la Nerthe, par les usines, et par le chemin du Littoral (Route de l’Estaque Plage). Le vallon de Riaux (étymologiquement, « lit du ruisseau ») est constitué de petites maisons. Il se termine par « la carrière », ancienne carrière des usines Lafarge.

Le quartier était encadré à la fin du 19ème siècle par plusieurs usines…les Ciments Penaroya, Kuhlmann (ex Atochem) Lafarge, Saria, EGTH, Rio Tinto ou encore Rousselot. En 1819, il couvrait la partie nord du quartier de la Falaise et le bas de celui des Piches. À cette époque, il n’existait pratiquement pas de maisons.

Ancienne Société coloniale des chaux et ciments Portland

Le développement du quartier ne démarre qu’avec l’acquisition fin 19ème de terrains par la Compagnie Rio Tinto qui bâtit une usine éponyme. C’est en 1913 qu’est construite l’usine de la Société coloniale des chaux et ciments Portland.

Quartier ouvrier, le secteur des Riaux fut influencé par des mouvements socialistes en témoigne la grève de mai 1936 en solidarité avec les mouvements socialistes de la guerre d’Espagne. La grève démarre ainsi par des ouvriers des carrières de la Nerthe suivie d’une grève générale des usines de Chagneaud, Rousselot, Coloniale, Khulmann

Très tôt les usines sont exploitées par des travailleurs immigrés qui s’installent dans le quartier formant des communautés italiennes corses et algériennes notamment chaoui et kabyle. Ainsi, selon les critères du recensement de 1982, sur 1 200 habitants, 620 sont des étrangers dont 520 des Algériens.

Les usines ont commencé à fermer dès le début du 21ème, les friches industrielles, notamment celles de Métal-Europe font l’objet d’opération de dépollution des sols puisque l’arsenic était déversé directement dans la colline.

Le sociologue et ethnologue italien Salvatore Condro, décrivait ainsi en 1998 le quartier dans une ville où il habite depuis les années 60 :

Le viaduc à L’Estaque (1908) – Georges Braque

« Ainsi le quartier de l’Estaque-Riaux était-il, jusqu’à une période récente un espace industriel, un quartier ouvrier où les conditions et les modes de vie ouvriers surdéterminaient les différenciations ethniques et culturelles.

L’espace-temps ouvrier « mélangeait », « colorait », « respectait » les différences. L’Estaque-Riaux était en quelque sorte une petite communauté de voisinage dans laquelle « vivre et travailler au pays » était une réalité, du moins le sera jusqu’au milieu des années 70.

Les petits commerces se multipliaient (le petit « truc » qu’on va acheter au centre-ville, c’est un peu du luxe). Le dimanche est consacré au tiercé, à la pétanque, aux joutes et au football. »

Des peintres célèbres ont été inspirés par ce quartier. C’est en effet aux Riaux qu’est apparu le cubisme. Le célèbre tableau de Georges Braque, Le Viaduc à L’Estaque (1908), exposé au centre Georges Pompidou à Paris, représente le quartier.

Ce quartier a vu grandir le réalisateur Robert Guédiguian. Une grande part des œuvres du réalisateur comme Marius et jeannette (1997) ou Le derniers été (1981), y ont été tournés.

Les rappeurs Duval MC et Bil-K (Ghetto Phénomène) sont issus du quartier. L’ancien Rio cinéma a disparu en 1968, un film lui est consacré par l’association Images et Paroles engagées. Le bâtiment est aujourd’hui devenu la salle de la compagnie « Pic Télémaque ».


SOURCES Wikipédia
PHOTOS Dominique Milherou Tourisme-Marseille.com & Archives

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Dominique
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