Catégorie : Galeries d'Art
Arrondissement : 8ème

De juillet à août 2016 s’ouvrait dans le Parc des Calanques au cœur des ruines de l’ancienne usine à plomb et d’une Batterie militaire, la première exposition de La Friche de L’Escalette, un surprenant parc de sculptures et d’architectures légères ! Une deuxième édition, « Utopie Plastic » s’ouvre le 1 juillet 2017 avec des maisons-bulles en plastique datant des années 70…des créations originales dont certaines très rares disséminées dans ce superbe domaine insolite face à la mer.

Edition 2016; L’oeil du chat, un guetteur de bronze signé Marjolaine Degremont de sa série Touching the Sky.

Galériste parisien, Éric Touchaleaume est un fervent défenseur du patrimoine moderniste en danger. En 2007, il cède sa galerie du 54 rue Mazarine à Paris pour l’Hôtel Martel de Mallet-Steven, appartement du sculpteur Jan Martel, occupant le deuxième et troisième étage qu’il restaure, puis le vaste Atelier Martel du rez-de-chaussée.

Amoureux de la ville de Marseille il s’est porté acquéreur en 2011 de la Friche de l’Escalette, afin d’y créer ce projet inédit. C’est un spécialiste de longue date des architectures préfabriquées désireux de partager avec un large public sa passion pour l’œuvre d’un des maîtres en la matière, Jean Prouvé (1901-1984) et pour l’architecture en général.

Des expositions de sculpture moderne et contemporaine présentant une sensibilité relationnelle avec les lieux sont également présentées…avec pour l’ouverture des lieux en 2016 deux œuvres de la série Touching The Sky signées Marjolaine Degremont.

Edition 2016, « Habitat Tropical Cameroun », à charpente acier, oeuvre de collaboration entre Jean Prouvé et l’Atelier LWD 1958-1964.

Une de ces créations fut installée dans la fosse de la concasseuse qui abritait jadis un monstre de vapeur broyant le minerais…une échelle filant vers le ciel construite en branches de buis, écorcées et longuement polies.

De surcroît, ce patrimoine industriel remarquable, constitué des ruines cyclopéennes d’une ancienne usine à plomb active de 1851 à 1925, est ouvert à la visite et présenté par des guides d’école d’architecture.

Ce projet ayant pour cadre un site très protégé, partie intégrante du Parc National des Calanques de Marseille, est une initiative privée, qui bien qu’ambitieuse se veut également résolument modeste et simple, afin de ne pas nuire à la dimension poétique des lieux et de cultiver cet esprit de philosophie du cabanon si cher à Jean Prouvé et à ses compagnons de route, Charlotte Perriand, Pierre Jeanneret et Le Corbusier.

Pour sa première exposition, en juillet / août 2016, la Friche de l’Escalette a présenté le prototype, jusqu’alors inédit, « Habitat Tropical Cameroun », à charpente acier, oeuvre de collaboration entre Jean Prouvé et l’Atelier LWD 1958-1964.


Saison 2017

 

Pour sa seconde exposition estivale, [UTOPIE PLASTIC], Architecture-Art-Ameublement, la Friche de l’Escalette présente du 1er juillet au 30 septembre 2017 de drôles de bulles en plastique disséminées dans les ruines de l’ancienne usine à plomb, qui semblent tout droit sortir de la série Star Trek.

L’Hexacube de Georges Candilis Photo © Takis Candilis

Il s’agit de rares témoignages d’habitats futuristes en plastique, de la fin des années soixante aux débuts des années soixante-dix, dont la crise pétrolière de 1973 sonna le glas.

A découvrir L’Hexacube de Georges Candilis (1913-1995) et Anja Blomstedt (1937), de 1972. Ce talentueux collaborateur de Le Corbusier notamment durant cinq ans sur le chantier de la Cité Radieuse de Marseille, est le créateur des villages de vacances, inspirés de sa Grèce natale, de Port-Leucate et Port-Barcarès, entre 1964 et 1972, aujourd’hui classés aux Monuments Historiques.

Par ailleurs, une colonie entière de « cellules spatiales » Hexacube, installée sur la plage, fera le bonheur des estivants pendant quatre décennies avant d’être sauvée de la destruction grâce à l’enthousiasme d’un jeune antiquaire de Perpignan, Clément Cividino. Cet exemplaire, racheté à un ancien collaborateur de Candilis, est unique par sa couleur rouge.

La Bulle six coques

Egalement au programme, La Bulle six coques du français Jean Maneval (1923-1986), lancée également en 1968, compte aussi ses adeptes.

Depuis qu’un chineur a racheté il y a quelques années, à Gripp dans les Pyrénées, un petit village de vacances comptant une vingtaine d’exemplaires, il en apparaît régulièrement dans les foires internationales comme la dernère Triennale de Milan.

Cet exemplaire a été retrouvé chez un pépiniériste du Var qui y abritait ses cactus en hiver.

La maison Futuro de Matti Suuronen

A découvrir, La maison Futuro du finlandais Matti Suuronen (1933-2013), voit le jour en 1968. Véritable soucoupe volante dont une soixantaine d’exemplaires sont répartis de par le monde, précieusement préservés par leurs propriétaires qui constituent une tribu hétéroclite d’aficionados très présente sur le net, allant du surfeur néo-zélandais au milliardaire californien amateur d’architectures de collection.

L’exemplaire présenté sur la Friche de l’Escalette provient de Majorque où il servait initialement de maison témoin dans l’espoir utopique d’en vendre des centaines, pour finir délaissé dans une pinède et enfin mis à l’encan sur internet.

Du mobilier en plastique sera présenté dans ces différentes maisons tels que le prototype du bureau Boomerang de 1969, dans sa version Grand PDG avec siège intégré, de Maurice Calka (1921-1999).

Des sièges gonflables Aerospace en plastique orange ou bleu de Quasar Khanh (1934-2016), père spirituel de Philippe Starck et créateur fétiche du pape du design plastique : Benoît Ramognino dit Ben, qui vient de consacrer à cet inventeur à l’imagination débridée une biographie passionnante qu’il viendra dédicacer le 23 juin à la Friche de l’Escalette. (Quasar Khanh designer visionnaire, en collaboration avec Marc Mineray, Fabrice Peltier, Benjamin Chelly chez Albin Michel).

Plusieurs sièges de couleurs vives et aux formes biomorphiques viendront compléter le tableau, dont une chaise Baby molarde Wendle Castle de 1971 et un fauteuil ergonomique Tomato d’Eero Aarnio de 1971.

Enfin, une très rare sculpture monumentale Playground de Werner Zemp, de 1968, prototype pour un jardin d’enfant de Zurich dont les formes ludiques et la couleur jaune vif, invitent au jeu.Quelques maquettes Spacemoduleen résine illustrent les recherches architecturales avant-gardistes de Werner Zemp, qui fut élève de Max Bil.


SOURCES www.friche-escalette.com
PHOTOS  
Dominique Milherou Tourisme-Marseille.com & photo Hexacube / Takis Candilis / 17, rue Campagne-Première 75014 Paris © « Fonds Candilis. SIAF/Cité de l’architecture et du patrimoine/Archives d’architecture du XXe siècle » & friche-escalette.com
VIDÉO Dominique Milherou & Florence Gosset Tourisme-Marseille.com

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Dominique
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