D’abord usine de traitement du plomb en 1851, fermée en 1925, l’Escalette deviendra lors de la 2ème guerre mondiale, avec le fortin de l’Escalette situé plus haut, une batterie de canons pour l’armée italienne puis allemande. En 2011 elle est rachetée pour devenir un parc de sculptures et d’architectures légères.

batterie-fortin-usine-de-l-escalette-marseille-6Piliers, murs de soutènement, cheminées rampantes, bassins de lavage et de décantation rappellent l’activité de l’Escalette. Cette usine de plomb permettait de traiter le matériau toxique. Pour éviter de polluer la ville tout en restant accessibles, les usines de soude (pour fabriquer le savon de Marseille) ou de plomb furent installées dans les calanques de Callelongue ou à la Redonne.

Elles fonctionnèrent jusqu’à la fin du XIXe. Un petit port avait été construit à proximité pour amener le minerai par péniches et barges. La raffinerie a fermée en 1925.

Pendant la deuxième guerre on y installe une batterie militaire. En contrebas, on retrouve deux grosses constructions, là aussi vestige de la guerre, deux grands blockhauss appartenant aujourd’hui à des particuliers.

Aux débuts de l’occupation à Marseille, le propriétaire de l’usine aurait vendu à l’organisation Todt (groupe de génie civil et militaire de l’Allemagne), l’ensemble des charpentes en acier. Par la suite, il aurait continué à faire quelques affaires, en lien avec les intérêts de l’occupant.

Ceci lui a valu d’être inculpé de collaboration à la Libération et d’être ainsi condamné à payer une amende assez conséquente que ses héritiers honoreront quelques temps après sa mort, en vendant l’ensemble du domaine.

Vers l’été 43, selon un témoignage sur le site Sudwall.superforum.fr, l’usine aurait abrité une petite garnison italienne équipée d’armes allemandes.

Après le 8 Septembre 1943 et le « revirement  » italien cette garnison auraient été désarmée et enfermée dans l’usine par les allemands et la population locale venait contempler les ex-partenaires de l’Axe; ils parait même que les plus cruels leurs jetaient des « choses » comme dans un zoo.

Les enfants du quartier allaient approvisionner ces soldats, certains faisant partie des familles des très nombreux Italiens des quartiers des Goudes et de l’Escalette. Ils faisaient aussi du petit commerce (vente de fruits et boissons)

Outre les monceaux de scories qui jonchent l’arrière de la calanque, les activités de l’ancienne usine de fabrication de plomb n’ont pas été sans influence sur l’environnement, tant et si bien que les rochers à gauche de la calanque sont interdits d’accès aux promeneurs, baigneurs et pêcheurs :

la-friche-de-l-escalette-eric-touchaleaume-parc-de-sculptures-et-d-architectures-legeres-marseille-8Airmarex y a trouvé d’importantes quantités de plomb et d’arsenic sous forme de poussières inhalables et de sédiments dans les sols…

Le site de l’Escalette n’a été ouvert aux civils qu’à partir de 1947. Les premiers habitants de l’après-guerre ont trouvé des infrastructures très fortement dégradées du fait des dommages de guerre. Le règlement de copropriété de 1950 fait d’ailleurs état, pour certains lots, de « ruines de guerre », notamment au sud-est du site.

Un dépôt de voitures et un stockage de bateaux s’y sont ensuite succédés avant qu’un groupe immobilier ne veuille y installer un hôtel de luxe.

Amoureux de la ville de Marseille le galériste Eric Touchaleaume s’est porté acquéreur en 2011 de la Friche de l’Escalette, afin d’y créer un  projet inédit, un parc de sculptures et d’architectures légères.


SOURCES Sudwall.superforum.fr & www.friche-escalette.com
PHOTOS Dominique Milherou Tourisme-Marseille.com
Dominique
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