Arrondissement : 9ème

Le château de Valmante, alors appelé « de Redon » fut dès 1855 le lieu de résidence de la riche famille Grandval et devint le lieu d’une réunion secrète du PC de l’armée américaine en 1944 avant d’abriter la direction et les bureaux du centre de rééducation de la Sécurité Sociale.

La construction du château fut décidée en 1855 par Joseph Grandval, riche industriel du sucre (voir sa biographie en fin de fiche), au cœur d’un grand parc composé d’un étang et d’un jardin exotique.

Après des soucis financiers le château de Redon fut vendu en 1893 à Louis Mante, riche négociant marseillais et portera désormais le nom de château de Valmante…un étonnant mélange des noms de Grandval et de Mante !

Au cours de fastueuses soirées mondaines, le couple Mante, formé en 1872 avec Juliette, sœur cadette d’Edmond Rostand, réunissait des peintres, des musiciens, et tous les noms prestigieux des arts et de la littérature :

le frère de Juliette Mante auteur de Cyrano de Bergerac, la comtesse de Noailles, Sarah Bernhardt auront ainsi l’occasion de séjourner au château.

Un lieu stratégique pendant la deuxième guerre mondiale

C’est en janvier 1945 que le château de Valmante fut le lieu d’une réunion secrète de l’État major suprême des forces expéditionnaires alliées décidant la poursuite des opérations sur le Rhin. Ici, 5 mois plus tôt, le 24 août 1944, le 10ème Tabor chassait l’occupant, puis participait à la libération de Marseille

Le château de Valmante devient le PC de l’armée américaine de 1944 à 1946.

Abandonné par les militaires en 1946, le château est encore à peu près en état et sa propriétaire, la veuve de Louis Mante meurt en février 1956 à Paris.

Aujourd’hui

C’est plus tard la Sécurité sociale qui offre d’échanger le terrain où il se dresse, ainsi qu’une partie du parc voisin, contre un autre terrain qu’elle possède au Prado. Le château abrite depuis lors la direction et les bureaux du centre de rééducation.

Le CRF Valmante est un établissement de rééducation spécialisé dans la prise en charge des affections de l’appareil locomoteur et neurologiques.

Il a une capacité de 200 lits en hospitalisation complète et 45 places en hospitalisation de jour. Il dispose d’équipes pluridisciplinaires et de plateaux techniques spécialisés, innovants et performants. Cet établissement à but non lucratif de l’Assurance Maladie est conventionné par la Sécurité Sociale et agréée par les mutuelles.

Le parc reste ouvert au visiteur.


Joseph Grandval

Le Château vu depuis la Crête des Escampons

Fils de Gaspard-Paul Grandval, médecin de Letizia Bonaparte, il commence ses études à Ajaccio, puis dans un lycée de Marseille jusqu’à l’âge de douze ans. Vers 1808-1809, il sera interne au petit séminaire de Reims, avant d’intégrer, en 1814, le collège des Jésuites d’Amiens, sans être toutefois intéressé par la carrière religieuse.

En 1815 il est renvoyé du collège pour sa fidélité à l’Empereur. En 1816, à Toulon il entreprend des études de pharmacologie, et fait la connaissance de César Delestang qui sera aussi son futur associé.

À Marseille, il trouve un modeste emploi de commis de pharmacie. Fort peu enthousiaste pour cette profession, il envisage alors la carrière des armes.

Mais le général commandant la 91e division militaire lui recommande plutôt le domaine du commerce. Le futur industriel dira alors : « C’est pourquoi, d’indécis que j’étais d’abord, je tournais irrémédiablement mes vues du côté de l’industrie commerciale ».

Joseph Grandval

À Marseille, où travaillent plusieurs raffineries au « sucre colonial », Grandval s’aperçoit que les écumes de cassonade sont rejetées à la mer, sous la forme d’une pâte brune et visqueuse, dans des caisses en bois. Analysant ces résidus, Grandval imagine alors que l’on pourrait en faire des sirops.

S’associant avec son ancien ami, Delestang devenu marchand de conserves, et bailleur de fonds, ils créent une petite entreprise. Dessinant lui-même tous les appareils nécessaires au fonctionnement de la distillation, il les fait ensuite réaliser par un chaudronnier. Hélas, faute de capitaux, son projet ne durera pas plus de deux années.

Mais en 1827, Grandval s’associe au meunier Girard, et perfectionne un procédé de fabrication : le noir animal qui possède des propriétés de filtration et de blanchiment du sucre. C’est alors que sa société prospère rapidement, et, dès lors, le nom de l’industriel se trouve étroitement lié à l’industrie sucrière de Marseille.

En 1829, Grandval persuade Girard de racheter une raffinerie toute proche. Avec un emprunt de 200 000 francs et un apport de chacun des deux associés de 50 000 francs chacun, Grandval passe de l’artisanat à l’industrie.

Dès 1830, la production des raffineries double, tout en conservant leurs structures commerciales et techniques connues sous l’Ancien Régime. Il met en marche « le processus de destruction créatrice », qui vise à améliorer les techniques et les rendements, en supprimant les plus faibles. Ainsi, en 1844, il ne reste plus que sept raffineries à Marseille, sur les vingt existantes au départ. La production ayant triplé et les emplois étant passés de 600 à presque 900.

Enfin, en 1860, il ne restait plus que trois raffineries à Marseille, avec 2 000 ouvriers, dont 1 500 chez Grandval.

En 1862, Grandval expose à Londres, assurant les trois quarts des exportations marseillaises sur tout le pourtour méditerranéen.

À leur apogée, les raffineries Grandval produisaient quotidiennement 120 tonnes de sucre, soit encore 15 000 pains de 8 kg, au total une production annuelle de plus de 40 000 tonnes.

Grandval devint, sous le Second Empire, l’un des plus grands capitaines d’industrie. Son affaire était à son apogée alors qu’atteignant soixante-six ans, il tomba malade. C’est à ce moment qu’il décida de se retirer des affaires et de vendre à Charles Rostand qui fera faillite.

Son patrimoine immobilier reste considérable et un portefeuille de titres des principales affaires maritimes, industrielles et bancaires de Marseille constitue la succession de ce grand industriel. Il passe les dernières années de sa vie à Cannes. Là, perdant peu à peu la vue, il devint aveugle en 1869. Il s’éteint le 12 mai 1872.


SOURCES terredetresors.com La Marseillaise & ugecam-pacac.fr
PHOTO Evelyne Thibault & seloger.com & sudwall.superforum.fr & Dominique Milherou Tourisme-Marseille.com
Dominique
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