Arrondissement : 1er

12 étages et 50 mètres de haut, c’était bel et bien un projet audacieux qu’avait imaginé l’architecte Gaston Castel vers 1935 pour Marseille. Ce « Centre lumineux de la Canebière« , de style art-déco, qui devait accueillir des logements, des commerces et des activités culturelles tels qu’un cinéma Gaumont, ne verra finalement jamais le jour…mais en 2018 l’esprit du concept, en beaucoup plus modeste, pourrait bien être en parti repris non loin de l’emplacement prévu.

Le projet de Castel, qui n’est pas sans rappeler le Grand Rex de Paris construit en 1932, devait voir le jour sur la zone autour de l’actuel Immeuble Léon Blum, celui de la mairie du 1er, qui devrait laisser place au futur cinéma Artplexe. Le complexe accueillera, dans le même esprit, culture et commerces, cinéma, restaurant et librairie…mais pas de logements comme le projet de Castel.

Ce centre urbain de Castel rejoindra la liste des quelques projets abandonnés de l’architecte, comme l’étonnant Centre Islamique de Saint Barnabé ou son immense programme d’aménagement derrière le Palais de la Bourse.

L’idée de Cité du Cinéma reviendra avec Marcel Pagnol qui demande à son ami Gaston Castel d’en réaliser les plans sur la propriété du château de la Buzine, acquise par le réalisateur en 1941. Mais le lieu est occupé par l’armée allemande durant l’Occupation, puis par les partisans, ensuite par des réfugiés. Le château devient inhabitable et progressivement abandonné. Le projet ne fut jamais réalisé.

Né à Pertuis le 1er août 1886, et mort à Marseille le 9 février 1971, Gaston Castel, fils d’un entrepreneur de maçonnerie est en 1907, le premier élève reçu au concours d’entrée de la nouvelle école régionale d’architecture de Marseille. De 1909 à 1913, il est élève de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris ; il est lauréat du second grand prix de Rome en architecture en 1913.

Quand éclate la Première Guerre mondiale, il est mobilisé en 1914 en tant que sergent au 258e régiment d’infanterie. Il est nommé sous-lieutenant sur le champ de bataille.

Le 26 septembre 1914, il est grièvement blessé au visage et laissé pour mort. Il est fait prisonnier et emprisonné à Ingolstadt en Bavière puis est transféré à Montreux en Suisse.

L’Immeuble Léon Blum reconstruit en 1978-1979, mairie du 1er, futur Cinéma Artplexe

À la fin de la guerre, remis de sa blessure au visage, il revient à Paris et collabore avec l’architecte Guillaume Tronchet. Durant cette collaboration, Ferdinand Buisson le remarque et le fait nommer architecte départemental des Bouches-du-Rhône.

En 1918, il se rend avec son épouse à Marseille pour occuper son nouveau poste. Le 3 décembre 1919, il va au Brésil à Rio de Janeiro et à Santos où il réalisera un monument élevé à la gloire de José Bonifacio pour célébrer l’indépendance du Brésil.

Revenu en France, il est nommé architecte en chef des Bouches-du-Rhône, poste qu’il occupera jusqu’en 1941 mais qu’il devra abandonner à la demande du régime de Vichy.

Il réalise durant cette période de l’entre-deux-guerres diverses constructions publiques parmi lesquelles on peut citer :

Monument aux morts de l’Armée d’Orient et des terres lointaines

La reconstruction partielle à la suite d’un incendie, de l’opéra municipal de Marseille dans le style Art déco. L’inauguration sera faite le 3 décembre 1924 par le maire Siméon Flaissières ;

Le Monument aux morts de l’Armée d’Orient et des terres lointaines, élevé par souscription publique et situé sur la corniche Kennedy. La première pierre fut posée le 7 mai 1922 par le président de la République Alexandre Millerand et l’inauguration fut effectuée le 24 avril 1927 par le président de la République Gaston Doumergue ;

Le Monument commémoratif au roi Alexandre Ier de Yougoslavie et à Louis Barthou (1938), situé à l’angle de la rue de Rome et de la préfecture ;

Différents édifices publics : la prison des Baumettes (1931), l’annexe du palais de justice (1933) devenu le tribunal de commerce, le Hall Castel,  le siège de la Compagnie générale transatlantique, ancien siège de la SNCM, aujourd’hui résidence de luxe Le Castel.

Maison de Castel

S’intéressant aux problèmes d’urbanisme, il étudie de nombreux projets pour des habitations à bon marché (actuellement HLM) tel que la cité des chartreux ou le groupe de la Blafarde. Il réalise également des maisons particulières telles que la villa « l’éolienne » qui se trouvait à l’extrémité de l’avenue du Prado près de la plage et qui a été détruite lors du bombardement du 27 mai 1944.

Il réalise également en 1923 une maison pour son usage personnel et pour son cabinet qui se trouve au no 2 de l’impasse Croix de Régnier et qui a été classée monument historique.

Pendant cette période de l’entre-deux-guerres il travaille souvent avec son ami le sculpteur Antoine Sartorio (1885-1988). Il est membre de l’Académie de Marseille et est nommé officier de la Légion d’honneur en 1926, puis promu commandeur en 1932. À partir de 1952, il devient professeur à l’École d’architecture de Marseille.


SOURCES PSS Archi & Wikipédia
PHOTOS Castel & Dominique Milherou Tourisme-Marseille.com

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