Au bord de l’autoroute du Soleil, ce très beau bâtiment en pierre de taille de 1885, devenu le siège d’Avenir Telecom en 2000, accueillait à l’époque coloniale une usine de la Compagnie Franco-Indochinoise spécialisée dans le riz.

compagnie-franco-indochinoise-des-riz-avenir-telecom-206-boulevard-de-plombieres-13014-marseille-6Ce très bel édifice entièrement réhabilité en l’an 2000 pour plus de 3 millions d’euros, par la Ville de Marseille, Marseille Aménagement et le cabinet d’architecture Lévy & Magnan avait tout pour favoriser le succès et le développement d’Avenir Telecom, une entreprise marseillaise du secteur de la distribution de téléphonie mobile et accessoires…

Malheureusement 16 ans après son installation, début 2016 l’entreprise est placée en redressement judiciaire avec la fermeture de ses magasins Internity et la mise au chômage de 260 collaborateurs. Cotée en bourse le cours de l’action est passé de 32,40€ en février 2000, à 5,00€ en février 2001, 1 an après, pour atteindre un plus bas cours de 0,07€ le 22 décembre 2015.

En Janvier 2017 le Tribunal de commerce de Marseille a renouvelé pour six mois la période d’observation dont bénéficie Avenir Telecom dans le cadre de son redressement judiciaire. Le 13 juillet 2017 la justice validera le plan de continuation de l’activité.


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Le site avant sa réhabilitation

Le siège de la Compagnie Franco-Indochinoise (FIC) 

Avec la construction de l’empire colonial les liens entre Marseille et l’Indochine se resserrent et se modifient. Ils sont dus pour l’essentiel à la position géographique de Marseille, son port, les activités portuaires et plus généralement l’ensemble des activités économiques. Tout cela fait de Marseille le port privilégié de l’Indochine.

La part de l’Indochine dans les importations de riz à Marseille passe de 0 en 1875 à 45.380 tonnes en 1900, alors que l’industrie rizière y est présente depuis 1860. Depuis et jusqu’en 1940, 80 à 96 % du riz reçu à Marseille sera indochinois. Le riz est bien sur destiné à l’alimentaire mais il est aussi utilisé pour l’amidonnerie et la brasserie.

En 1910, deux génois, les frères Pellas édifient dans le quartier Sainte-Anne à Marseille, les Rizeries de la Méditerranée, établissement Pellas Frères. Les industriels français n’apprécient guère ces implantations italiennes et dans les premiers mois de 1928, les Rizeries de la Méditerranée sont absorbées par les Rizeries du Havre, la nouvelle société prenant comme raison sociale le nom de Compagnie Franco-Coloniale du Riz et exploite des rizières en Indochine mais aussi à Madagascar.

Le site avant sa réhabilitation

Minoritaires les frères Pellas sont évincés quelques mois plus tard lorsque la Compagnie Franco-Indochinoise (la FIC), fondée en 1912, dont le siège est parisien s’empare de la société.

La FIC possédait des usines à Marseille dont celle du 206 Boulevard de Plombières qui concevait en autre des aliments composés pour les animaux.

Le Viêt Nam, le Laos et le Cambodge voient leurs indépendances reconnues par les accords de Genève de 1954. La fin de l’empire colonial en Indochine marquera également la dernière année de la FIC.

Je n’ai pas trouvé de traces précisément sur ce qui adviendra du bâtiment marseillais de 1954 jusqu’à sa reprise par Avenir Telecom en 2000.

Selon un internaute ayant commenté cet article « le bâtiment est resté longtemps à l’abandon…il y nichait une énorme colonie de pigeons, était ouvert aux quatre vents le terrain était une jungle, le tout était caché par l’usine d’emballages ».

Le bâtiment arbore également un grand blason (voir dans l’onglet photo) les initiales « EPF » et la date de 1885, mais je n’ai trouvé aucune trace historique de ce qui a pu être l’entreprise fondatrice des lieux ou l’architecte.



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Dominique
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