Arrondissement : 6ème

La Rue des Trois Frères Barthélemy se nommait autrefois la rue des Minimes car elle conduisait à l’ancien couvent de cet ordre religieux, dont la première pierre fut posée le 13 janvier 1590. Dans cet établissement étaient étudiés la botanique, les mathématiques, l’histoire et l’astronomie et possédait l’une des plus belles bibliothèques de l’époque avec près de 5 000 ouvrages qui deviendront à la destruction du couvent lors de la Révolution la base de la bibliothèque municipale de Marseille.

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Louis Feuillée

Le père Louis Feuillée explorateur, botaniste, géographe et astronome appartenaient à cette maison marseillaise située entre les rues Ferdinand-Rey et Saint-Pierre.

Feuillée a la chance dès son arrivée de rencontrer Jean-Mathieu de Chazelles (1657-1710) qui l’initie à l’astronomie et la cartographie dans son observatoire des galères.

Il y rencontre également le père Charles Plumier, entré dans l’ordre des minimes à 16 ans et botaniste de talent, c’est lui qui enseigne à Louis Feuillée la botanique.

Charles Plumier se consacre à l’étude des mathématiques et de la physique, il est également un excellent peintre, devenant même peintre naturaliste pour les explorations aux Amériques commanditées par le roi Louis XIV…il y décrira quelque 6 000 plantes.

C’est Charles de Casaulx qui posa la première pierre de ce couvent. Né à Marseille le 20 mars 1547 et décédé dans la cité phocéenne le 17 février 1596, il a été capitaine de la milice bourgeoise de Marseille; il prit la tête des ligueurs, et s’empara du pouvoir dans la ville en février 1591 et imposa une « dictature marquant la défaite temporaire de l’aristocratie marchande locale. »

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Charles de Casaulx

Il a été premier consul de 1591 à son assassinat en 1596.

Le bâtiment de l’église est détruit à la Révolution mais la prestigieuse bibliothèque de 4 800 volumes sera sauvée par les démolisseurs et deviendra la base de la bibliothèque municipale de Marseille.

Quant à L’Ordre des Minimes, c’est-à-dire « les tout petits », c’est un institut religieux d’ermites mendiants et pénitents fondé en 1436 par saint François de Paule (1416-1507), et approuvé en 1474 par les autorités ecclésiastiques.

A Marseille, l’église Saint-Michel est offerte, en 1575 aux Minimes qui y construisent un couvent.

S’étant retiré pour une vie d’ermite, saint François de Paule (né vers 1416 à Paola/Paule, en Calabre) attire des disciples qu’il regroupe en leur donnant le nom le plus modeste possible. Bien qu’ermites de vocation, leur spiritualité est franciscaine.

Plan de 1791 de la Plaine, avec en rouge le couvent

Ils se considèrent comme les « plus petits dans la maison de Dieu », c’est-à-dire les tout petits frères (« minimes », les franciscains étant quant à eux « mineurs »). Leur règle est d’une extrême austérité.

Les religieux Minimes portent une tunique de drap noir à larges manches, un court scapulaire avec un capuchon rond. La tunique et le scapulaire sont serrés par un cordon de laine noire à cinq nœuds.

Ils essaiment à l’origine en Calabre et en Sicile. Ils s’imposent alors une vie rigoureuse en ajoutant aux trois vœux de chasteté, obéissance et pauvreté celui de la vie de carême, s’interdisant pour toute sa vie de manger viande, lait et œufs.

L’ordre est approuvé par le pape Sixte IV en 1474, avec tous les « privilèges » des ordres mendiants. Ils se propagent en France (appelés à Plessis-lèz-Tours par Louis XI atteint par une attaque d’apoplexie), en Espagne et en Allemagne (où ils sont appelés Paulaner et donnent naissance à une bière fameuse). C’est à cette époque qu’ils adoptent un mode de vie cénobitique, abandonnant la vie érémitique.

Il se dédient dans les siècles suivants à la prédication et à la pénitence. Après le concile de Trente, ils se vouent aussi aux études (physique, mathématiques, philosophie, etc.) et à la contre-réforme.

couvent-des-minimes-charles-de-casaulx-rue-des-trois-freres-barthelemy-marseille-2Au xviie siècle, l’ordre compte 457 couvents, dont 156 en France. Ils sont expulsés et interdits dans de nombreux endroits par les souverains empreints du despotisme éclairé du XVIIIe siècle, puis par différents mouvements socio-politiques du XIXe siècle. Dans les années 1990, ils n’étaient plus que deux cents religieux environ. En 2010, un recensement exhaustif donne le chiffre de cent quatre-vingts religieux répartis en quarante-cinq maisons.

De nouvelles constitutions atténuant la rigueur de la règle originelle sont édictées en 1973 et en 1986, selon les directives de l’après concile Vatican II.

Le supérieur général (appelé correcteur général) siège à Rome à l’église Saint-François-de-Paule. C’est aujourd’hui le P. Francesco Marinelli


SOURCES Wikipédia
PHOTOS Archives & Google Street View & Plan de 1791

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