Arrondissement : 5ème

Avec ses 63 hectares, le cimetière de Saint-Pierre est le plus grand cimetière de la ville de Marseille. Ses 100 000 tombes la place comme la troisième nécropole de France après Pantin (130 hectares) et Thiais (106 hectares). La richesse de ses sculptures et stèles, sa végétation et ses panoramas, font de cimetière un lieu de mémoire très réussi .

Contrairement à l’époque grecque et romaine où les sépultures se trouvaient à l’extérieur des villes, les inhumations s’effectuent du Moyen Âge jusqu’au xviiie siècle dans des cimetières à l’intérieur des villes et même à l’intérieur des églises pour les ecclésiastiques et les nobles.

Aux environs de 1770 l’offensive contre les inhumations urbaines commence, à Marseille comme ailleurs. En 1771 parait chez Mossy l’ouvrage du docteur Olivier, au titre explicite : « Sépultures des Anciens, où l’on démontre qu’elles étaient hors des villes, l’on donne les moyens de revenir à l’ancien usage et l’on expose les effets de la putréfaction sur l’air et sur nous ».

Le but de l’auteur est clair : « En exposant au public les dangers dans les églises et les villes, j’ai voulu le prémunir contre ces abus que la coutume, le préjugé et la vanité soutiennent ».

Une ordonnance royale du 10 mars 1776 interdit d’inhumer dans les églises ; elle prévoit que les cimetières devenus insuffisants soient agrandis et que ceux placés dans l’enceinte des habitations soient portés, autant que les circonstances le permettent en dehors de l’enceinte des villes.

Cette ordonnance qui supprime le choix du lieu de sépulture dans une église en imposant le cimetière ne fait qu’accélérer une évolution en cours.

Pour satisfaire cette nouvelle réglementation, la ville de Marseille achète du 9 octobre 1819 au 16 décembre 1820 plusieurs terrains d’une superficie totale de 87 730 m2 pour y créer le cimetière qui prendra le nom de Saint Charles, celui du quartier.

C’est alors le seul lieu de sépulture reconnu, les autres, situés près des églises étant simplement tolérés. Mais ce cimetière est très vite condamné car il ne peut plus s’étendre.

Il est en effet contourné par la nouvelle voie ferrée et se trouve très vite à l’intérieur de la ville du fait de l’urbanisation qui se développe au xixe siècle.

Un nouveau cimetière, celui de Saint Pierre, est donc créé en 1855 à partir des jardins de plusieurs bastides et aménagé par Sixte Rey.

Il est béni le 25 septembre 1855. Celui de Saint Charles est définitivement fermé par décision municipale du 24 mai 1876, confirmée par arrêté préfectoral du 15 juin 18764. Les terrains de cet ancien cimetière Saint Charles serviront notamment à l’implantation de la nouvelle faculté des Sciences.

Malgré une opposition des habitants du quartier qui protestaient contre l’insalubrité qui résulterait de la présence du cimetière, la déclaration d’utilité publique est prononcée par décret impérial du 7 avril 1855 et les premières inhumations se font en janvier 1856.

Le transfert des dépouilles mortuaires de l’ancien cimetière Saint Charles a lieu de 1856 à 1863 et le préfet Maupas prend un arrêté y interdisant les inhumations le 10 décembre 1863. L’inauguration officielle du cimetière Saint Pierre est effectuée le 30 décembre 1863 par le préfet Maupas et le maire de Marseille Rouvière.


Quelques personnalités enterrées au cimetière Saint-Pierre

Edmond Rostand (1868-1918), dramaturge marseillais, auteur de Cyrano de Bergerac

Vincent Scotto (1874-1952), compositeur d’opérettes

Henri Verneuil (1920-2002), cinéaste

Gaétan Picon, qui créa l’apéritif marseillais Picon

Louis Noilly et Claudius Prat, qui créèrent le Noilly Prat

Gaston Defferre
(1910-1986), ancien ministre de l’Intérieur, candidat à l’élection présidentielle de 1969 et maire de Marseille


SOURCES Wikipedia
PHOTOS Dominique Milherou tourisme-marseille.com

Dominique
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