Au commencement du 20siècle le quartier du Terrail était une sorte d’îlot entre les paroisses de Saint Victor, Saint François d’Assise et Saint Cassien. Il dépendait de cette dernière paroisse, mais les relations avec elle n’étaient pas faciles faute, en ces temps là, de voies commodes de communication m’étant en relation des habitants avec l’église paroissiale. Au point de vue religieux, ce quartier semblait abandonné…

eglise-du-roucas-blanc-saint-antoine-de-padoue-marseille-10

Une religieuse, sœur Antoinette, de l’orphelinat des sœurs de Saint Vincent de Paul, 86 Chemin du Roucas Blanc, avait entrepris l’évangélisation de ce quartier, dont elle visitait les pauvres ; elle avait confié à Madame Dupuy le soin de catéchiser les enfants qui faisaient l’effet de petits sauvages, jetant des pierres vers le prêtre qui s’aventurait dans ces parages.

Il y avait à Endoume un religieux Franciscain qui passait par là quelquefois, prenant des raccourcis à travers la colline, pour se rendre chez les Claristes de la rue Wulfran Puget N°17. La sœur Antoinette lui proposa de s’occuper des enfants et aussi de leurs parents, pour les amener à la pratique des devoirs religieux.

Tout en visitant les malades et les pauvres, la sœur Antoinette s’était rendu compte qu’avec beaucoup de misères matérielles, il y avait beaucoup d’ unions irrégulières, d’enfants pas baptisés, de devoirs religieux complètement abandonnés.

Afin de remédier à cet état de chose, la religieuse s’ouvrit au saint religieux Franciscain qui répondit que « le bien ne se ferait que le jour où le Bpn Dieu descendrait dans ce quartier« .

C’est alors que la Sœur Antoinette, d’accord avec le Père Bonaventure, religieux Franciscain dont il est question plus haut et qui avait commencé à visiter les familles du Terrail, alla trouver Monseigneur Fabre, Évêque de Marseille, afin de lui demander la création d’un centre religieux dans ce quartier alors mal famé du Roucas Blanc. L’Évêque de Marseille accueillit avec joie la proposition qui lui était faite.

Il y avait un petit immeuble, situé au bord du chemin, où se trouve maintenant l’église paroissiale. Il se composait au rez-de-chaussée d’une remise avec écurie où l’on abritait les voitures et les chevaux qui assuraient le service entre le Terrail et la ville. A l’étage quelques petites chambres étaient disponibles et pourraient servir au logement du prêtre qui desservirait ce pauvre quartier. Cet immeuble possédait également un petit jardin.

Cet immeuble se trouvait libre depuis que les omnibus de Mr Decanis avaient cessé le service et avaient été remplacés par le tramway électrique.

La sœur Antoinette loua cet immeuble; la remise devient une modeste chapelle et l’écurie, où il y avait encore la mangeoire des animaux, devint sacristie et salle de réunion. Le Roucas Blanc n’avait rien à envier à Bethleem.

D’accord avec Monsieur l’abbé Laval, curé de Saint Cassien, au vallon de l’Oriol, le Père Bonaventure, que la persécution « combiste » avait chassé de son œuvre d’Endoume accepta d’évangéliser le Terrail.

En attendant que la chapelle fut organisée, une première Messe fut célébrée dans la campagne de Mr Picconi “ La Maison Blanche”. Elle fut servie par Mr de la Chesnay, qui y communia avec quelques personnes invitées pour la circonstance.

Pendant plusieurs années, le culte religieux s’abrita dans ce local plus que modeste sous la direction du Père Bonaventure d’abord puis de l’abbé Avau…des unions avaient été régularisées, les enfants avaient été baptisés, les plus grands étaient catéchisés.

La Messe était célébrée chaque jour, le dimanche elle comportait une instruction. Le dimanche soir la cérémonie se composait du chapelet, de l’instruction, et du salut.

Peu à peu les fidèles furent suivis par les indifférents. Ils vinrent assez nombreux tous les soirs, après leur travail. Les premiers venus restaient dans l’écurie-sacristie fumant leur pipe ou leur cigarette en causant avec le Père, et quand l’auditoire était à peu près formé, on secouait les pipes, on éteignait les cigarettes et tout le monde entrait dans la chapelle. Après une prière et le chant d’un cantique populaire, le Père commençait l’instruction qui était suivie de la Bénédiction du Très Saint Sacrement.

Le Père aurait voulu atteindre tous les habitants dans une réunion générale. Pour cela il obtint de la faire dans l’unique salle du quartier, c’était la salle de bal. Il annonça une conférence, avec projection, sur la vie de Jésus Christ. La salle était comble, hommes, femmes, jeunes gens, jeunes filles se pressaient devant l’écran.

Le Père, ne pouvant continuer par lui même l’œuvre commencée, est appelé à différents ministères, se fit remplacer par un de ses confrères qui s’installa au Terrail et continua le service religieux.

1911

La remise-chapelle était devenue insuffisante, il fallait songer à bâtir une église. Pour mener à bien une œuvre pareille, Monseigneur Fabre , évêque de Marseille, fit appel au désintéressement et à l’esprit sacerdotal d’un prêtre resté toujours bien populaire dans le quartier et qui était à ce moment-là vicaire à Saint Vincent de Paul: l’Abbé Désiré Lan. C’était en 1911.

Largement aidé par le Comte de la Chesnais qui donna une partie du terrain et paya largement de sa bonté, le nouveau Curé se mit à l’œuvre.

Un immeuble spacieux et solidement bâti, abrita ce qui devait être la chapelle provisoire et la maison des œuvres au moins partiellement. Le rez-de-chaussée devint la chapelle, le premier étage devint l’ouvroir où quelques jeunes filles, sous la direction d’une religieuse de Saint Vincent de Paul, travaillaient loin de l’attirance et des séductions des ateliers et des bureaux de la ville.

Pendant ce temps on se mettait au travail avec ardeur. Grâce à l’appui de l’Evêché et de nombreux et généreux donateurs, la nouvelle église montait rapidement. En août 1914, au moment où la grande guerre éclate, elle était au 3/4 achevée. Malheureusement la main d’œuvre et les ressources cessèrent et de 1914 à 1920, les travaux furent à peu près arrêtés.

Mais le quartier était loin de se dépeupler, avec la mentalité d’après-guerre, beaucoup de personnes qui n’y venaient autrefois que du samedi au lundi, ou une partie de l’été, s’y étaient installées d’une façon suivie ; d’autres avaient fait bâtir. Une église vaste devenait de plus en plus nécessaire.

1922

C’est alors que, sous l’impulsion de Monseigneur Champavier, encore évêque auxiliaire, les travaux furent repris avec une nouvelle ardeur, et le 11 juin 1922, la nouvelle église était bénie et livrée au culte.

A la fin de la première Mission, prêchée du 11 octobre au 1er novembre 1936, par deux Pères Rédemptoristes, l’église était consacrée par Monseigneur Dubourg, évêque de Marseille le 8 novembre 1936.

Lire la suite ici


SOURCES saint-antoine-de-padoue-marseille.com
PHOTOS saint-antoine-de-padoue-marseille.com & Dominique Milherou Tourisme-marseille.com

FICHE A SUIVRE
Dominique
Avis
Pas d'avis pour le moment. Vous souhaitez être le premier ?
Laisser votre avis
VOTRE NOTE:

Laisser un commentaire

Autres fiches