Arrondissement : 2ème

Édifice souterrain, les caves sont situées sous la Place de Lenche, à l’emplacement de l’ancienne abbaye des religieuses de Saint-Sauveur. L’ensemble est classé au titre des monuments historiques en 1840. Il ne reste aucun vestige extérieur, les fondations restantes ayant été remblayées.

Les caves Saint-Sauveur étaient situées au-dessous de l’ancienne abbaye féminine de Saint-Sauveur qui s’y implanta au IXe siècle.

Ces caves sont signalées dès le xviie siècle par l’historien Louis Antoine de Ruffi qui écrit dans son histoire de Marseille :

« L’abbaye des religieuses de Saint-Sauveur est bâtie sur neuf grottes souterraines dont huit qui tournent sur le midi aboutissent toutes à une plus grande qui est du côté du septentrion et qui a vingt sept cannes de long et deux de large : elles sont bâties de grands quartiers de pierre taillée, y ayant des trous aux murailles… »

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Ancienne abbaye des religieuses de Saint-Sauveur

Au xviiie siècle, Jean-Baptiste Grosson parle des fameuses caves antiques de l’abbaye de Saint-Sauveur qu’il a pu visiter grâce aux bontés de Mme Suarez d’Auban, abbesse de Saint-Sauveur ; il en fait dresser un plan.

Il conclut en disant que « notre monument dont la structure dénote les constructions des premiers temps, doit effectivement remonter aux premiers siècles de notre République.

Cet édifice doit avoir été construit pour un double usage : celui des bains publics et celui des casemates ou magasins de l’arsenal ».

Le comte Christophe de Villeneuve-Bargemon estime dans la statistique du département des Bouches-du-Rhône qu’« on ne peut guère douter que l’édifice que nous venons de décrire soit une caserne romaine. »

Au xixe siècle les caves Saint-Sauveur sont classées Monument historique : Mérimée les visite et y reconnaît des magasins.

Enfin Augustin Fabre regrette qu’après le classement la ville de Marseille n’ait pas eu les moyens financiers pour acheter l’édifice qui était à vendre en 1857, d’où une première destruction.


Un désintérêt au début du xxe siècle

Les caves Saint-Sauveur sont quelque peu oubliées au début du xxe siècle et leur intérêt archéologique nettement sous estimé. L’archéologue Michel Clerc lui-même ne semble pas y accorder une grande attention : « tout ce que l’on peut dire c’est que ce sont de vastes salles construites en grand appareil et fermées par une voûte en plein centre. »

Malgré leur classement en Monument Historique, les caves sont sacrifiées lors de la destruction du quartier en 1943 et de sa reconstruction après la seconde guerre mondiale.


Un regain d’intérêt

En 1977 à l’occasion du creusement d’une tranchée pour la pose d’une canalisation d’eau, la direction des antiquités de Provence est amenée à intervenir. Des archéologues peuvent examiner certains restes des fondations et estiment alors que ces caves découvertes par les érudits anciens mais jamais fouillées, sont effectivement antiques.

Les murs en blocs de calcaire rose du cap Couronne sont comparables à ceux des remparts grecs mis au jour sur le chantier de la Bourse et visibles au Jardin des vestiges. La datation à retenir pour ces « caves » se situe donc entre 150 ans av. J.-C. et 50 ans de notre ère.

Cette période correspond par ailleurs à celle d’une céramique découverte dans les remblais en arrière du mur nord.


Fonction des bâtiments

L’édifice se compose de deux parties : un long couloir voûté d’une longueur de 41 m. pour une largeur de 4,10 m. entoure sur trois côtés un ensembles de sept cellules qui mesurent chacune 5 m. sur 10,40 m..

Après les dernières études entreprises en 1977, l’utilisation de ces bâtiments a fait l’objet de deux hypothèses : Il s’agirait pour certains de citernes à usage public, c’est-à-dire d’un réservoir d’eau pour la ville.

Ces équipements seraient conformes par leur division en compartiments au dispositif qui s’observe dans les installations antiques affectées à la retenue et au stockage de l’eau. Cette solution donne une réponse à la question du ravitaillement en eau de la ville pendant les sièges et notamment celui de Jules César.

Pour d’autres il s’agirait de locaux destinés au stockage de denrées qu’il fallait maintenir au sec (céréales ? ) mais aussi d’instruments divers utilisant le bois, la corde et la toile nécessaires aux gréments des navires. Cette hypothèse confortée par une inscription latine mentionnant une corporation de « dendrophores » (Charpentiers) est la plus récente.


SOURCES Wikipedia
PHOTOS INRAP (1952 pour la photo du haut)

Dominique
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