La rue des Feuillants est revenue dans l’actualité avec la rénovation de son Îlot éponyme et la construction d’un hôtel 4 étoiles…mais cette rue est ainsi nommée car elle accueillait le Couvent masculin des Feuillants, un ordre monastique Bernardin…et ce à l’emplacement même où l’on peut aujourd’hui déguster des pizzas ou encore acheter des produits alimentaires discount. Un plan de 1791, année ou l’ordre fut dissous, place encore le couvent et son jardin.

Plan de 1791

Les Feuillants, Folietani, sont les membres d’un ordre monastique bernardin de la règle de Cîteaux, issu de l’ordre des Cisterciens. L’ordre tenait son nom de l’abbaye cistercienne de Notre-Dame de Feuillant dans l’ancien diocèse de Rieux près de Toulouse.

Fondée vers 1145, devenue commendataire en 1493 et livrée au gouvernement de séculiers étrangers à la vie monastique, cette abbaye passe ainsi en 1562 aux mains de Jean de la Barrière (1544-1600). Converti, celui-ci décide d’y vivre personnellement comme moine (1573) et, devenu effectivement abbé (1577), entreprend de restaurer l’ancienne observance.

D’autres maisons adoptent sa réforme : ils devaient avoir la tête et les pieds nus, dormir sur des planches, manger à genoux, s’imposer des privations surhumaines ; par la suite, l’austérité de cette règle fut adoucie.

Mais l’opposition est telle, au sein même de l’ordre cistercien, qu’il faut en venir à une autonomie totale. Feuillant donne alors son nom aux religieux de l’ordre dont il est devenu la tête.

Emplacement actuel de l’ancien Couvent à Marseille

À la demande d’Henri III une communauté fut établie à Paris, rue Saint-Honoré, en 1587, qui se signala par la part active que ses religieux prirent aux guerres civiles du temps de la Ligue : Bernard de Montgaillard, dit le Petit Feuillant, se signala surtout par la véhémence de ses sermons. La lutte finie, Henri IV les traita avec bienveillance.

Des moines comme dom Sans de Sainte-Catherine, dom Eustache de Saint-Paul y font figure de grands directeurs spirituels au temps de ce que Brémond a appelé « l’invasion mystique ».

En 1630, le pape Urbain VIII sépara les Feuillants d’Italie, sous le nom de Réformés de Saint-Bernard, des Feuillants de France .

Les Feuillants de Paris, devenu chef d’ordre, prirent le vocable de Saint Bernard de la Pénitence. Le monastère de Paris connut un grand développement. Cette maison, fondée en 1587, occupait l’emplacement actuel de la rue Castiglione et de la partie de la rue de Rivoli qui longe les Tuileries.

Les Feuillants portaient une robe blanche avec un capuce blanc.

En 1789, Les Feuillants ne comptaient plus en France que cent soixante-deux religieux répartis en vingt-quatre maisons. L’ordre fut dissous en 1791.

À la Révolution, la Constituante installa ses bureaux chez les Feuillants de Paris et le Club des Feuillants, club politique qui groupait modérés et monarchistes constitutionnels y trouva également son lieu de réunion. Le monastère hébergea Louis XVI et les siens du 10 au 12 août 1792.

L’ordre ne compta jamais plus de deux monastères féminins, l’un fondé à Montesquieu-Volvestre en 1588 puis transféré à Toulouse, l’autre établi à Paris dans le faubourg Saint-Jacques en 1622. Victor Hugo a évoqué ces Feuillantines.


SOURCES Wikipédia
PHOTOS Plan de 1791

Dominique
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