Arrondissement : 2ème

Dès 1630, la ville avait établi dans le Panier, sur la place dîtes aujourd’hui du Refuge en référence à cette époque, une œuvre dite des « Repenties » ou de « Sainte-Marie-Madeleine » qui recevait des femmes de mauvaise vie ayant prétendument la volonté de se repentir. Cette première tentative de redressement échoua car les plus délurées des détenues parachevaient l’instruction des novices ! Cet échec explique l’éclatement de cette première institution en 1640 avec la fondation du « Refuge ».

La Place du Refuge de nos jours avec en rouge le contour de l’ancien îlot et en surbrillance jaune l’emplacement des bâtiments détruits

On installa ensuite en 1652  l’Hôpital Saint-Joseph, un immense couvent appelé populairement « la galère des femmes » en raison de l’extrême sévérité qui y sévissait…il servait à la fois d’hôpital et de prison pour les prostituées poursuivies devant les tribunaux et enfermées dans cette institution.

Cet îlot était bordé par la rue du Refuge à l’Est, la rue des Repenties au Sud, la rue Baussenque à l’Ouest et le traverse du Puits-Bausenque qui débouchait dans la rue des honneurs au Nord (voir le plan d’origine dans la galerie photo).

Les consuls de Riquetti, de Lascours et Malaval, membres de la Compagnie du Saint Sacrement, accordèrent le 4 décembre 1640 à leur confrère Pierre Bausset, Sieur de Roquefort et chanoine de la Major, la permission de fonder une Œuvre destinée à enfermer les femmes prostituées ou prétendues telles.

Ce dernier, consul en 1647, matérialisa la fondation par l’achat d’une maison sous les Moulins et devint recteur en 1659. A partir de 1652, le Refuge fonctionnait difficilement mais assurément.

La place de nos jours, emplacement du Couvent, du Refuge et de l’Entrepôt

Les femmes adultères, les concubines, les femmes vivant maritalement, les jeunes filles naïves ou se livrant à un certain « maraîchinage » (baiser voluptueux intrabuccal !), les femmes écartées par leur famille pour des motifs le plus souvent sordides, y côtoyaient les délinquantes, simples prostituées ou maquerelles.

Officiellement, Louis XIV, confirma cette « retraite contre le vice » et cet « asile contre la nécessité » afin d’assurer « la tranquillité publique », son propre repos et « la gloire de Dieu ».

Toujours sur ce même îlot, voisinait à partir de 1690, l’Entrepôt, le local dans lequel on entreposait gratuitement les femmes enceintes jusqu’à leurs couches. En 1735, le Refuge neuf était mitoyen de l’Entrepôt et le couvent des Repenties, perpendiculaire à cet ensemble touchait l’Entrepôt.

Le Refuge comprenait trois étages et 213 « chambres » individuelles dont les portes fermaient à clef. Au rez-de-chaussée se trouvaient deux parloirs : un pour les condamnées et un pour les religieuses.

La chapelle de l’établissement, qui scindait le corps de Refuge en deux corps de logis particulièrement inégaux, séparait les religieuses des condamnées, jouant ainsi le rôle de sas.

Cette chapelle serait aujourd’hui le seul bâtiment encore visible, occupé par le Centre d’Animation du Quartier.

Le Refuge de Marseille sombra sous la Révolution.

Découvrez l’intégralité de cette histoire du refuge dans l’article paru dans la revue scientifique Provence Historique, tome 32, 1982


SOURCES Afmeg & Pouvoirs et contestations : la prostitution à Marseille au XVIIIè siècle (1650-1830)
PHOTOS Archives & Dominique Milherou Tourisme-Marseille.com

Dominique
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