Catégorie : Musées
Arrondissement : 3ème

Labellisé « Musée de France » en 2003, il conserve des collections monétaires d’une grande richesse patrimoniale et scientifique. Au total, plus de 40 000 pièces sont ainsi conservées et 2% exposées…La qualité et la rareté des œuvres conservées en font l’un des plus importants de France. 

Constitué lors de la Révolution française, le cabinet numismatique rassemble des collections antiques, médiévales, royales provenant de dons et d’acquisitions ( collections Fauris de Saint-Vincens, Martin, Augier, Vernin,…)

Parmi les fleurons citons les 125 pièces du tout premier monnayage de Massalia provenant du Trésor d’Auriol (VIe siècle avant J.C.), les monnaies et médailles des grands maîtres de l’Ordre de Malte, des princes d’Orange, celles de la papauté d’Avignon…et les séries frappées à Marseille, plus vieil atelier monétaire d’Occident du VIe siècle avant J.C. à 1857.

Collections permanentes

Statère du royaume de Lydie, début du vie siècle av. J.-C (Photo d’illustration)

Le Cabinet des monnaies et médailles propose de voir une sélection de pièces expliquant la production de l’atelier de Marseille et des ateliers de Provence (du VIe siècle avant J.C à 1857) et une collection retraçant 6 siècles de médailles en Provence. Au total, plus de 40 000 pièces sont ainsi présentées.

De cuivre, d’argent, de bronze ou d’or, elles racontent l’histoire de la ville, de l’arrivée des Phocéens au M­arseille contemporain. ­­­Même si 2 % seulement des 40 000 pièces du Cabinet sont présentes, l’exposition permanente permet de découvrir des raretés comme le trésor d’Auriol.

Il s’agit du tout premier monnayage que l’on connaisse en Occident et il a été retrouvé dans notre région, explique Joëlle Bouvry, conservateur du Cabinet des monnaies et médailles.

Ces 125 pièces marquent le début de l’exposition et ancrent dans le temps la création de la cité phocéenne. À l’époque il n’y avait pas de date inscrite sur les monnaies. C’est par leur étude et le recoupement avec d’autres indices que nous pouvons les placer dans le temps. Ici, nous savons que ces pièces ont été fabriquées sur place et datent de la création de Marseille : les motifs rappellent ceux de la monnaie de Phocée mais les quelques différences montrent que des artisans locaux ont mêlé leur savoir faire à celui des colons.

La traversée des siècles se poursuit en compagnie de l’obole, la drachme et le bronze qui sont remplacés par de nouvelles monnaies au fur et à mesure des vagues de colonisations. À la chute de l’Empire romain, la cité va ainsi s’inspirer davantage de la mode byzantine.

On a par exemple cette pièce avec Dagobert et la croix byzantine sur laquelle est inscrite MA qui signifie qu’elle a été frappée à Marseille, explique Joëlle Bouvry. Des monnaies mérovingiennes attestent également d’une occupation par les Ostrogoths. ­Cette richesse numismatique s’explique aussi par le droit qu’avait les seigneurs de faire frapper leur monnaie propre. Cette constante va perdurer jusqu’à François 1er.

Au rattachement de la Provence à la France, pour la première fois, la monnaie devient unique, avec sur l’une de ses faces le profil du roi. Dès lors, la monnaie constitue un pouvoir et un droit régalien. Elle assoit l’autorité de celui qui la frappe. Marseille, qui frappe de la monnaie depuis le VIIe siècle avant JC, devient alors un atelier rattaché à l’État.

Ionie, viie siècle avant notre ère (photo d’illustration)

Après plusieurs fermetures, il reprend une dernière fois son activité de 1852 à 1857, avant de disparaître définitivement, mettant fin à 24 siècles de frappe.­

Aujourd’hui, la frappe de la monnaie est réglementée et automatisée mais le Cabinet propose deux reconstitutions d’époque, montrant les techniques de frappe, manuelles d’abord, puis plus mécanisées grâce à l’utilisation d’un balancier et d’une enclume fixe.

Le passage du franc à l’euro marque le dernier changement en date de notre monnaie. On observe sur ces deux monnaies, la présence de la semeuse, créée par Oscar Roty, note au passage Joëlle Bouvry. Ce graveur de monnaie s’est également illustré dans la création de médailles.

Royaume de Perse. Darius III (336-330 av. J.-C.). Darique d’or (photo d’illustration)

L’une de ses œuvres – l’enterrement de Sadi Carnot – est d’ailleurs présente dans l’exposition. Parmi la collection de médailles, on pourra aussi retrouver des pans de l’histoire de Marseille gravés sur des surfaces de cuivre, d’or ou d’argent.

Les médailles étaient créées pour être offertes ou commémorer un événement bien particulier. Louis XIV, par exemple, a très bien su s’en servir pour immortaliser les évènements qui marquèrent son règne. On y retrouve notamment la visite du roi lors de la création du Fort Saint Nicolas en 1660.

À l’époque de Bonaparte, un artiste fige dans le cuivre la statue de l’empereur située sur le cours Pierre Puget. Puis dans la période contemporaine, la médaille se démocratise et l’artiste laisse libre cours à son imagination. Sur les médailles plus récentes, la différence entre les commandes et le travail personnel de l’artiste devient évidente. ­

Le musée et sa bibliothèque sont ouverts du mardi au vendredi de 9h à 17h sans interruption.


SOURCEShttp://marseille.frVille de Marseille
PHOTOS  musees-mediterranee.org & 22mil
VIDÉO edouardthommeret

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Dominique
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