Arrondissement : 9ème

Le long du du Vallon de la Panousse, dans le 9ème arrondissement se trouvent réunis dans un même lieu les éléments indispensables à l’étude de la chaîne opératoire de l’activité de chaufounier, la fabrication de la chaux, avec notamment un superbe four industriel double avec ses annexes datant du 19ème siècle.

fours-a-chaux-du-vallon-de-la-panousse-13009-marseille-4On trouve également sur ce site au cœur du Parc National des Calanques deux fours circulaires temporaires, la carrière, le combustible et les résidus de cuisson : scories et grappier, et des restes de bâtiments annexes : maison, citerne et écuries.

Des fouilles archéologiques ont été menées en juin et juillet 2016 sur le site avec des études du bâti, des prélèvements pour analyses et des relevés de terrain. Un très beau programme de restauration bénévole a également été mis en place.

En octobre 2016 ce sont déroulées les post fouilles avec lavage, photographie, dessin, conditionnement du mobilier archéologique, infographie et recherches historiques.


Historique

fours-a-chaux-du-vallon-de-la-panousse-13009-marseille-2Le four à chaux ou chaufour est une catégorie de four à calcination dans lequel on transforme le calcaire en chaux par calcination et accessoirement où l’on cuit la céramique. C’est généralement un ouvrage vertical fixe et ouvert par le haut, mais on trouve également des fours horizontaux et rotatifs.

La chaux est obtenue par calcination d’une pierre calcaire à environ 900 °C, dans des fours à chaux, opération pendant laquelle du dioxyde de carbone (CO2) et de l’oxyde de calcium (CaO, aussi appelé « chaux vive ») sont produits. Cette dernière prend l’apparence de pierres pulvérulentes en surface.

L’opération suivante consiste à hydrater (« éteindre ») ces pierres par immersion dans l’eau. Cette réaction très exothermique transforme le CaO en hydroxyde de calcium (Ca(OH)2) et provoque la dislocation ainsi qu’un foisonnement. Le résultat est une pâte, qui prend le nom de « chaux éteinte ». La présence d’autres composés (argiles…) dans la pierre peut modifier la phase d’extinction, conduisant à produire différents types de chaux (voir chaux).

Cette matière, mêlée éventuellement à des agrégats, est utilisée dans le bâtiment pour la confection d’enduits et de mortiers.


fours-a-chaux-du-vallon-de-la-panousse-13009-marseilleAu xixe siècle, suivant les localités en France, on emploie pour combustible le bois de corde, le fagot, la bruyère, les houilles sèches, l’anthracite, les lignites et la tourbe et très rarement le charbon de bois. Le coke convient parfaitement à cette cuisson.

La forme des fours varie avec la nature du combustible pour le bois et la bruyère qui brûlent avec une longue flamme, on construit en briques ou autres matériaux aussi réfractaires que possible de vastes chambres, tantôt prismatiques, tantôt cylindriques beaucoup plus hautes que larges, avec une ouverture plus ou moins étroite dans le bas, on les remplit de pierres réduites au volume du petit moellon et de telle sorte que la charge soit portée sur une ou deux petites voûtes construites à sec avec les matériaux de la fournée les plus convenables à cette construction.

L’entrée de ces voûtes correspond à celle de l’ouverture ménagée dans le bas du four ; c’est le foyer où se brûle le combustible dont la flamme s’insinuant par les vides des petites voûtes, porte de proche en proche l’incandescence dans toutes les parties du chargement.

Le temps qu’exige la cuisson varie selon la qualité du bois de 100 à 150 heures pour un four de 75 à 80 mètres cubes de capacité. C’est par le tassement de la charge arrivé de 1/6e à 1/5e de sa hauteur que les chaufourniers jugent la cuisson terminée. Chaque mètre cube de chaux exige en moyenne 1,66 stère de bois de corde essence chêne, 22 stères de fagots ordinaires et 30 stères de paquets de genêts ou bruyères. Ces chiffres on le comprend peuvent varier par une foule de circonstances dépendant de la qualité du bois, de la grosseur et de la densité de la pierre.

Avec les combustibles sans flamme tels que le coke, la houille sèche, et l’anthracite la pierre réduite par le cassage à la grosseur du poing se cuit au contact même du combustible dans des fours de forme ovoïde ou de cône renversé, en entonnoir.

Les chargements se font par assises alternatives de pierre et de charbon et par le haut au fur et à mesure que la pierre cuite est retirée par le bas. On brûle en moyenne un tiers de mètre cube de houille sèche ou d’anthracite par mètre cube de pierre.

Avec le secours de la vapeur d’eau introduite dans l’air qui alimente la combustion, ces derniers combustibles jettent de longues flammes (gaz à l’eau) et peuvent être employés comme le bois.


Fonctionnement d’un four par empilement du xixe siècle

Les fours à chaux étaient d’imposants fours, de forme cylindrique et avaient une large paroi intérieure le plus souvent revêtue de briques. Grâce à la pierre calcaire qui était réduite en petits morceaux, on pouvait réaliser de la chaux.

Le four était alimenté par son ouverture située en haut (appelée le « gueulard ») dont une rampe permettait le plus souvent l’accès. Les chaufourniers alternaient les lits de pierre et de charbon pour le remplir au maximum, et du bois était apporté au pied du bâtiment pour assurer la mise à feu.

Le chaufournier devait alors toujours maintenir une température entre 800 °C et 1 000 °C tout en gardant le four rempli au maximum en le réapprovisionnant en pierre calcaire et devait également entretenir le feu. Une fois la cuisson faite, la chaux était récupérée grâce à une ouverture basse du four appelée l’« ébraisoir ».

La chaux vive était alors éteinte dans une fosse adjacente à l’aide d’une grande quantité d’eau, le plus souvent à l’aide de canalisations provenant d’une rivière voisine. La chaux éteinte était par la suite placée dans des barils avant d’être utilisée en maçonnerie.


SOURCES Division archéologie, SMPPH, Ville de Marseille & Wikipédia
PHOTOS Dominique Milherou Tourisme-Marseille.com

Dominique
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