Arrondissement : 7ème

L’ingénieur polytechnicien Paulin Talabot fait construire en 1860 une superbe bâtisse sur la colline du Roucas Blanc par l’architecte Louis-Jules Bouchot, le créateur des gares de Nice et Milan.

chateau-talabot-colline-du-roucas-blanc-architecte-louis-jules-bouchot-marseillePaulin Talabot est un ingénieur polytechnicien français du xixe siècle, né le 18 août 1799 à Limoges et mort le 21 mars 1885 à Paris. Il a contribué à l’essor du chemin de fer en France et à l’étranger. C’était également un banquier important qui participa à la fondation du Crédit lyonnais et de la Société générale. Enfin c’était un homme politique : il a été député et président du conseil général du Gard.

Il est le quatrième des huit enfants (cinq garçons et trois filles) de François Talabot (1764-1839), avocat au parlement de Limoges, puis président du tribunal civil de Limoges, et Marie Agathe Martin-Lagrave.

Les origines de la famille sont un peu plus modestes, son grand-père Marcel (1720-1777) étant tout de même laboureur (donc propriétaire et paysan aisé).

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Paulin Talabot

À la naissance de Paulin, son père est un bourgeois et un notable de la ville : il a été avocat au présidial avant d’occuper, après la Révolution, la fonction de président de son tribunal civil pendant vingt ans.

Disciple de Barthélemy Prosper Enfantin, il fut plus tard un grand entrepreneur de chemins de fer et un grand capitaine d’industrie français.

La compagnie minière de Rochebelle et des forges de Tamaris (Alès) dirigée par le maréchal Soult l’ayant appelé pour améliorer le transport du charbon entre Alès et le canal du Midi Beaucaire-Aigues-Mortes (1829-1834) dans le Gard, près de Nîmes, Talabot opte finalement pour le chemin de fer, en raison de l’étiage du Gardon d’Alès en été.

Ce dernier participe à la création en 1836 « Compagnie des Mines de la Grand’Combe et des chemins de fer du Gard. » Au cours de voyages en Angleterre, il est allé se former auprès de Robert et George Stephenson qui l’initient et l’aident pour installer son propre chemin de fer entre Beaucaire et La Grand-Combe où l’attendent d’importants gisements en charbon.

La gare de Ners entre Nîmes et Alès est d’ailleurs d’architecture anglaise, évocation sans doute de Paulin Talabot à ses maîtres britanniques.

Constructeur des premières lignes dans le Sud-Est de la France avec notamment pour proche collaborateur Charles Dombre, il étudie la jonction de la Méditerranée à la mer Rouge (1845-1847), et s’emploie par des fusions à former la compagnie du chemin de fer Paris-Lyon-Méditerranée (PLM), dont il devient le directeur général (1862-1882).

Avec Jules Mirès, Il modernise le port et reconstruit les Docks de Marseille (en collaboration avec l’ingénieur Gustave Desplaces) (vers 1856), ville à laquelle il est particulièrement attaché, au point de s’y faire édifier une somptueuse demeure le « château Talabot » par l’architecte Louis-Jules Bouchot, Officier de la Légion d’honneur 1878.


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L’architecte de la Bastide, Louis-Jules Bouchot

En cette première partie du xixe siècle, l’idée de faire table rase des monuments du Moyen Âge, période d’obscurantisme, revenait avec régularité. Talabot, en 1846, dans le cadre de la construction du PLM, proposa de faire passer une voie ferrée sur le rempart nord d’Avignon.

Dans son projet, il proposait pour empêcher toute critique que celui-ci soit « doublé d’un côté ou d’un autre suivant les convenances ». D’ailleurs, expliquait-il, le remblai serait maçonné et couronné de créneaux, ce qui permettrait de conserver à la cité des papes « son caractère original, pittoresque et Moyen Âge, mieux que les vieux remparts en mauvais état ». Comme il avait prévu de placer la gare à la porte de l’Oulle, un tunnel percerait le rocher des Doms.

Le conseil municipal d’Eugène Poncet se déclara très favorable. Il fut suivi par une partie de l’opinion publique qui pensait que ce remblai serait la meilleure des protections contre les crues du Rhône. Une voix s’éleva pourtant contre ce projet, ce fut celle d’Esprit Requien, immédiatement soutenu par Prosper Mérimée.

En Algérie, il réalise des projets de chemins de fer et de transports maritimes, et d’exploitations minières (compagnie de Mokta el Hadid, mines de fer). Il participa également au développement des chemins de fer italiens et autrichiens.


Selon le site titidegun , « c’est donc en 1860, qu’il il fait construire sa « Bastide du Roucas Blanc » sur un énorme terrain de 25 hectares et, grand amateur d’horticulture, il transforme les pinèdes originale, grâce à l’eau du canal de Marseille, en un étonnant jardin exotique et luxuriant en plantant de nombreuses plantes d’essences les plus diverses et variées. Les limites de sa propriété descendent et longent la route de la corniche qui suit les contours de la côte.

Le riche industriel a planté ici, au fil des années, une impressionnante collection de conifères, d’arbustes et de plantes rares et de multiples fleurs. Le jardin s’est progressivement transformé en un splendide tableau coloré et odorant que son pauvre créateur n’a plus pu admirer pendant la dernière décennie de sa vie car atteint d’une cécité.

Le château et le domaine de 25 hectares sont vendus en 1893 après sa mort au Comte de Lachesnaie qui a poursuivi le développement des jardins les accentuant parfois même. En 1931, le domaine est démembré et vendus par lots.

Ce château qui avait été endommagé à la suite de la seconde guerre mondiale, a été acheté comme « dommage de guerre » par les frères Cravero, entrepreneurs maçons qui l’ont superbement restauré et meublé car ils en avaient fait leur lieu de résidence. Au cours de cette restauration, le toit en cuivre a été refait mais la toiture en poivrière des tours n’a pas été restituée. En 1968, les fréres Georges et Jean Cravéro habitaient encore cette demeure avec leurs familles.

Ce château a été vendu en copropriété à la fin des années 1980 à des médecins marseillais qui en sont probablement toujours propriétaires. Ce château a servi de décors pour le film « Trop belle pour toi » de Bertrand Blier en 1989. On voit d’ailleurs Gérard Depardieu et Carole Bouquet déambuler dans les salons du château et sur la superbe terrasse qui domine la rade de Marseille ».


SOURCES  Wikipédia & titidegun.fr 
PHOTOS Dominique Milherou Tourisme-Marseille.com & Archives

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Dominique
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5
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VOTRE NOTE:
  • 27 décembre 2016 aà 17:49

    Excellente mise au point qui permet de bien comprendre l'évolution de ce quartier de Marseille et de ce magnifique chateau . Il faudrait pouvoir le visiter ! Sur un plan historique, la villa Place et le lotissement du Roucas plage faisaient ils partie du domaine Talabot ? la végétation y est en effet riche et variée bravo et merci

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