Arrondissement : 2ème

Le Lazaret d’Arenc est un lieu disparu de Marseille prévu pour les quarantaines. Ce lazaret fut fondé au quartier d’Arenc en 1663, puis fut agrandi et complété à partir de 1729 et tout au long du XVIIIe siècle. Il était considéré comme un modèle en Europe, il disparaît ensuite au milieu du XIXe siècle lors des aménagements des nouveaux ports de Marseille.

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Le Lazaret au xixe siècle

Marseille et son port, haut-lieu du commerce méditerranéen, ont longtemps servi de porte d’entrée aux pandémies qui ont sévi jusqu’au début du XXe siècle : la peste, bien sûr, mais aussi à partir du XIXe siècle, le choléra morbus et la fièvre jaune.

Contre cette menace, les Marseillais ont appris peu à peu à se protéger, et d’abord par l’isolement des voyageurs malades et des cargaisons auxquelles on prêtait un pouvoir de contamination. Un lazaret aurait été édifié à Marseille dès 1477, rue Radeau, selon une tradition qui ne repose sur aucun texte.

En 1526 le conseil de ville décide la construction d’un lazaret à la porte de l’Ource ; dans le courant du XVIe siècle, l’établissement est remplacé par des infirmeries au quartier Saint-Lambert, puis par le lazaret d’Arenc ; parallèlement est assigné aux îles du Frioul un rôle d’entrepôt pour les marchandises contaminées.

Ainsi se met peu à peu en place un ensemble de mesures qui tendent à devenir permanentes au XVIIe siècle. Une administration dépendant de la municipalité prend forme pour les faire appliquer : ce sont les intendants de la santé, élus annuellement, et qui se réunissent au pied de la tour Saint-Jean.

Des arrêts du Parlement de Paris (10 janvier et 7 mai 1622) instaurent un monopole sanitaire en faveur de Marseille et de Toulon, seules places habilitées à recevoir en quarantaine les bâtiments en provenance de Barbarie et du Levant.


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Lazare par Juan de Flandes, Museo del Prado.

Le mot « lazaret », désignant un hôpital, tirerait son origine du nom de « Lazare », protagoniste d’une parabole de l’évangile selon Luc.

En effet, pour enseigner la charité, Jésus invente l’histoire du pauvre Lazare et du mauvais riche : le pauvre, couvert d’ulcères et mourant de faim, vit dans la rue, à la porte de la demeure du riche.

Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche, qui faisait bombance, mais personne ne lui en donnait. Le pauvre mourut et, dit Jésus, il fut emporté au Ciel. Le riche mourut aussi et on l’enterra. Mais, dans l’Au-delà, il se retrouva en Enfer et connut souffrances et tourments car il ne s’était pas préoccupé du sort du misérable qui était à sa porte !

Au Moyen-Âge, ce Lazare légendaire si populaire, dont la geste était racontée dans les sermons, les fresques, la statuaire et les vitraux, a été « canonisé, » devenant ainsi « saint Lazare« . Comme il était malade et couvert d’ulcères, il est devenu le patron des ladres : d’où, à cette époque, les nombreuses ladreries et maladreries où vivaient à l’écart, cantonnés et reclus, les lépreux, qui éloignaient les gens avec leur crécelle ou leur clochette, car la lèpre était autrefois supposée contagieuse.

Cette maladie était alors tellement répandue que toutes les villes avaient leur maladrerie et, encore aujourd’hui, tous les lieux-dits « Saint Lazare » font allusion à d’anciennes léproseries disparues.

Ce saint Lazare imaginaire, inventé pour le besoin d’un conte, a très vite été confondu avec un autre saint Lazare, bien réel, lui, qui aurait été le frère de Marthe et Marie et l’ami de Jésus.Enfin, saint Lazare (ou saint Ladre) était quelquefois appelé « le Bon Malade » (sans doute par corruption du mot « maladre » ? ou par opposition au « mauvais riche » ?) : et c’est ainsi que sont parfois désignés les lépreux dans les vieux textes.

Le premier État à instituer la quarantaine par la loi, pour le bon fonctionnement des hôpitaux et ainsi prévenir la contagion potentiellement liée à son commerce, est la République de Venise, au xve siècle : sur décision du Senato le premier lazaret est fondé sur une île, appelée depuis Lazzaretto Vecchio, à proximité de la ville-État, en 1423.

Un décret du duc Charles III (2 avril 1562) autorise « les bons malades de la Madelaine encore qu’ils ne soient de la paroisse de Nancy ou de Saint-Dizier à participer aux aumônes qui se distribuent les dimanches, jeudis et vendredis de chaque semaine« . Dans les campagnes il existe encore des sources portant le nom de « fontaines du Bon Malade » et qui devaient être réservées jadis aux lépreux.

Étaient désignés comme ladres, aussi, les avares, car l’avarice (ou ladrerie) était considérée comme la « lèpre de l’âme« .

Outre la lèpre (contre laquelle on invoquait saint Ladre), l’autre grand fléau du Moyen-Âge était la peste. Le patron des pestiférés est saint Roch : d’où le nom d’hôpital Saint-Roch donné à des établissements de soin aux pestiférés. Pour des raisons analogues, d’autres établissements ayant même destination furent placés sous le vocable de Saint-Louis, comme ce fut le cas à Paris, ce roi étant supposé mort de la peste devant Tunis (il serait en fait mort d’un érysipèle).


SOURCES Wikipédia & insitu.revues.org & archives13.fr
PHOTOS Archives Wkipédia

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