Crée en 1792 le château Saint-Antoine est une grande bastide du 11e arrondissement de Marseille inspirée des palais italiens. La demeure, évoquée dans « Le Château de ma mère » de Marcel Pagnol est la mémoire de l’héroïque commandant de Robien, l’un des propriétaires en 1907. Propriété de la ville pendant des dizaines d’années, centre d’entraînement du GIGN, le Château était à l’abandon depuis 1988 malgré le combat d’une association portée par Frédéric Lafage et sa sœur Gaëlle. En novembre 2016 la première pierre d’un ambitieux temple maçonnique de 7 millions d’euros de la Grande loge de France a été posée annonçant le renouveau de Saint Antoine en 2018.

chateau-saint-antoine-marseille-2Le château et sa propriété tels que nous le connaissons aujourd’hui sont le résultat de multiples regroupements de parcelles et de constructions datant de différentes époques.

1762 : Joseph Isoard, avocat, achète « La Miniarde », propriété située à l’Est de la Barasse.

1792 : Jean-Baptiste Isoard, son héritier, l’agrandit en acquérant la propriété voisine « La Rousse ». À la place de l’ancienne bâtisse, il fait construire la partie centrale de l’actuel château et reprend le nom de « La Rousse ».

1812 : Il regroupe toute une série de terres au sud de « La Maussane » séparées du domaine par la petite route d’Aubagne (actuelle avenue de St-Menet, D2).

1842 : Louis d’Alayer de Costemore achète le domaine.

1867 : François Philippe rachète le domaine à son tour.

Façade nord, mai 2008

1894 : Le domaine est vendu à Joseph Blanc.

1907 : Le comte Guy de Robien (ou plus exactement son épouse Marguerite Marie Blanche Halna du Fretay) se rend acquéreur de la propriété et y fait des modifications. Il renomme la demeure, « Château de Saint-Antoine ». Il y appose son blason composé d’une couronne, deux lions, un écusson frappé de dix éléments, une devise qui dit « Sans Vanité Ni Faiblesse« , et enfin le nom de Roch Bihan.

Robien était à la retraite lorsque la première guerre mondiale éclata et que l’appel du front lui fit reprendre du service sur sa propre demande, il était alors sexagénaire. Cet officier aux cheveux blancs a ainsi sollicité le commandement d’un bataillon de zouaves, fait relevé par la presse du moment qui célèbre ainsi le « Père des Zouaves » à la tête de ses enfants d’Afrique.

Le 6 Janvier 1915, à Roclincourt, il tombe mortellement frappé, fraîchement nommé lieutenant-colonel. Cité à l’Ordre du jour de l’Armée et nommé officier de la Légion d’honneur sur le champ de bataille.

1920 : Après le décès au combat du comte de Robien, son épouse cède le domaine en mai 1920 à Gabrielle Salles, épouse de Xavier Fine, un homme d’affaire.

1940 : La famille Fine cède le domaine à l’usine d’électrochimie de la Barrasse

1992 : La société ayant cessé son activité, le château et son domaine son vendus à la SNC de la Valentine, société immobilière en charge de l’ammènagement de la ZAC de la Valentine

1995 : Marseille-Aménagement (désormais SOLEAM, dont la ville de Marseille est le principal actionnaire) achète le château, et le laisse à l’abandon. Étonnamment, il n’a pas été protégé, ni même recensé, durant la vague de recensement qui a permis, en 1996-1997, de faire inscrire à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques le Château de la Buzine, le château Régis et le château de la Reynarde.

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A ce moment, il ne reste quasiment plus rien de l’intérieur du château Saint-Antoine. Le temps n’était pas le seul responsable de l’état actuel de la demeure. En effet, il a servi de lieu d’entrainement au G.I.G.N dans les années 1990. Tous les paliers ont été détruits. Les pilleurs et squatteurs ont également contribué à la ruine de la bâtisse.

Il n’apparaîssait aucun changement majeur dans la structure extérieure des bâtiments par rapport aux photos disponibles datant de la première moitié du xxe siècle. Cependant, la quasi-totalité des ouvertures étaient manquantes ou partiellement détruites. Elles étaient murées avec des parpaings. La toiture en tuiles, en mauvais état, présentait des lacunes importantes. Une partie s’est effondrée durant l’hiver 2008-2009. Les dégâts se sont aggravés début 2010

20 ha de terrain à l’est de Saint-Antoine ont été acquis par la société australienne GOODMAN, et aujourdhui rachetés par la société française YG investissement, afin d’y installer une vaste zone d’activité économique baptisée « Valentine Vallée Verte ».

Les anciennes usines Nestlé ont été réhabilitées afin de s’inscrire dans cette nouvelle zone. Des travaux ont été réalisés au sud de la parcelle. Une partie du parc a encore été amputée. Un centre de tri de La Poste a été construit le long de l’Huveaune, au sud-est du château.


« La plus belle réalisation de la Grande Loge de France pour ce siècle » 

D’après la Provence en date du 26 mars 2015, un frémissement commençait à se sentir pour la survie des lieux : « Deux prétendants pour racheter Saint Antoine…et le sauver ». « Quel que soit le repreneur, il aura la contrainte de réhabiliter ce qui peut l’être, et le permis de construire devra être déposé sous le contrôle de l’architecte du patrimoine ». De plus, il en était question depuis longtemps : un chemin piéton est prévu le long de l’Huveaune depuis la Barasse jusqu’au parc Valentine Vallée Verte. Il passera donc dans le parc du château.

A l’étroit dans leur temple du boulevard Rabatau, qui compte 55 loges, la Grande Loge de France a souhaité proposer à la Soleam le projet d’un temple maçonnique sur les 2000 m² du bâtiment sur un domaine de 13000 m² permettant d’accueillir 8 temples, soit 80 loges.

Une pyramide tronquée, très moderne, accueillera le temple de 400 places, accolé au Château rénové. En novembre 2016 la première pierre de ce projet de 7 millions d’euros a été posée annonçant le renouveau de Saint Antoine. La livraison devrait se faire au printemps 2018.

La Grande Loge de France est une obédience maçonnique française créée en 1894 par le Suprême Conseil de France. Le nom de l’obédience a été porté successivement par deux entités maçonniques distinctes.

De 1738 à 1773 pour la première, qui devient en 1773 le Grand Orient de France et depuis 1894 par cette seconde création qui perdure en 2016. Cette dernière se présente elle-même comme étant directement issue de la première, par l’intermédiaire du Rite écossais du xixe siècle, malgré les deux fusions que celui-ci connut avec le Grand Orient et qui interrompent cette filiation.



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Dominique
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