Arrondissement : 2ème

Cette oeuvre haute de 7,15 m, signée du sculpteur toulousain Carlo Sarrabezolles, a été commandée en 1934 par la Compagnie Générale Transatlantique pour décorer la plage arrière du paquebot Normandie…mais son poids colossal empêchera finalement sa mise en place sur le navire ! Elle trône depuis 2013 au pied de la tour CMA CGM.

La sculpture représente un triton, dieu marin de la mythologie grecque, fils de Poséidon et d’Amphitrite. Il est ici coiffé d’algues marines brandissant un trident de la main gauche et une conque de la main droite ; ses jambes se transforment en queue de poisson bifide. Trois dauphins plongent à sa suite.

La statue, haute de 7,15 m du sol à la pointe du trident, est coulée dans le bronze. Malheureusement, son poids colossal et les vibrations des hélices sises sous son emplacement initial empêchent sa mise en place sur le paquebot Normandie dont la croisière inaugurale aura lieu sans la sculpture le 29 mai 1935… une grande déception pour l’artiste !

L’œuvre figure à l’Exposition internationale de 1937 qui se tient à Paris : renommée L’Océan, elle se dresse devant le pavillon de la Marine Marchande. La Compagnie Générale Transatlantique la dépose de 1943 à 1948 au musée de la Marine avant de la rapatrier au Havre pour orner, en 1952, l’esplanade de la gare maritime.

Par la suite, elle connaît différents emplacements au Havre jusqu’au jour, le 15 novembre 2002, où la CMA-CGM, héritière de la CGT, transfère le grand bronze dans la cité phocéenne pour marquer l’entrée de son nouveau siège social.

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Le plâtre original de l’oeuvre redécouvert à Paris

En 1950, Carlo Sarrabezolles fait don au musée de la Marine du modèle original du Génie de la mer réalisé en plâtre peint, à taille réelle. En raison de ses dimensions (7,15 m de haut) et du matériau employé, l’oeuvre est particulièrement fragile.

Présentée d’abord à Port-Louis puis à Paris, l’œuvre est transférée dans les réserves du musée au milieu des années 1990. Coupée en 7 parties par nécessité, elle tombe peu à peu dans l’oubli et a été récemment redécouverte.

En 2015 un financement participatif a été lancé pour restaurer le plâtre de l’oeuvre et l’exposer au Musée de la Marine de Paris. Le montant total de l’opération de sauvetage du Génie de la mer s’élève à 79 200 €.


Carlo Sarrabezolles

Ce sculpteur français est né le 27 décembre 1888 à Toulouse et mort le 11 février 1971 à Paris. Après des études à l’École supérieure des beaux-arts de Toulouse, de 1904 à 1907, il rejoint l’École des beaux-arts de Paris où il est l’élève des sculpteurs toulousains Antonin Mercié et Laurent Marqueste.

Carlo-Sarrabezolles-marseilleIl entre en loge chaque année, pour le prix de Rome, malgré son très jeune âge, jusqu’en 1914, année où il remporte le second grand prix. La déclaration de guerre l’empêche de rejoindre la villa Médicis à Rome.

Mobilisé, il se porte volontaire pour ouvrir des vannes, afin de noyer des stocks de munitions, pour les soustraire aux Allemands. L’effort lui provoque une hernie, il est prisonnier jusqu’en 1918.

En 1920, il épouse Nicole Cervi, avec laquelle il aura trois enfants. En 1922, L’Âme de la France lui vaut le prix national. Il réalise de nombreuses œuvres pour l’exposition des Arts décoratifs de 1925, dont Pallas Athéné, à l’entrée du pavillon des architectes français.

Il s’oriente vers une sculpture monumentale, participant aux reconstructions d’après-guerre et édifiant de nombreux monuments. Il travaille en collaboration étroite avec les architectes Paul Tournon, Roger-Henri Expert1, Joseph Marrast, Jacques Droz, Jacques Carlu et Henri Joulie.

le-genie-de-la-mer-carlo-sarrabezolles-cma-cgm-13002-marseille-3En 1926, Carlo Sarrabezolles initie une nouvelle technique, la taille directe du béton frais, qu’on a aussi appelée « sculpture à fresque », étant donné l’équivalence qu’elle peut avoir avec cette technique picturale. Elle est appliquée la première fois pour le campanile de l’église de Villemomble (Seine-Saint-Denis).

Du 20 août au 3 novembre 1926, Sarabezolles sculpte vingt statues de personnages, quatre séraphins, les symboles des évangélistes et de nombreuses inscriptions. Jusque-là, le ciment permettait de réaliser des sculptures par moulage. Ici, il n’est plus question ni de moule, ni de maquette : il faut tailler dans la masse du béton en prise, donc très rapidement, et par assises successives, en partant du bas.

Il s’agit là d’un travail d’improvisation qui relève de la performance, ce qui explique qu’il ait fait peu d’émules dans cette spécialité qui satisfaisait les maîtres d’œuvre, tant pour son aspect économique qu’esthétique. La sculpture fait corps, indissociablement, avec l’architecture.

le-genie-de-la-mer-carlo-sarrabezolles-cma-cgm-13002-marseille-2Il réalise de cette façon la façade et le clocher de l’église Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus d’Élisabethville à Aubergenville (Yvelines), les deux géants légendaires, Lydéric et Phinaert, qui constituent le soubassement du nouveau beffroi de Lille, et d’autres réalisations de ce type dans les années suivantes :

la sculpture-clocher de l’église Saint-Pierre d’Alfortville (1932, détruite en 1980), l’église Notre-Dame-des-Missions d’Épinay-sur-Seine (1934, architecte Paul Tournon), la décoration extérieure de l’église Saint-Louis de Marseille (1935, architecte Jean Sourdeau).

Il est l’auteur du groupe Les quatre Éléments de l’aile Passy du Palais de Chaillot à Paris. Son exigence de qualité est telle que, le groupe en place, il en découpe une partie qui ne le satisfait pas, la refait et la remet en place, le tout à ses frais.

En 1935, son ami l’architecte Roger Expert, chargé de l’aménagement du paquebot Normandie lui commande un bronze, Le Génie de la mer, qui n’est finalement pas installé sur le paquebot.

En 1967, il restaure les figures sculptées par David d’Angers au fronton du Panthéon de Paris.

Il n’a cessé de travailler, tant en France qu’à l’étranger (parc de la propriété et bustes des Dupont de Nemours aux États-unis, ambassade de France à Belgrade…), jusqu’à ce que la mort le surprenne dans son atelier de la rue des Volontaires à Paris en 1971.


SOURCES Wikipédia & Marseille Sculptée > 
PHOTOS Archives & financement participatif Ulule & Dominique Milherou Tourisme-Marseille.com

Dominique
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