Arrondissement : 8ème

Au numéro 150 de la rue Paradis, se trouvaient les établissements Noilly Prat produisant le célèbre vermouth créé en 1813 par Joseph Noilly à Marseillan dans l’Hérault, à partir d’une recette originale. Son fils Louis Noilly (1801-1865) fonde une première compagnie à Marseille en 1843. Il confie la direction de cette entreprise à Claudius Prat (1824-1859), qui l’année suivante devient son gendre. Mais ce n’est qu’en 1855 que la marque Noilly Prat prend naissance grâce à l’association de Louis Noilly avec Claudius Prat. Un ancien portail d’entrée se situe aujourd’hui encore au niveau du 167 rue Paradis, gravé des initiales N et P. Sur ces terrains un ensemble immobilier a ensuite été construit, surnommé « Le Noilly Prat ».

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Usine Noilly Prat rue Paradis

L’usine construite en 1860 par l’architecte Charles Bodin, a qui l’on doit l’Église Sainte-Eusébie, prit entre 1865 et 1902 une extension considérable sous la direction d’Anne Rosine Noilly-Prat, fille et veuve des fondateurs. (voir sa biographie plus bas).

Le lieu occupait 10 000 m², employait 120 ouvriers à Marseille, avec des succursales à Lyon, Sète et Marseilhan, où l’entreprise s’est repliée en 1989.

Le fils aîné de la veuve Prat, Louis Prat acheta en 1886 une vaste salle de spectacle édifiée en 1870 par Frédéric Valette (1817-1886), un autre négociant en vin, au 200, rue Paradis, en face des usines Noilly-Prat.

La Salle Prat, d’abord connue sous les noms de salle Valette puis de Théâtre des Nations abrita pendant plus de cinquante ans des concerts classiques. Son grand orgue de 1898 est désormais installé à Limoges.


L’élaboration du Noilly Prat est complexe et vise à reconstituer le goût du vin importé en bateau et exposé sur le pont au soleil et aux embruns.

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150 rue Paradis, de nos jours

Deux cépages blancs, le picpoul, vin de plaine, et la clairette, vin des coteaux, sont élevés séparément dans des foudres en chêne, utilisé parce que sa sève blanche ne colore pas le vin et que sa fibre dense laisse peu de place à l’évaporation.

Après huit mois, ils sont transvasés dans des demis-muids, des fûts de chêne du Limousin (plus poreux), et passent un an en plein air.

Au bout de cette longue période pendant laquelle 6 % du contenu des fûts s’évapore (part des anges), les vins sont assemblés selon un dosage bien précis. On y ajoute alors des mistelles et des alcoolats de citrons et de framboises.

Commence ensuite, dans la « Salle des Secrets », la dernière étape de la fabrication, celle de la macération. Une vingtaine de plantes et d’herbes du monde entier sont utilisées selon un dosage gardé secret : camomille d’Italie, coriandre de Bulgarie, écorce d’orange amère d’Espagne, noix de muscade d’Indonésie, centaurée du Maroc, etc.

À La Maison Noilly Prat le processus de macération est une méthode séculaire et traditionnelle connue sous le nom dodinage (remué à la main). Le Maitre de chai va donc tous les jours pendant 21 jours mélanger à la main avec ce fouet ces macérations.


Lanne-rosine-noilly-prat-167-rue-paradis-13008-marseille-6a fille de Louis Noilly et de Madeleine Briget, mérite un grand paragraphe dédié à son histoire…elle est née à Lyon en 1825. C’était une femme d’affaires, spécialisée comme ses parents dans la fabrication de liqueurs mais aussi une bienfaitrice. Elle était l’arrière-grand-mère de la comtesse Lily Pastré, mécène ayant protégé de nombreux artistes juifs sous l’Occupation.

Louis Noilly, confie la direction de son établissement de la rue Paradis à Claudius Prat qui épousera Anne Rosine âgée seulement de dix neuf ans. Ils auront trois enfants :

Louis Prat, né le 17 mai 1845
Jean Prat, né le 30 mars 1847
Marie Prat, née le 27 février 1849, grand-mère paternelle de Lily Pastré.

Anne Rosine perd son mari en 1859 et son père en 1865. Elle devient le chef de l’entreprise Noilly Prat et le restera durant trente-sept ans jusqu’à sa mort.

etablissements-noilly-prat-167-rue-paradis-13008-marseille-5La femme d’affaires ne doit pas faire oublier la dame des bonnes œuvres : elle distribue gratuitement 600 000 litres par an de vin de messe, elle fonde l’asile des Dames du Calvaire pour les femmes incurables et préside la Petite Œuvre pour les jeunes filles pauvres.

Elle offre à sa paroisse de l’église Saint-Joseph (rue Paradis), le maître-autel monumental de marbre et d’onyx commandé aux ateliers de Jules Cantini. Pendant l’épidémie de choléra qui ravage Marseille en 1884, elle se dépense sans compter et visite les malades à domicile ou dans les hôpitaux.

Elle possédait un énorme patrimoine immobilier rue Paradis. Elle était aussi propriétaire d’une bastide à Montredon où se trouve actuellement l’école de la Marine Marchande ; c’est là qu’elle décédera le 16 août 1902.


La serre des Noilly Prat

C’est au Parc Borely dans le Jardin botanique que se trouve cette serre exceptionnelle commandée par la famille Noilly Prat, mais aujourd’hui en bien triste état, conçue dans la seconde moitié du XIXe siècle (1898 selon certains), un modèle du genre dont les poutres intérieures de type Eiffel épousent la fonte, le fer et le verre. La ville l’a acquise en en 1982 sous Gaston Defferre.


SOURCES Wikipédia & La Marseillaise
PHOTOS Google Street View & Archives
VIDÉO TourismeSudFrance

Dominique
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