Arrondissement : 3ème

Au XIXème siècle la Manufacture de Tabac de la Belle de Mai, elle est le siège de l’une des plus importantes manufactures de France et sera sauvée de la destruction en 1990 grâce au projet culturel de la Friche Belle de Mai.

1906

En 1860, l’établissement, la Manufacture Impériale de Tabac, est située rue Sainte près du Vieux-Port, est le premier employeur de la ville et la deuxième manufacture de France, derrière Paris.

Elle confectionne (entièrement à la main) près de cent millions de cigares par an ! En raison de l’insalubrité de ses locaux, la manufacture des tabacs quitte en 1868 la rive sud du Vieux-Port pour s’installer à la Belle de Mai, à coté de la raffinerie de Sucre Saint Charles.

La construction, réalisée de 1862 à 1868 par l’architecte Désiré Michel, s’inscrit dans une période de développement industriel et dans le cadre de la mécanisation de la chaîne opératoire, comme en témoignent les cheminées, symboles de l’utilisation de la force motrice de la vapeur.

1902

L’usine, longeant la voie ferrée, connaîtra ensuite plusieurs phases d’agrandissement liées à l’augmentation de la consommation de cigarettes et à l’évolution des modes de production (électrisation progressive des machines).

Dans les années 30, dans l’entre-deux-guerres, la raffinerie de sucre est détruite, ses terrains rachetés par la Seita qui y installe ses magasins de transit.

La direction emploie une main d’ouvre composée à 90% de femmes. Les ouvrières y sont généralement très jeunes. Elles y viennent jusqu’à leur mariage, et « y gagnent leur trousseau en roulant pendant neuf heures en hiver et dix heures en été cigares et cigarettes ».

La Manufacture des Tabacs de la Belle de Mai (PQR La Provence Archives)

Les cigarières, contrairement aux autres secteurs d’activités industrielles où elles sont encore en minorité, se mobilisent pour mener les grèves.

Elles sont à l’issue d’une grève victorieuse en 1887, les premières, de toutes les manufactures de l’Etat, à former un syndicat.

Certaines d’entre-elles se déplacent même dans d’autres manufactures des tabacs en France afin d’aider à la création de syndicats.

Après avoir produit cigares et scaferlatis, la manufacture des tabacs de la Belle de Mai, se spécialise dans les années 50, sous l’injonction d’une nouvelle stratégie industrielle décidée à Paris, dans la production de cigarettes Gauloises et Gitanes.

Au début des années 60, elle produit environ 1/5e des Gauloises alors consommées en France. Mais la mode est au tabac blond, de 1000 salariés en 1960, l’usine passe à un effectif de 250 en 1988, deux ans avant sa fermeture définitive.


Sauvée de la destruction en 1990 grâce au projet de la Friche Belle de Mai

Créee en 1992 sur les cendres de la Manufacture, la Friche la Belle de Mai est un des lieux culturels majeurs de la Région PACA.

Il regroupe sur 45 000 m2 d’emprise au sol et 100 000 m2 de surface, des salles de spectacle et d’exposition et 70 structures artistiques et culturelles de toutes disciplines (théâtre, danse, musique, art contemporain, radio).

Lieu de création et d’innovation, cet espace des possibles, porté par les 70 structures résidentes (près de 400 artistes & producteurs) qui y travaillent, a permis aux expériences de chacun de se développer et de se structurer. 600 propositions artistiques publiques sont proposées par an, de l’atelier jeune public aux plus grands festivals.


SOURCES LaFriche.org
PHOTOS LaFriche.org / PQR La Provence Archives & Dominique Milherou Tourisme-Marseille.com


Dominique
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