Arrondissement : 8ème

ancienne-usine-legre-mante-marseille-3L’usine Legré Mante de la Madrague de Montredon, dont la création remonte à 1784 appartenait jusqu’à sa mise en liquidation en 2009 au premier fabricant mondial d’acide tartrique. Legré Mante faisait partie du groupe Margnat, fusionnée dans la SVF Société des Vins de France avec ses nectars « grand public » dont les célèbres Kiravi, Margnat, la Villageoise ou le Vieux Papes, le vin le plus vendu en France. Depuis des années, Cap Marin, un immense projet d’immobilier de luxe tentait de s’implanter sur ce site déjà enclavé et sur des terrains très pollués…en 2017 une partie annexe du site en bord de mer commence à être construite sur des terrains hautement toxiques. En août 2017, on apprenait qu’un nouvel acteur, un groupe suisse spécialisé dans la dépollution de friches industrielles, était sur le point de reprendre le dossier, après l’abandon du promoteur qui prévoyait, la construction de plusieurs centaines de logements sur le site de l’usine.

L’acide tartrique produite à l’époque par l’usine était fabriquée à partir de résidus de moûts pressés des caves coopératives. Il se présentait une fois usiné sous forme de granulés. L’acide tartrique a la propriété de faire saliver, il est même laxatif et diurétique, il est naturellement présent dans le raisin et dans le vin.

Usages de l’acide tartrique
– acide des comprimés effervescents
– vinification de raisins pauvres en cet acide, comme les raisins trop mûrs.
– acide des jus de fruits, des sodas et autres boissons gazeuses
– stabilisant du goût et de la couleurs des produits mis en conserves
– dans la métallurgie, mélangé à d’autres produits pour polir et nettoyer les métaux
– chez les cimentiers, l’acide tartrique est un retardateur de la prise des ciments et des plâtres

Au dessus de l’usine Legré Mante, montant raide sur les flancs du massif des Calanques, sur plus de 500 mètres de long, se trouve un immense conduit de cheminée bâti à même le sol, assez haut pour que l’on puisse y marcher droit, ajouré sur ses flancs d’ouvertures voûtées.

L’usine fabriquait à l’origine du plomb, et cette cheminée servait à évacuer l’énorme foyer de chaleur. Sa fonction principale était d’éloigner les émanations lourdement polluantes et à en retenir une partie, comme en témoignent les couches d’éléments chimiques toxiques qui en tapissent les parois intérieures.

Evidemment, cet ancien ouvrage est aujourd’hui très pollué, selon un rapport d’un technicien supérieur de l’Industrie et des Mines, les sols contiennent jusqu’à 74 500 mg de plomb par kg, jusqu’à 8 000 mg d’arsenic par kg et jusqu’à 180 mg de cadmium par kg.

Liquidation et Vente

ancienne-usine-legre-mante-marseille-8Selon La Provence, les salariés de l’usine en sont convaincus, le P-DG aurait laissé se dégrader l’usine afin de pouvoir, le moment venu, arguer de son manque de rentabilité pour la liquider et réaliser une fructueuse opération immobilière estimée à plus de 42 millions d’euros, en effet l’usine possède dix-sept hectares au pied des collines avec vue sur la mer.

Le 6 juillet 2009, trois jours après avoir arrêté la production, la direction se met en cessation de paiement et dit à ses 48 salariés de rentrer chez eux. Le 24, le Tribunal de commerce prononce la liquidation judiciaire. Aucun plan social n’est conduit. Les salariés sont alors à la rue.

L’avenir du site ?

Cette usine devait être transformée en résidence de luxe par le promotteur Océanis, avec d’un côté 285 appartements de standing et, de l’autre, une trentaine de villas.

Mais face à une très vive opposition des habitants fin 2014 le promoteur dit avoir pris acte des réticences de la population. « Cette pause débouchera sans doute sur un permis reconfiguré. On l’ajustera en fonction de l’évolution des choses mais ni le projet, ni la dépollution du site ne sont remis en cause« .

Le site Legré Mante a fait l’objet de deux permis de construire (sans compter les permis modificatifs) tous attaqués. Les habitants remettant en cause l’importance des constructions et le manque d’équipement (routes, assainissement) du quartier.

La justice a retoqué le projet de construction de six immeubles en octobre 2016. La cour administrative d’appel de Marseille a rejeté la requête du promoteur Océanis qui avait vu son permis de construire annulé en 2013. La justice estime que le projet prévu enfreint la loi sur le littoral.

En janvier 2017 des travaux ont pourtant démarré pour construire les 6 villas « maisons du pêcheur » du projet Cap Marin sur une parcelle annexe de 24 000 m3 de l’usine, directement en bordure de mer, là même où l’on entreposait depuis 1873 les résidus et les déchets de production. Selon l’association Sud Littoral il s’agissait de mâchefers et cendres de combustion des fours de la fonderie contenant des métaux lourds puis de résidus de la fabrique d’acide tartrique !

En août 2017, on apprenait qu’un nouvel acteur, un groupe suisse spécialisé dans la dépollution de friches industrielles, était sur le point de reprendre le dossier, après l’abandon du promoteur qui prévoyait, la construction de plusieurs centaines de logements sur le site de l’usine.

Un dossier à suivre…


SOURCES lakko.fr & regards.fr & La Provence & La Marseillaise
PHOTOS Dominique Milherou Tourisme-marseille.com & Océanis & Archives

FICHE A SUIVRE
Dominique
Avis
5
Moyenne 2 AVIS
VOTRE NOTE:
Laisser votre avis
VOTRE NOTE:

Laisser un commentaire

Autres fiches