Arrondissement : 7ème

Visiter ce sanctuaire des premiers temps chrétiens, l’un des mieux conservés en France, c’est évoquer les figures du martyr Victor et de ses compagnons, mais aussi celles de Lazare, le premier évêque de Marseille selon les traditions médiévales et de Marie-Madeleine, la sainte chère au cœur des Marseillais.

C’est également s’inscrire dans une tradition vivante encore aujourd’hui : celle qui rassemble les Marseillais autour de la Vierge noire de Notre-Dame de Confession, particulièrement lors des fêtes de la Chandeleur.

Cet enchevêtrement de chapelles pour certaines creusées directement dans la roche, aujourd’hui sous l’Abbaye Saint Victor, n’est que le résumé de l’histoire du site.

Pour le comprendre, il nous faut remonter dans le temps où la rive Nord du Lacydon (le Vieux Port) était occupée par une nécropole. En effet, dans l’antiquité, on n’enterrait pas les morts au sein de la ville qu’il ne fallait pas souiller.

L’église abbatiale est bâtie sur l’emplacement d’une ancienne carrière exploitée à l’époque hellénistique. La galerie à ciel ouvert atteignait sa plus grande profondeur à l’aplomb de l’actuelle chapelle Saint-André, située dans la crypte de l’abbaye sous la tour d’Isarn, où se trouve l’entrée actuelle.

Cet emplacement sert ensuite à l’époque grecque et romaine de lieu de sépultures s’étendant sur une zone assez vaste et devient le troisième lieu de sépultures de la ville, sur la rive sud du Vieux-Port. Le nom de la rue Sainte conserve le souvenir de cette implantation.

Sarcophage des compagnons de Saint-Maurice de la fin du IVe siècle

Chapelle Saint-Mauront,
y sont exposés les sarcophages des sept dormants, de saint Maurice, des compagnons de saint Maurice et celui de Julia Quintina.

Chapelle Isarn,
on y trouve la dalle funéraire de l’Abbé Isarn, fin du XIe siècle, Cette plaque funéraire fut travaillée dans le fond retaillé et régularisé d’une cuve de sarcophage antique. La dalle est constituée du réemploi d’un fond de sarcophage antique païen qui donne sa forme à l’objet.

Le sommet du corps et les pieds du défunt ont été représentés dans les deux demi-cercles extrêmes tandis que le reste du corps est caché par une inscription dont la disposition, en même temps que la forme littéraire, évoquent une inspiration paléochrétienne.

La qualité de la sculpture et de la graphie impliquent une réappropriation de la tradition de l’Antiquité tardive dans une période qui se situe à l’aube de la renaissance du XIIe siècle.

Chapelle de Notre-Dame de Confession,
Dans cette chapelle, la tombe de 2 martyrs, la statue de N.D. de Confession et le sarcophage de Saint Cassien.

Chapelle Saint-Lazare
Saint Victor, Saint Lazare et la Madeleine, un concentré des dévotions de Saint-Victor, dans cette chapelle, taillée dans le roc. Au moyen-âge, un lieu de culte est taillé dans la roche, dans lequel on célèbre la mémoire de saint Victor. 2 colonnes soutiennent la voute, dont l’une et surmontée d’un superbe visage dans laquelle les Marseillais ont vu une figuration de leur 1er évêque, saint Lazare.

Chapelle Saint-André
L’actuelle chapelle Saint-André se situe approximativement à l’entrée du site d’exploitation de la carrière dominant la rive sud du Lacydon occupée par un cimetière antique.

Au Ve siècle, cette partie du site a commencé d’accueillir des sépultures. Après une première organisation de l’espace sous forme d’un enclos funéraire (aréa), une nouvelle réalisation architecturale prend place, qui correspond, par sa logique à l’installation du sanctuaire paléochrétien, au sud.

Au XIIe siècle, la construction de la Tour d’Isarn enveloppa l’entrée originelle tout en constituant pour elle une sorte d’écrin. Au XIIIe siècle, le passage devint une chapelle lorsque la construction d’un mur au nord ferma l’accès primitif.

Paradoxalement, la chapelle Saint-André occupe maintenant une position marginale à l’une des extrémités des cryptes.

L’abbaye est venue se superposer à ce batiment au 13° siècle et ainsi elle l’a transformé en crypte … Les aménagements de la période médiévale, la reprise de l’activité de la carrière au 13° siècle et les constructions plus tardives ont sévèrement perturbé la compréhension du site.

Ouvert chaque jour de 9h à 19h. Entrée payante.


SOURCES www.saintvictor.net Marseilleforum.fr / Coco
PHOTOS Dominique Milherou & Archives & saintvictor.net

Dominique
Avis
Pas d'avis pour le moment. Vous souhaitez être le premier ?
Laisser votre avis
VOTRE NOTE:

Laisser un commentaire

Autres fiches