Arrondissement : 6ème

L’hôtel de la Caisse d’Épargne inauguré le 20 juillet 1904 est le fruit du travail collaboratif d’un architecte maintes fois primé, Joseph Albert Tournaire et de quatre sculpteurs de talent tous récompensés durant leurs carrières respectives. 

hotel-de-la-caisse-d-epargne-place-estrangin-marseille-architecte-tournaireLe Palais de la Caisse d’Epargne a été réalisé par l’architecte Albert Tournaire représenté à Marseille par l’architecte Paul Mouren, à côté d’une succursale de la Banque de France construite en 1886 arborant un style beaucoup moins décoré.

Sur la façade de la place, au dessus des trois baies, des masques dus au sculpteur marseillais Constant Roux, premier grand prix de Rome, symbolisant le commerce, la marine et les travaux maritimes. De part et d’autre, les blasons des deux sous-préfectures d’Aix-en-Provence et Arles.

Au sommet de la façade, dans un fronton arrondi sculpté par Henry Lombard, grand prix de Rome 1883, deux figures représentent, de part et d’autre du blason de Marseille, la Provence rurale et la Provence maritime.

Dans l’arrondi de la façade, sculpture «La Prévoyance dans ses fonctions» par le sculpteur marseillais Auguste Carli : la Prévoyance reçoit d’une main le dépôt des travailleurs et protège, de l’autre, leur vieillesse tranquille. Auguste Carli, frère aîné du sculpteur François Carli, élève du sculpteur Émile Aldebert, a emporté en 1890 le concours de l’École des beaux-arts de Marseille.

hotel-de-la-caisse-d-epargne-place-estrangin-marseille-architecte-tournaire-3Au-dessus des trois grandes portes, le sculpteur marseillais Constant Roux a très finement sculpté les têtes de Thétis (nymphe marine), Mercure (dieu du commerce, des voleurs, des voyages) et Cérès (déesse de l’agriculture, des moissons et de la fécondité).

Dans la description du «palais» de la Caisse d’Epargne de Marseille au moment de son inauguration, on a écrit :

«L’ensemble de cet édifice, véritable monument, est d’un aspect très moderne avec une inspiration très nette de la belle architecture dite française qui triomphait au dix-huitième siècle. Elle tient du Louis XIV par la puissance, du Louis XVI par la pureté des lignes ».


Au moment du choix de l’architecte, la Caisse avait envisagé de faire un concours mais a finalement abandonné cette idée sur les arguments suivants :

«Une discussion approfondie, où furent examinés, sous tous les aspects, les avantages et les inconvénients du concours, fit écarter ce système comme présentant, sous une apparence démocratique, beaucoup moins d’avantages que d’inconvénients : lenteur des préalables, primes onéreuses, souvent pénurie de concurrents qualifiés, décisions sans appel d’un jury, difficultés et mécomptes de diverses sortes. Il fut décidé de procéder par choix direct, et d’arrêter ce choix sur le nom qui réunirait le plus de garanties de compétence artistique et professionnelle.

hotel-de-la-caisse-d-epargne-place-estrangin-marseille-architecte-tournaire-5A la suite d’un scrupuleux examen des titres de nombreux candidats, le conseil confia l’étude du projet et la direction générale des travaux à monsieur Albert Tournaire, premier grand prix de Rome en 1888, grand prix d’architecture à l’Exposition de 1900, médaille d’honneur de l’Architecture au Salon de 1901, avec obligation de désigner un confrère architecte à Marseille, chargé de le représenter sur place à ses frais et sous sa responsabilité. Ainsi désigné, monsieur Paul Mouren, dont les travaux importants sont connus, fut agréé par le conseil. Il fut décidé en même temps que tous les travaux seraient réservés à des entrepreneurs établis à Marseille ».

Le bâtiment «était sis sur une place très connue, très fréquentée, qu’orne la populaire fontaine offerte par Henri Estrangin » inaugurée par le préfet Delacroix le 16 septembre 1802.

L’immeuble accueille aujourd’hui toujours les locaux de la Caisse d’Epargne.


Joseph Albert Tournaire…

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Portrait d’Albert Tournaire réalisé par Edmond Rostand

est né le 11 mars 1862 à Nice et mort le 11 janvier 1958 dans le 16e arrondissement de Paris. Il remporte le Prix de Rome en architecture en 1888. Au delà de sa carrière d’architecte officiel il est également enseignant à l’école des Beaux-Arts de Paris.

Il deviendra architecte en chef de la ville de Paris et de l’exposition coloniale de 1931 et sera élu membre de Académie des beaux-arts en 1919 et élu président de la Société des artistes français en 1939 et 1945. Il sera nommé grand officier de la Légion d’honneur en 1947.

Albert Tournaire est surtout connu pour ses relevés et ses restitutions du sanctuaire d’Apollon à Delphes, fouillé de 1892 à 1897 par l’École Française d’Athènes sous la direction de Théophille Homolle. Ses dessins furent exposés lors de l’Exposition Universelle de 1900 à Paris, où il obtint une Médaille d’or.

Plusieurs architectes importants au xxe siècle furent ses élèves, parmi lesquels Albert Laprade et Jean-Baptiste Mathon.

Ses principales réalisations

– Palais et pavillons de l’Exposition coloniale de 1895 à Bordeaux
– Hôtel Winter-Palace (1901), Menton
– Villa Arnaga (1903), Cambo-les-Bains ; Villa d’Edmond Rostand abritant un musée consacré à l’écrivain
– Premier musée archéologique de Delphes (1903)
– École des Sourds Muets, dite Institut Baguer, à Asnières-sur-Seine (1905) avec Émile Ulmann
– Construction des locaux du Tribunal de grande instance de Paris (1911), palais de Justice, façade donnant quai des Orfèvres, Paris
– Villa Île-de-France (1905-1912), Saint-Jean-Cap-Ferrat, propriété de l’Institut de France
– Annexe du lycée Fénelon (1911-1913), Paris
– Institut médico-légal (1914), Paris
– Immeubles d’habitation des 28 et 30, avenue d’Eylau, (1912), Paris, où il résida.


SOURCES Wikipédia & structurae.info
PHOTOS  Rvalette & Luc Nueffer & petit-patrimoine.com & Archives

Dominique
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