Arrondissement : 1er

Le numéro 38 de la rue Paradis fut l’adresse de l’épicerie Charles Meunier dans laquelle Stendhal entra comme commis en 1805 après avoir suivi à Marseille son amour du moment. Pendant le séjour de l’écrivain dans la cité phocéenne, le commerce et le logement de l’écrivain sera transféré ici au 14 de la rue Venture, anciennement la rue du Vieux Concert. Devant l’ancienne épicerie trône désormais depuis des décennies une plaque en l’honneur de l’auteur de La chartreuse de Parme et Le Rouge et le Noir.

epicerie-charles-meunier-stendhal-14-rue-venture-13001-marseilleHenri Beyle, plus connu sous le pseudonyme de Frédéric de Stendhal descendit à Marseille pour suivre son premier grand amour. C’est lors de cours de déclamation à Paris afin de bien lire les vers qu’il y rencontre Mélanie Guilbert, dite Louason, jeune comédienne. Il en tombe progressivement très amoureux. Très intimidé, « il n’a pas l’esprit d’avoir de l’esprit » en sa présence.

Ils se voient tous les jours et s’embrassent beaucoup, mais Mélanie ne veut pas d’un amant de peur de se retrouver enceinte. Henri « commence à s’accoutumer au bonheur. » Ils sont amants le 29 juillet 1805, lorsqu’il la rejoint à l’âge de 22 ans à Marseille où elle a obtenu un rôle au Grand Théâtre (devenu l’Opéra Municipal après son incendie).

À Marseille, il tente de se faire banquier, avec son ami Fortuné Mante, mais, son père ayant refusé de lui prêter les fonds nécessaires, c’est un échec. Afin de se préparer au métier de banquier, il lui fallait l’apprentissage des affaires, il avait choisi, pour ses débuts d’être commis dans l’épicerie Charles Meunier au grand dam de ses parents trouvant ce choix « vulgaire ». Rapidement il compris que cette maison ne lui offrait aucun avenir.

Dans le même temps sa vie de couple avec Mélanie finit par le lasser, il la trouve bête, tyrannique et geignarde, mais c’est elle qui part en mars 1806. Un an après son arrivée, ennuyé par la ville, désœuvré, ruiné, Stendhal rentre à Paris le 10 juillet 1806.

Quand à Mélanie Guilbert, elle se suicide le 18 août 1828. Elle voulait que l’on fasse graver sur sa tombe : « Après le malheur d’être, le plus grand est d’appartenir à l’espèce humaine. » Stendhal lui garda son affection et son estime. Il écrivit dans Souvenirs d’égotisme : « Je cours la chance d’être lu en 1900 par les âmes que j’aime, les Madame Roland, les Mélanie Guilbert ».

Après cette épisode marseillais, toute sa vie, Stendhal  conservera une tendresse particulière pour « cette magnifique Marseille » où il reviendra à deux reprises…selon certaines versions c’est ici, qu’il aura l’idée de Julien Sorel, le héros du roman Le Rouge et le Noir paru en 1830…pour d’autres versions la piste de ce personnage et de ce prénom serait italienne. Pour Stendhal, passionnément ému par Florence, ce prénom de Julien renvoyait sûrement à Julien de Médicis.


Stendhal écrira sur Marseille :

« En face de moi, je voyais cette magnifique Marseille, cette ville du Midi par excellence. Elle est placée au fond d’un amphithéâtre formé par des rochers arides comme tous ceux de la Provence. »

« Les gens qui vous entourent ont un air sérieux et une vivacité incroyable, ils semblent ne parler que par exclamations. »

« Après avoir été chassé du Cours par la poussière des tapis, j’ai tourné à droite, dans la magnifique rue nommée Canebière, parce qu’autrefois il y avait là des champs plantés de chanvre qui, en grec, s’appelle Canabis. Cette rue de la Canebière, plus large que la rue de la Paix (à Paris), mène au bout du port, qui a la forme allongée d’une carte à jouer. »


SOURCES Wikipédia
PHOTOS Mappy.fr & peinture de Olof Johan Södermark

Dominique
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