Arrondissement : 15ème

Le Château du très excentrique Comte de Castellane appelé également Château d’Estourmel ou des Aygalades été jadis une des propriétés seigneuriales de Jean de Lacépède (1550 – 1622), Seigneur des Aygalades qui fonda le château en 1620, puis de Henri de Forbin-Maynier, Baron d’Oppède (1620-1671) mais aussi du Vicomte Paul Barras (1755-1829), général et homme politique français de premier rang de la Révolution et de l’Empire. La somptueuse demeure a été entièrement détruite lors de la construction de l’autoroute Aix-Marseille dans les années 50 dont la section marseillaise a été bâtie par les nazis en 1941. Il ne reste de cette propriété que ses écuries et la grille d’entrée de son ancien parc qui abritait la Cascade dite de la Savonnerie.

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Le château à l’époque du Vicomte Paul Barras

« Noble comme les Barras » fut longtemps un proverbe de la Provence liée à l’ancienneté de cette famille, signifiant « aussi ancien que les rochers de Provence« .

En 1780, Paul Barras est à bord du navire « La Sartine » qui à son retour de l’île Bourbon s’échoue à l’entrée du port de Marseille (c’est de cet incident, le nom du navire ayant été déformé, que naît la célèbre histoire marseillaise de la sardine bouchant l’entrée du port). Il démissionne en 1783 sans avoir dépassé le grade de capitaine.

Il s’installe alors à Paris où il dissipe rapidement sa fortune et regagne sa Provence natale après la prise de la Bastille, à laquelle il assiste par hasard.

chateau-du-comte-de-castellane-chateau-des-aygalades-d-estourmel-marseilleIl dirige alors le Directoire et organise les coups d’État successifs que nécessite la survie du régime républicain. Barras pousse Napoléon dans l’aventure égyptienne afin de le tenir éloigné de la vie politique.

Après avoir refusé l’ambassade des États-Unis et le commandement à Saint-Domingue que lui offre un Bonaparte désireux de l’éloigner à son tour, il se retire dans son château de Grosbois, puis à Bruxelles quand ordre lui est donné de ne pas approcher de Paris à moins de quarante lieues.

En 1806, il obtient l’autorisation de retourner en Provence et s’installe aux Aygalades, assigné à résidence pendant 7 ans dans son immense propriété mais de nouvelles intrigues et complots en faveur des monarques Bourbons lui valent un nouvel exil, à Rome cette fois en 1813.

Il meurt le 29 janvier 1829 à Paris, sa tombe se trouve au cimetière du Père Lachaise


Le château à l’époque du Comte de Castellane

chateau-du-marquis-de-castellane-d-estourmel-marseilleLe château des Aygalades fut ensuite considérablement embelli par le mécène et industriel, Comte de Castellane, qui y fit construire une ménagerie.

C’était à cette époque une véritable curiosité pour les marseillais au point qu’ils en font le dimanche le but de leurs promenades. On a d’ailleurs ouvert à l’entrée de la propriété, un chalet-restaurant tenu par le frère d’un romancier célèbre (peut-être le journaliste, romancier, poète Joseph Méry mais cela reste à confirmer).

Le Comte était réputé pour ses frasques et ses fêtes musicales et dramatiques…il dépensait sa grande fortune spirituellement en remettant à la mode la comédie de société. Il fonde et dirige le Théâtre de la Renaissance. On dit que plus d’un chef d’oeuvre y sera représenté comme le Barbier de Séville.

Le Comte avait la réputation d’être un des plus grands joueurs de Paris mais aussi un homme excentrique…on le trouva un jour dans sa cours à peindre en rose un de ses chevaux gris. C’est encore lui qui a imaginé d’habiller des chiens ! A Marseille il a muni ses lévriers de lunettes et de fourrures pour lutter contre le Mistral !

Autre excentricité célèbre du Comte, il acheta des lingots d’argent à M. de Rothschild. Il pris son orfèvre pour lui en faire six couverts. L’orfèvre obéit, les couverts sont rapportés au bout de quinze jours.

Aussitôt reçus le Comte les apporte à la Monnaie demande qu’on les fonde et les fait convertir en pièces de 100 sous !  Mais cela ne s’arrête pas là…il rapporte les pièces à son orfèvre pour en refaire des couverts, qui redevinrent des lingots et ainsi de suite pendant un an !

On explique alors ces fantaisies au fait qu’il lui fallait des occupations à tout prix.

Le Comte est décédé dans sa demeure le 23 février 1861. Le château fut ensuite occupé par la Marquise d’Estourmel, fille du Comte Jules de Castellane. Elle fera subir en 1898 à la Bastide une restauration jugée « outrancière » à l’époque, tout en excès et en démesure !

Les anciennes écuries du château sont encore visibles, elles sont occupées aujourd’hui par la société Colas au 2 Rue René d’Anjou dans le 15ème. L’ancien portail quant à lui est à découvrir au croisement de la Traverse de l’Oasis et de l’Avenue des Aygalades.


SOURCES marseilleforum.com & Wikipédia & racineshistoire.free.fr & Le Journal du Loiret (1861-1880) & Provincia 1985
PHOTOS Archives
VIDÉO LCM

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Dominique
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