Tout d’abord baptisé lʼArgyronète par le commandant Cousteau, cette « maison sous la mer » autonome et propulsée pouvant héberger 6 personnes pendant 22 jours, changera de main faute d’argent pour devenir le Saga, repris par la Comex et l’Ifremer. Avec ses 28 mètres de long et ses 300 tonnes c’est tout simplement le plus grand sous-marin civil du monde et c’est à L’Estaque qu’il a vu le jour. Mis à lʼeau en 1987 il a réalisé plusieurs plongées en saturation dont un record du monde de sortie plongeur d’un sous-marin à moins 317 mètres, mais également une plongée d’observation à 667 mètres avant qu’en 1990 lʼIfremer arrête sa participation au projet. Il cessera en 1990 son activité après 35 plongées. Aujourd’hui « Les Compagnons du Saga » tentent de remonter à la lumière du jour le superbe engin abrité dans un hangar de l’Estaque avec l’objectif de le faire découvrir au grand public dans le cadre d’un véritable musée.

Photo Philippe Mura

Dès 1966, après les expériences Pré-continent I (Diogène), II (Le Monde sans Soleil), et III menées respectivement à Marseille, en mer rouge et au large de Villefranche, le commandant Cousteau imagine le concept d’un nouveau type de sous-marin : l’Argyronète, du nom d’une petite araignée scaphandrier qui vit quasi intégralement sous l’eau. Ce projet du sous-marin d’intervention Argyronète fait l’objet d’une première convention entre l’Institut Français du Pétrole et l’OFRS, futur CEMA, signée le 14 décembre 1966.

L’étude Préliminaire sera confiée à M. Jean Mollard qui a déjà dirigé pour l’OFRS les études et la fabrication de la soucoupe plongeante, de Deep-Star pour la Westinghouse et qui achève la construction de la future CYANA pour le CNEXO qui va devenir IFREMER.

Jean Mollard sera par la suite, à la tête d’un pool d’ingénieurs dont certains, (et non des moindres) intégreront la Comex dès 1970, le chef du projet l’Argyronète abandonné en 1970 par l’état, puis du projet SAGA (pour Sous-Marin dʼAssistance à Grande Autonomie) qu’il mènera jusqu’à son terme en 1990 pour le compte de la Comex.

Au moment de l’arrêt du projet en 1970, un certain nombre d’équipements dont la coque, les moteurs diesel, les équipements hydrauliques, la sphère largable, les régleurs en acier…ont été livrés et sont stockés dans le hangar et les magasins annexes de l’Estaque.

L’existence de la coque, des équipements et de l’étude déjà réalisée, seront déterminants pour la reprise du projet par Henri Germain Delauze et la COMEX  en 1981.

Fin 1982. Les responsabilités techniques et financières sont partagées avec le CNEXO, futur IFREMER. Développé conjointement par la COMEX et IFREMER, associés au sein d’un GIE, SAGA I a été lancé en octobre 1987 et a effectué ses essais de qualification et des missions en mer de 1988 à 1990 établissant au cours de l’une d’entre elles, le record du monde de sortie plongeur d’un sous-marin à -316m.

Les ministères Français de l’Industrie et de la Recherche ont soutenu et financé pour partie le projet par l’intermédiaire du Fond de Soutien des Hydrocarbures. Le SAGA I a également une dimension européenne et la CEE a supporté le coût de certains développements technologiques.

Enfin, le projet fait l’objet d’un accord Franco-Canadien pour le développement d’un sous-marin nucléaire civil sur la base du SAGA I. Projet abandonné après environ un an d’études pour sa  complexité et son coût.


Photo Philippe Mura

L’objectif du programme SAGA 1,  sera d’intervenir rapidement dans le domaine de l’offshore profond quelles que soient les conditions de surface avec une autonomie suffisante pour parcourir les trajets aller et retour de la base au chantier, effectuer les tâches prévues et assurer la sécurité de l’équipage et des plongeurs.

Le sous-marin d’intervention Argyronète devait réaliser le mariage des deux techniques de pénétration de l’homme sous la mer :

1/ A l’intérieur d’une coque résistante maintenue à la pression atmosphérique (sous-marins, soucoupes plongeantes, bathyscaphes)

2/ En plongée à partir d’une base sous-marine, maintenue à la pression ambiante du milieu (maison sous la mer)

Le projet SAGA concrétisera cet objectif en doublant la capacité d’intervention adoptée par le projet Argyronète qui passe de -300m a -600m en plongée atmosphérique et a –450m en intervention plongeurs. L’autonomie qui a été une des causes principale de l’arrêt du projet Argyronète, sera elle presque triplée grâce aux progrès enregistrés dans tous les domaines pendant les dix années de sommeil.


La coque résistante du  SAGA est composée de trois parties : un compartiment en pression atmosphérique, qui abrite six hommes d’équipage et les principaux équipements, un compartiment hyperbare ou l’on peut loger jusqu’à six plongeurs, et un compartiment largable (sphère largable) qui peut abriter les six hommes d’équipage et les ramener à la surface en cas d’avarie grave, les plongeurs pouvant être secourus au moyen d’une tourelle sans subir de décompression.

Les équipements extérieurs (batteries, réservoirs de gaz, ballasts, régleurs, tuyauterie …) sont protégés par une coque en fibre de verre /époxy (Carénage) qui lui  donne sa forme particulière.

Ce sous-marin, est capable de faire intervenir ses plongeurs  jusqu’à -450 m quelles que soient les conditions météorologiques de surface et de mettre en œuvre des robots (ROV) jusqu’à -600m.

Sa grande autonomie est due principalement à l’apport de deux moteurs Stirling et au stockage d’oxygène sous forme liquide, qui   permettent  d’effectuer des missions de 10 à 20 jours, en parcourant plusieurs centaines de milles nautiques, sans devoir faire surface.

Il peut ainsi parcourir en plongée 1 50 milles nautiques pour parvenir au chantier sous-marin, faire intervenir ses plongeurs pendant  près  d’une semaine et revenir à sa base par ses propres moyens sans faire surface.


Reportage de France 3 en février 2018



SOURCES officedelamer.com & France 3 & lescompagnonsdusaga.org
PHOTOS Philippe Mura

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