Arrondissement : 9ème

Pierrette Candelot dite La Veuve Perrin née à Lyon le 3 mars 1709 et morte à Marseille le 21 novembre 1794 était une femme de tempérament, dirigeante de talent à 75 ans d’une entreprise réputée de fabrication de faïence de Marseille au XVIIIe siècle qui perdurera jusqu’en 1803. Pierrette Candelot-Perrin fut une personnalité attachante faite de courage, de dynamisme et de savoir-faire ; la beauté et la qualité de ses œuvres, expression et symbole de la culture marseillaise, sont très appréciées des experts et collectionneurs contemporains.

Musée de la faïence, terrine oblongue

Pierrette Candelot est la fille de Bégnine Richard et de Jean Ignace Candelot, maître ouvrier pour la fabrication de la soie. La famille s’installe à Marseille très probablement après la peste de 1720 qui entraîna un afflux de population après la terrible mortalité provoquée par cette épidémie.

Pierrette se marie le 23 novembre 1736 à la paroisse de l’église Notre-Dame-des-Accoules avec le faïencier Claude Perrin, né à Nevers et descendant d’une famille de faïenciers de cette ville. Ils auront six enfants tous baptisés à l’église Saint-Martin : Joseph, Anne, Bénigne, deux sœurs jumelles Barbe Bénigne et Marguerite, et Joseph-François.

Il est probable que Claude Perrin travaille d’abord de 1733 à 1745 pour Joseph Fauchier dans une faïencerie appartenant à ce dernier et située à proximité de l’église Saint-Martin. À partir de 1743 il dirige une faïencerie appartenant à Pierre Fabre située hors la porte de Rome mais à proximité des remparts de la ville construits sous Louis XIV ; les affaires sont dures et l’entreprise est obligée d’emprunter. Le 25 mars 1748 Claude Perrin décède brutalement à l’âge de 52 ans.

D’après l’inventaire dressé après le décès de Claude Perrin, il s’avère que l’héritage du défunt était une fabrique de peu d’importance en difficulté financière. À l’âge de 75 ans, la Veuve Perrin forme une nouvelle fabrique dont la production était une faïence commune, essentiellement de la vaisselle de table destinée à la nombreuse population de la ville de Marseille.

Assiette à bord contournée et aile ajourée, décor de petit feu polychrome, de fleurs et d’insecte, bordure liseré pourpre

Héritant du savoir faire de son mari, Pierrette Candelot, désormais appelée La Veuve Perrin, dirige seule la faïencerie et se révèle immédiatement une femme de tempérament et une véritable chef d’entreprise.

La Veuve Perrin développe rapidement l’entreprise ; dès 1750 elle achète des terrains pour agrandir l’atelier et en 1754 elle acquiert dans le quartier de Mazargues une propriété rurale riche en sable éolien dolomitique utilisé comme fondant de la pâte destinée à la fabrication de l’émail. Je n’ai pu retrouver l’emplacement exact de cette demeure que certains livres évoquent proche du Mont Redon (au Redon) et de la rivière Gouffone…

Afin de développer sa production de faïence, elle entreprend en 1757 la construction d’une nouvelle bâtisse à proximité de ses ateliers pour les agrandir et créer des logements pour ses ouvriers et apprentis.

L’association Veuve Perrin – Honoré Savy sera dissoute en 1765 et chacun dirigera sa propre entreprise. Le 1er janvier 1774, à l’âge de 75 ans, elle forme une nouvelle association avec son fils Joseph et le peintre sur émail Antoine Abellard, fils de François Abellard et d’Anne Clérissy fille d’Antoine Clérissy (1672-1752), faïencier à Saint-Jean-du-Désert.

Assiette circulaire à bord contourné, décor de petit feu polychrome, de fleurs

Le 11 août 1774 elle achète pour la somme considérable de 13 050 livres une faïencerie voisine de la sienne située entre la porte de Rome et celle de Paradis ayant appartenu aux défunts faïenciers Jean Joseph et Jean Larchier.

Les affaires étant florissantes, elle acquitte le 18 mars 1776 l’entier règlement de cet achat. Elle participe sans relâche à la vie de l’entreprise et s’occupe avec sa fille Anne de la vente des faïences et veille au règlement des marchandises livrées.

À partir du début du quatrième quart du XVIIIe siècle les faïenciers rencontrent des années difficiles. Les causes sont diverses : malaise économique, plus faible demande de la part de la bourgeoisie, concurrence de la production étrangère et de la porcelaine. La Veuve Perrin n’échappe pas à ce contexte économique et rencontre des difficultés à se faire payer ses livraisons.

La trésorerie de la fabrique s’en ressent et des emprunts doivent être contractés en 1778 et 1781. Le 29 mars 1782 la société Veuve Perrin & Abellard est dissoute par anticipation. La faïencière crée avec son fils Joseph une nouvelle société qui sera rapidement déclarée en faillite. Mais dès la fin de cette année 1783, elle dépose une requête pour poursuivre la profession de fabricante de faïence et relance la production.

Le 21 novembre 1794 Pierrette Candelot, âgée de 85 ans, s’éteint dans sa maison. Son fils Joseph Perrin prend la suite de l’exploitation de la fabrique, mais l’époque révolutionnaire entraîne le déclin définitif de l’ensemble des manufactures marseillaises. La faïencerie de Joseph Perrin fermera définitivement ses portes fin 1803.

De nombreuses pièces de la Veuve Perrin sont à découvrir au Château Borely.


SOURCES Wikipédia
PHOTOS Robert Valette

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