Arrondissement : 9ème

En 1969, le 32 boulevard Schloesing accueille, deux ans après la toute première installation du genre à La Farlède dans le Var, un cinéma drive-in inauguré par la star du moment Jean-Paul Belmondo. À l’instar des États-Unis, sur une aire aménagée à ciel ouvert, le film était projeté sur un écran géant, une borne à proximité de chaque voiture permettait d’avoir accès au son et au chauffage. Il y avait aussi un système de restauration rapide et l’on pouvait se faire servir dans les voitures. La salle en plein air perdurera jusqu’en 1980. C’est aujourd’hui un McDonald’s et un drive-in d’un autre genre qui occupe l’emplacement… 

Le premier drive-in de France dans le Var, Capture d’écran/INA.fr

La Farlède dans le Var accueillait en 1967 le premier « Drive in ciné » de France. Un cinéma pour automobilistes installé sur un vaste terrain situé à la sortie Est de Toulon, en bordure de la Nationale 97. Ce projet était porté par un entrepreneur voyageur, qui avait puisé son inspiration au Kenya. La séance la plus prisée était selon la rumeur celle du vendredi à minuit, créneau réservé aux films X.

Le drive-in (ou ciné-parc en France) fut inventé en 1932 par l’américain Richard M. Hollingshead. Cette même année il réalise ses premiers tests dans son allée du 212 Thomas Avenue à Camden dans le New Jersey.

Après avoir fixé un écran aux arbres dans son arrière-cour, il installe un modèle sorti en 1928 de projecteur de marque Kodak sur le capot de sa voiture et met une radio derrière l’écran.

Le premier drive-in à Camden (New Jersey), en 1933

Il teste différents niveaux de sons via les vitres de sa voiture en position ouverte ou fermée. Le nombre de véhicules de son voisinage lui ont permis de déterminer la taille des rangs et l’espace entre les rangs de sorte que les voitures puissent avoir une vision correcte de l’écran.

 

Poursuivant ses expérimentations, Il déposa le 6 août 1932 une demande de brevet de son invention, qu’il obtint 16 mai 1933. Cependant cette patente fut déclarée invalide 17 ans plus tard par le tribunal du Delaware.

Ainsi le premier drive-in de Richard M. Hollingshead ouvrit le 6 juin 1933 dans le New Jersey sur le boulevard de l’Amiral Wilson à Pennsauken. Il donnait pour argument de vente que le drive-in est un lieu où « toute la famille est la bienvenue, sans avoir à se soucier du bruit que font les enfants. ». Ce drive-in ne resta ouvert que 3 ans, mais d’autres États ont acheté le concept pendant cette période.

La popularité du drive-in s’explique par son prix qui est aligné sur ceux du cinéma traditionnel, et sur le fait que les familles peuvent venir avec leurs petits enfants sans craindre de déranger la salle. Avant la Seconde Guerre mondiale, il y avait environ 100 grands drive-in au niveau national.

Le pic de popularité du drive-in se situa dans les années 1950 et début 1960, particulièrement dans les zones rurales, avec quelque 4 000 drive-in à travers les États-Unis. Les revenus des drive-in étaient plus restreints que ceux des salles de cinéma ordinaires, puisque la première condition pour que la projection puisse avoir lieu dans les conditions optimales était qu’il devait faire nuit. Il y eut des tentatives pour recréer des conditions acceptables en plein jour comme d’installer de grandes structures en toile de tente, mais rien ne fut vraiment concluant.

Dans les années 1950, la plus grande intimité ainsi fournie aux clients donna aux drive-in une mauvaise réputation, jugés alors comme immoraux, et étiquetés de « passion pits », c’est-à-dire littéralement de « puits des passions », par les médias. Dans les années 1970, certains drive-in ont échangé leur films familiaux en films d’exploitation. Toujours dans les années 1970, certains drive-in ont même commencé la projection de films pornographiques aux heures les moins fréquentées par les familles afin de pourvoir à des revenus supplémentaires.

Ce qui posait problème était le fait que des films censurés étaient susceptibles d’être vus par un large public, certains films étant totalement illégaux. Ceci conduisit aussi à s’interroger sur la fiabilité et l’incontrôlabilité des médias pour adultes au sein du grand public.

Les adolescents aux revenus modestes développèrent alors une méthode ingénieuse pour voir les films projetés au drive-in gratuitement : deux adolescents (habituellement un couple) prenaient leur voiture pour se rendre au drive-in et achetaient deux billets. Après être entrés et choisis une place, le chauffeur ouvrait le coffre où se cachaient d’autres adolescents qui s’installèrent alors dans la voiture.

Ainsi ils se partagèrent le prix du ticket ou encore payaient leur ticket à tour de rôle afin d’assurer une totale équité.


Vidéo d’octobre 1967, drive-in de La Farlède dans le Var


SOURCES Wikipédia & Varmatin
PHOTOS Wikipédia & La Provence & INA.fr

Dominique
Avis
Pas d'avis pour le moment. Vous souhaitez être le premier ?
Laisser votre avis
VOTRE NOTE:

Laisser un commentaire

Autres fiches