Arrondissement : 1er

Ce couvent des frères Mineurs a été construit en 1215. L’établissement qui s’étendait de la rue du Tapis-Vert à la rue Thubaneau a été détruit en 1524 pour faciliter la défense de la ville lors du siège de Charles III de Bourbon, connétable aux ordres de Charles Quint. C’est dans ce couvent que fut enterré Saint Louis d’Anjou…une dépouille célèbre et très convoitée qui aura bien du mal à trouver le repos éternel…volée par Alphonse V d’Aragon en 1423, elle sera rendue en partie à Marseille en 1956 sous la forme de deux vertèbres, de nouveau volées en 1993 ! Saint Louis donnera ainsi son nom au Cours Saint Louis tout proche de l’ancien couvent.

Emblème des frères Mineurs

L’Ordre des frères mineurs dont les membres sont couramment appelés Franciscains, est un ordre religieux catholique né en Italie sous l’impulsion de saint François d’Assise en 1210. À l’imitation du Christ, les membres tentent de vivre une vie de grande pauvreté et simplicité évangélique.

Insistant sur l’aspect de fraternité dans leur vie les franciscains ont choisi de s’appeler « frères », bien que, aujourd’hui, la majorité d’entre eux sont en fait prêtres.

Quant à  Saint Louis d’Anjou, enterré un temps dans ce Couvent des Frères Mineurs, il était le fils de Charles II, roi de Naples, et de Marie de Hongrie ainsi que le petit-neveu de Louis IX, roi de France.

Nommé Évèque de Toulouse en 1296, il entreprend un voyage à Rome…en chemin il s’arrête à Tarascon (Bouches-du-Rhône) puis à Brignoles, sa ville natale. Là il tombe gravement malade et meurt le 19 août 1297 à l’âge de 23 ans.

Le couvent des frères mineurs à Marseille fut choisi pour être sa sépulture. Le corps de Louis fut traité suivant la coutume du temps qui allait bientôt être condamnée par l’église et qui consistait à séparer les chairs des os.

Les chairs furent ensevelies sur place dans le cloître des frères mineurs, tandis que les os furent transportés dans l’église des frères mineurs de Marseille qui se trouvait à l’extérieur des remparts sur des terrains compris entre les rues Tapis-vert et Thubaneau. Sa tête ira au couvent de Santa-Chiara à Naples, sa mitre et ses gants à Brignoles.

Sa réputation de sainteté fut si grande que l’évêque de Marseille, Durand de Trésémines, sollicita du pape Clément V un procès de canonisation qui fut confié à Guy de Neufville évêque de Saintes, et à Raymond évêque de Lectoure. Le 7 avril 1317, le pape Jean XXII, ancien official de Louis d’Anjou à Toulouse, publie en présence du roi Robert Ier de Naples la bulle de canonisation.

Consécration de saint Louis de Toulouse par Pietro Damini

Le 8 novembre 1319 le roi Robert, accompagné de son épouse la reine Sancha de Majorque et de nombreux cardinaux, se rendit à Marseille pour assister à la translation des restes de son frère du caveau où il reposait au maître-autel du couvent des frères mineurs.

De retour d’une campagne contre Louis III d’Anjou en 1423, la flotte d’Alphonse V d’Aragon passe devant Marseille et l’attaque. La ville est prise le 20 novembre 1423 et le Sac de Marseille dure trois jours. Les Aragonais dévastent le couvent des frères mineurs.

Les reliques de saint Louis d’Anjou sont trouvées sur une indication obtenue par les pillards, dans une maison de la ville où elles avaient été mises à l’abri avant l’attaque. Le roi les fait transporter sur ses navires. La chaîne qui barre l’entrée du port est également enlevée. Ces trophées sont déposés dans la cathédrale Sainte-Marie de Valence.

Reliquaire en argent de saint Louis d’Anjou (xve-xviie siècle), musée du Moyen Âge de Cluny

Au xvie siècle, le couvent des frères mineurs qui se trouvait à l’extérieur mais très près des remparts, dut être rasé pour faciliter la défense de la ville contre les attaques des troupes de Charles Quint commandées par le connétable de Bourbon.

Le siège dura du 19 août au 28 septembre 1524, mais la ville résista.

Malgré diverses interventions, ces prises de guerre demeurèrent en Espagne.

Cependant en 1956 l’archevêque de Valence Marcelino Olaechea y Loizaga et l’archevêque de Marseille Jean Delay trouvèrent un compromis :

deux vertèbres du saint furent ramenées à Marseille le 24 juin 1956 et placées dans l’église des Augustins où se trouvait auparavant une église des Templiers.

Les deux vertèbres ont été volées en 1993 et jamais retrouvées.


SOURCES Wikipédia
PHOTOS Archives & Google Street View & Jastrow & Antonio Vivarini

Dominique
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