Le fort de Tourville, construit sur un ilôt de 3500 mètres carrés par Louis XIV, devint un lieu mondain très fréquenté à partir de 1914, lorsqu’un riche industriel l’offre à sa future épouse Liane Degaby, vedette de music hall. Le lieu est à présent un espace événementiel privé.

Au XVIème siècle, l’île était une sorte de barbacane, une avancée maritime précédant les véritables fortifications. Elle protégeait la ville sur le flanc sud et était censée tomber la première en cas d’invasion.

Louis XIV décida, afin de renforcer les défenses de la rade, d’y faire bâtir un fortin sur les restes d’un aménagement provisoire accolé à une poudrière dont le bâtiment existe toujours.

On donna à ce fort, terminé en1703, le nom de Tourville, juste souvenir de l’Amiral d’Escadre qui commanda tant de batailles destinées à chasser les barbaresques hors de la Méditerranée.

Monsieur de Tourville, mort précisément en 1701, à qui Louis XIV voulut rendre hommage : un capitaine certes,mais pas de pacotille, de ceux qu’on imagine avoir largement participé aux conquêtes royales du Grand Siècle.

Anne Hilarion de Cotentin, comte de Tourville, nait en 1642 en Normandie ; sa famille l’inscrit dès l’enfance dans la légende — ou plutôt dans le postulat d’Etat — par la nomination dans l’Ordre de Malte à l’âge de 14 ans.

Il devient capitaine de vaisseau à 25 ans, mène, la même année, les plus courageuses batailles d’Agosta et de Palerme, sabre les mers du Sud de son héroïsme, est de tous les fronts d’Alger à Tripoli, livre l’abordage de galère à galère.

Sur un seul vaisseau armé en course, il soutient l’effort de six vaisseaux pendant huit heures de combat, ce qui le fait nommer, en 1677, Chef d’Escadre et Lieutenant Général des Armées Navales du Roy, à 35 ans à peine. Libérant Brest des flottes anglaises et hollandaises, il recevra en définitive le titre de Vice-Amiral des Mers du Levant en 1689.

On peut croire aisément que son nom fleurit bien des Forts, des caps et des péninsules normandes, mais sa gloire méditerranéenne lui vaut le nom de cette île sur les cartes du littoral marseillais au XVIIIème siècle.

Et puis les siècles passent, un ou deux… Qui n’ont guère laissé de repères.


En 1861, le Fort fut réorganisé ; il présente l’architecture qu’on lui connaît aujourd’hui.

Encore quelques décennies jusqu’à la Belle Epoque : l’Exposition Universelle, les rêves coloniaux, qui amènent dans la cité phocéenne capitaines d’opérette, commandeurs en habit et leurs troupes d’artistes de music-hall.

Quelques mois avant la guerre de 14-18, la légende veut ressurgir sur le littoral marseillais. L’île et l’eau, symbole d’ailleurs exotiques, le ressac de la mer bleue nous dira-t-il combien de marins endimanchés y amarreront leurs fantasmes pour une poignée de dollars ou les beaux yeux d’une danseuse nue ?..

L’ île aux fêtes…Liane Degaby, artiste célèbre à l’aube de la Grande Guerre, avait posé très avantageusement pour la cause de la Nation.

«S’il le faut» avait-elle soupiré, drapée dans une dignité légère et invisible, le cœur offert à la paix pour les bonnes grâces de ses commanditaires républicains ou -peut- être déjà les exigences d’un impressario. Quoi qu’il en soit, elle fit un beau mariage. L’industriel marseillais, André Lavai succombe au charme de la belle Liane.

Ils étaient très heureux et pour y montrer ce bonheur qu’on ne saurait cacher, l’industriel offre à son égérie une île où ils chercheront le rêve à deux. «On y fera un théâtre pour les muses des mers» s’exclamera Liane Degaby…

Tout le monde s’accorde à trouver le séjour enchanteur, on parle d’heures délicieuses au milieu des flots et l’azur, on consigne dans le livre d’Or le souvenir des minutes douces, d’instants ineffaçables…Cette minuscule traversée — pour laquelle il fallait l’autorisation du capitaine de frégate, chef de l’État Major — prenait des allures de croisière idyllique, d’invitation au voyage : le soleil, les rochers, la mer…

La guerre éclate, la guerre finit, et Lavai revient, valeureux. Les séjours peu à peu s’estompent ; les pillages, le vandalisme finissent par avoir raison de l’enthousiasme de la célèbre propriétaire. Elle qui voulait léguer ce symbole de beauté à la Ville ; elle qui faisait montre de tant de charité, conclut, désespérée : «l’île sera mon tombeau».

Le couple y fait ériger une croix. Le tombeau reste une énigme. A-t-il été construit ?.. Un autre pan du mystère que la légende préférera garder.

Aux fêtes, aux réceptions, succèdent la solitude, les décennies de sommeil, l’île abandonnée,  une deuxième guerre, le renouveau des années 60 fait nourrir des projets grandioses. Monsieur Boursier, restaurateur et homme d’affaires, voulut y installer un complexe hôtelier avec dancing et casino, allant même jusqu’à imaginer de relier l’île à la terre par un téléphérique, un tunnel ou un funiculaire… Et finalement un hélicoptère…

Le mythe américain à nouveau s’évanouit, et l’île passa à de nouveaux propriétaires. Vingt ans encore, l’île est abandonnée, livrée aux visiteurs à qui elle appartient désormais, car le rêve n’est à personne.


Un espace événementiel

Achetée en juillet 2001 par de nouveaux propriétaires, elle retrouve la vocation de la fête que lui avait donnée Liane Degaby et sert de lieu d’exception aux manifestations de Relations Publiques ou d’événements privés.

Le lieu possède aujourd’hui une salle de réception voûtée de 183 m², un office de 28 m², une terrasse extérieure en RDC de 55 m², une terrasse extérieure de 220 m², une terrasse extérieure en toiture de 223 m², une cour principale d’accès de 90 m².

Un Local dit « ancienne batterie » constitué d’une loge gardien de 23 m² comprenant deux pièces et d’une salle d’eau avec un lavabo, une douche et un WC. Un local sanitaires.

A l’intérieur de l’île, il existe un puits naturel, une grotte marine dont l’eau, suivant l’heure, prend des teintes bleues ou vertes … L’île n’en finit pas de susciter les passions, d’en appeler à l’imaginaire des hommes et de fendre de sa proue de rochers un ciel toujours plus profond.

> Visite virtuelle de l’Ile


SOURCES evenementiel-ile-degaby.com
PHOTOS Dominique Milherou tourisme-marseille.com & evenementiel-ile-degaby.com


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Dominique
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